Samedi 21 janvier 2006
Dieu a créé l’homme puis la femme, le globe terrestre s’est vu agrandi à travers siècles et décennies d’humains de tout genre transmettant la vie aux quatre coins de l’univers, le modèle famille s’est imposé de lui même étant la normalité dans toute société dont les règles sont érigées par des lois dictées par la religion, les coutumes et l’individu lui même; cette vie naissante est le fruit irrémédiable de la conjoncture à l’échelle la plus élémentaire : l’homme et la femme.

Cependant, cette collision aussi fragmentaire soit-elle reste dotée d’une sensibilité et non des moindres, les rôles s’ils sont extérieurement bien répartis,
la coquille « homme-femme » elle, reste des plus secrètes formes de fusion sociale; et notre société marocaine en rajoute encore plus, de part les différents facteurs environnementaux réels ou imaginaires, une particularité à cette union spécifique qui frôle le secret, l’intouchable et l’inconnu inabordable pour la plupart des milieux sociaux .

Vivre une sexualité normale n’intègre que le plan union matrimoniale, mettons à part les relations atypiques, les hors normes, les points sont clairs là dessus.
Une question me vient cependant à l’esprit , est ce qu’au sein du couple marocain, existe-t-il un épanouissement sexuel ? et si la sexualité dans notre religion est assimilée à un plaisir dont le bon dieu nous a paré –nous autres humains- est ce que vraiment sur le champ pratique l’homme et la femme marocains, partenaires légitimes, assouvissent leurs désirs sexuels et aboutissent à vivre pleinement leurs sexualités ?

La sexualité n’a-t-elle pas besoin pour son épanouissement d’un certain degré d’éducation et ce depuis le jeune age de la personne humaine ?

En abordant le sujet dans un groupe que ce soit famille, amis ou collègues, on retrouve souvent avec étonnement une recrudescence de questionnements refoulés dans l’inconscient et non exprimés par le conscient du marocain ; l’ignorance même des fonctionnements de base des organes humains poussent à la réflexion et des fois, ma foi suscitant l’étonnement.

Si les compagnes de lutte contre le sida ou les autres maladies sexuellement transmissibles sont sur la bonne voie, l’information reste et restera toujours le biais par lequel on abrège le cours de ces manifestations ; maintenant loin de toute pathologie, un retour vers la base des données est essentiel, car si utiliser un préservatif devient un geste banal pour éviter une éventuelle contamination, est ce que l’individu Lambda est au courant du pourquoi et du comment de son propre fonctionnement et plus encore de celui de sa partenaire ?

Est ce que procréer est la finalité de son rapport sexuel et est ce qu’il tire vraiment satisfaction de son acte et surtout arrive-t-il à être à l’écoute de sa partenaire durant toutes les étapes de leurs relations charnelles?

Toutes ces interrogations émane d’un vécu social loin d’être simple, en témoigne le nombre de couples confrontés à des problèmes liés à ce manque d’éducation sexuelle:
-  Des hommes incapables d’admettre leur défaillance sexuelle, impuissance, anomalies génitales ou autre, se confinant sous le poids d’une société qui n’accepte que le schéma de l’homme viril, acheminant un déni, le percutant face à une partenaire elle même avide d’un fonctionnement sexuel jusque là ignoré, l’impasse donc, le drame social, le silence, la violence, la frustration… et si éducation sexuelle il y avait, est ce que le déni d’un fait aussi important aurait-il lieu ? certainement pas; revenir encore à l’hypocrisie sociale serait-il abusif ? non, puisque au départ dans la mentalité de la femme, la mère, la soeur l’homme est la force, l’homme est la virilité et comment se convaincre d’une image autre que celle nourrie à tort par des idées archaiques et comment en parler alors que l’expression verbale est cloutée sur ce sujet ?
-  Des femmes incapables d’assumer leur féminités en dehors de leurs maternités au profit de la satisfaction première et ultime de leurs hommes .
-  Des femmes silencieuses, se fiant aux débattements nuptiaux de leurs conjoints sans paroles émises.
-   Des corps de femme réduits à de la chair humaine sans vie, où le   «hchouma »  est palpable à tout bout de champs.
-   Des hommes et des femmes ne gérant pas ces corps dénudés et n’osant  avouer l’un à l’autre leurs plus petits fantasmes.

Bien des frustrations sont nées à partir de ces réalités:  le blocage émotionnel, le refoulement de l’expression naturelle du corps humain agacent l’inconscient individuel et profitent clairement au non épanouissement des sens et de là influencent largement l’équilibre du psychisme de l’individu.
Pourquoi, sur les bancs de nos écoles, ne pourrions nous pas assurer un cursus éducatif se pliant à toutes les questions relatives à la sexualité ?
Pourquoi des réprimandes face à une jeunesse qui ne demande que de l’information aussi timide et réservée soit cette demande ?
Pourquoi au lieu d’expliquer la vérité des choses, nous détournons nous vers des palabres et des dictons incompris et nous forgeons dans l’esprit des tous petits des idées qui feront d’eux des adultes opprimés ?
Pourquoi préférons nous nous taire au lieu de discuter des choses faisant partie intégrante de nos vies ?


IB.

Pour le Courrier de Casablanca
° Dossier "Les Sentiers de la Sexualité"  °


www.Courriercasablanca.com



par imanita publié dans : Reflexions à part.
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