Jeudi 7 décembre 2006
 Broder chaque perle abritée entre les feuillages du voyage naissant.

 Arroser cet arbre de ma vie le voir grandir.      

 Admirer le chant des oisillons bercés par la brise de ce matin hivernal.

 Je me soulève de mon sol. L'éclair de la foulée me prend. Droit bien au fond je fonce sans me retourner. Mes pas se mêlent au vent, au bruit des vagues.

 Tout s'étale. Le ciel. Le sable. L'horizon. Un seul trait se dessine à mon amont.

 Le bruit de mes pas continue à arroser mon arbre. Tout mon esprit volant s'illumine. Mon cœur se blanchit. Tout en moi disparaît. Mes fluides intérieurs marquent un moment de silence. Mon répit je le surprends. Je m'absente de moi. Je m'envole. Je continue d'admirer le ciel, les baies. Mon ombre blanche trottine. Ma voix se lasse devant la berceuse composée par les symphonies jouées par les arbustes verdoyant.

 Je ne suis plus. Je survole le temps. Mon heure n'est qu'un doux sillage entremêlée d'images trônées dans mon champs. Je fonce la musique ne déteint pas. Le parfum boisé arrose mes narines. Mes oreilles effleurent l'air dansant.

La mélodie court sous le soleil fredonnant des notes volages des notes sauvages.

IB
par imanita publié dans : moi
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Mardi 22 août 2006
 Me noyer entre les bras de la mer.  M'evader contre le fracassement des vagues qui declenche en moi cette envie de fuir, de partir, de courir pour ne plus me rattraper.

 M'evanouir sur les sables rocailleux d'une ile desertique. Ne reconnaitre aucun trait m'appartenant. Ne vouloir exister que pour les oiseaux, que pour les mouettes, que pour les sables qui envahiront mes oreilles, mes cheveux rebelles au vent .
 
 Naitre à travers toi...

 Toi qui fais chavirer en moi les torrents de la verité.

 La verité d'un coeur noirci, d'un coeur devasté de pleurs.
 De ma tristesse, j'ai bati ma montagne de folie. J'y ai planté des graines de melancolie que j'ai arrosées de semence, celle de mes nuits d'errance.
 Jadis sous les platanes de ma vie, gisait un corbeau muet qui sermonnait  tout au long de mon insomnie. Je ne l'ecoutais guère. Je cherchais seulement à creuser dans le mur de mes pensées une fenetre de laquelle il pourrait s'enfuir, voler, quitter mon amertume et  ne plus  me retrouver, aller vers le chemin de l'oubli. Je l'ai creusé la baie de son evasion, je l'ai elargi; il s'en est allé et je suis revenue à la vie.

 Et je nais et je renais loin des cendres de l'oubli... 
 
 Mes tourments trottent sur un virage douloureux . Je me debats quand leurs cris pointent leurs epines vers la falaise. Je me rejouis quand leurs jambes s'entremelent et quand en une seconde des plus pis, épousent le neant et ne s'en défient point.

 Naitre que pour toi...

 Ma fievre continue de me reduire, je lutte. Mes decerebrations lunaires epoustouflantes m'irradient la pensée, je resiste.

 Une lumière assiège mon délire somnolent. Une couleur blanche fine reveille les fleurs de rose naissantes sous ma peau .
 L'aube berce ses pétales au grè de la nuit. Je souris.

 Naitre avec toi...



IB.


par imanita publié dans : moi
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Mercredi 16 août 2006
 Le soleil est presque couché. Il etend son empreinte sur l'eau qui prend des teintes bronze, argent.

 Je suis là entrain de plonger les yeux  dans le rouge et l'orange ambiants et de penser aux une et cent choses à la meme seconde.

 Plein d'energie est enfouie en moi. Plein de discours entrepris par ma petite voix. Seulement d'où est ce que je pourrai commencer afin de faire le tour de toutes mes pensées et boucler la ronde, entreprendre toutes mes pillulations neuronales?

 Je me suis assise un moment sur le sable  puis me suis levée. Ma foi imperturbable. Ma clarté encore plus claire. Tellement de promesses. Tellement de paroles. Me fier à mon instinct. Repartir. Avancer ou me prostrer au rien....

 Mes coulisses sensorielles vagabondantes me poussent à sentir l'odeur des fleurs. A percevoir les parfums des nuages flottants ...

 Je suis un etre anarchique...

 Je suis une semelle rebelle qui semble courir . Encore et encore. Je ne dissimule rien . Je guette plus rien.
 
 Je m'étends comme une tranche du ciel sur l'amont d'une montagne. Je degringole les marches de mes nuages. Je m'envole là où me menera mon vent.
   

  Je m'accroche à la fine bouche du rivage, je caresse ses beaux bras qui me calinent et je me libere de mes caniveaux.

 Je fais confiance à toute cette beauté qui savoure la danse de mes mots.

 Je m'approche un peu plus, sous la brise,en chantonnant le refrain de la nuit. Le refrain de toujours. Celui des vrais, des sains amours. Entre un soleil et ses rayons. Entre un ciel et ses etoiles.

 Lumiere d'un coeur. Nostalgie d'un reve.



IB.
par imanita publié dans : moi
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Vendredi 21 juillet 2006
 Embaumée de l'odeur des algues marines. Ensablée. Dans sa tenue la plus legere, elle volait sur le rivage. Les quelques roches qui s'habillaient, à son insue, de son ecume volatile, offraient à ma vue d'invraissemblables points de fascination.

 Sublimement belle, elle estompait tous mes chagrins qui se sont évaporés à la vitesse de mon enjambée; je cours...

 ...La majestueuse mer continue sa course en compagnie de son rivage.
 
 Tous les deux couraient main dans la main. Elle et lui. Un amour eternel.

 La mer tremblait sous le vent, tournoyait, se faisait grande. Chaque jour la meme prestance, mais toujours imprevisible. Charmeuse par ses vagues. Seductrice par ses ondulations interieures.

 Le rivage, en mâle dominant accueillait la mer sous ses bras, lui soufflait dans l'oreille, sous le soleil penchant, l'hymne à chanter.

 Celle-ci le regardait de ses yeux bruns, le sourire aux levres. De ses mains faisait tourner ses doigts dans les siens, composait l'aire musicale et se laissait prendre sous les pas volants de son campagnon.

 Elle l'ecoutait de tout coeur. Une seconde de tendresse, puis s'eloignait le visage rieur.

 Le rivage, les mains vides, observait la mer, le regard calinant, se retirer de la piste de danse.

 Il laissait deviner son sable doré, inspirait la fraicheur des vagues remontantes puis dans un appel de folie recevait à nouveau sa dulcinée...harmonie naissante... harmonie renaissante...

 Les deux amants se separaient, se rapprochaient, s'embrassaient langoureusement ainsi naissait l'ecume. Fruit de leur amour charnel. Fleur de leurs ames joyeuses.


IB.

*Sous la musique de Paolo Conte.

par imanita publié dans : moi
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Jeudi 29 juin 2006
 Je marche sur le rideau de la nuit. Les etoiles épousent le doux miaulement du vent. Je danse sous l'arc de sa plume. Je ferme les yeux.

 Une douce musique héberge le rythme des coeurs des arbres. Les branches composent la symphonie. Dans les airs, les voix des fleurs s'elevent. Le ciel se colore de son bleu tendre.

 La baie grise est loin. Je la charie. Je la dénigre. Elle s'envole. Je la pointe. Je la reduis en brume.

 Je la transperce. Elle s'evapore au-delà du nuage flottant que je peinds en jaune, celui-ci marque un saut vers l'avant, enchaine le pas avec celui des rayons de soleil valsant, bras dessus bras dessous.

 Le doré illumine la paleur ruisselante de mes veines.
 Je cours.
 Je flotte sur le surnageant de ma transpiration.
 J'allume tous mes feux interieurs.
 Je perfore le couloir de mes vacarmes somnolents.

 La musique se fait encore plus forte. Le ciel se dresse sous la prestation de la lumière. Je perçois la
ligne verte* à ma gauche.

 Eteincelle est en moi. Eteincelle est née en moi.

 Le choeur sifflant surmonte les vocalises de mes pensées. Mon cerveau se dilate et je cours. Des sonnates s'allient à la version éclairée de mon mouvement offusque. Un silence. Une reprise aussi brusque que l'a été l'arret.

 Mes arbres acquiescent.

 Ma quete est sur la bonne mer. Je me couve d'écume et je cours.

 J'écoute fidèlement le bruit des empreintes musicales en moi. Je souris à mon ame et je file.

IB.

*Pensée à un ami
par imanita publié dans : moi
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Samedi 10 juin 2006
 Souvent j'arpente ces parages et la nostalgie de toutes les parcelles de l'autre me reprend. Je souris comme pour me preserver d'une tristesse apparente, comme pour me dissuader de ce vent interieur, de la vue de ce lac séché en moi. Je tente d'y mettre eau, de redonner vie. Juste une petite lumière, juste une goutte et je filerai sous le courant où je laisserai mes herbes parcourir le mont vert de ma vision.
 Mes doigts me trahissent me disait-il. Mes doigts me trahissent, je lui dis. Et je reste épatée devant ma propre stupeur. Moi c'est mon coeur qui me trahit. C'est l'habit de ma raison qui me trahit et je ne sais plus.
 

 La vie court en moi, je la suis. Je cours. Je recueille tous ses nuages, tous ses arbres dansant, je les attrape, je les touche de mes mains, j'enterre leurs sensations en moi et je souris.

 Etrange est ma relation avec le vert.
 Je parcours des journées à me perdre, à ne plus savoir ce que je suis ni ce que je fais. Je tourne en diagonale. Je pense à tout en meme temps. Je m'emplis de mille émotions jusqu'à ne plus sentir, jusqu'à ce que obscure soit ma vue. Je m'effondre sur l'échelle de ma vie. Je l'écarte. Je n'en veux plus. Je ne désire plus grimper. Je me rase au sol. Je me prosterne. Je ronge tous mes ongles.
 Puis je me dis que finalement c'est la loi de la nature qui afflue. Je suis soumise tout bonnement à ces règles; si vitesse est grande, si energie est forte les particules s'altèrent. Le néant survient. Plus rien. Ni mouvement ni rasonnance. Rien. le rien s'installe. et moi je ne suis qu'un amas de particules donc forcément  en rotation sous tous ses effets.
 Arrivée au bout de cette connivence, je lance mon regard vers une étendue gazonneuse. Je m'assieds près d'un arbre et j'absorbe tout le vert que m'offre cette nature, c'est alors que tous mes sens se désaltèrent, que je me stabilise, que j'atteinds mon équilibre de nouveau.

 
 Mes turbulences interieures se poursuivent. Je crée mon champ ponctué de jolies odeurs et je reprends ma course. Les mots ne viennent plus, je les draine vers les lieux de leurs errances et je m'en vais juste le temps de caliner une feuille, la sentir puis si dieu le veut recourir.

IB.


par imanita publié dans : moi
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Mardi 6 juin 2006

...

 
 ...L'air est frais.
 L'odeur du jasmin a disparu.
 Les pêches se sont ecroulées une à une sur le sol.
 Les grenouilles se sont tues.
 Le chat a cessé de miauler.
 Le vol des oiseaux a flanché.
 La nuit renferme le jardin scellé sous le parfum fort de son linceul rabattu sous le chant de la prière de alassr.
 Il n'est plus.
 Babahaj n'est plus.
 Yamanda te pleure Babahaj.
 Yamanda t'aime très fort Babahaj.
  
 Paix à ton âme mon Babahaj...

IB.
par imanita publié dans : moi
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Mercredi 17 mai 2006
 Le soleil emplit le ciel, étend ses ailes vers les nuages, les câline les emporte loin de mes yeux. Le bleu qui penche au dessus de ma tête me dilate les neurones. Mes muscles se relâchent, leur crispation s'est concentrée en une buée énorme qui embrasse les vitres de la maison hantée de mes délires.

 J'emboîte le pas. Je claque la porte. Derrière moi les bruits
sont camouflés. La fumée du tabac. Le vacarme. La musique tordue. Les regards errants. Les visages apathiques. Le chagrin. Le collier luisant fait de fausses perles.

 A m'anéantir j'en ai usé. De tristesse je me suis longtemps assaillie. A regarder ces hommes et ces femmes se perdre et moi qui m'attablais juste à coté d'eux. N'en étais-je pas la compagne? N'étais-je pas leur semblable?

 Je parcourais l'air enfumé. Je maintenais ma veste entre mes deux avant bras comme pour maintenir mon cerveau bien droit. Je buvais mon eau. Ma soif de vie se faisait de plus en plus grande. Ma sœur en face. Une discussion qui tournait autour de rien ou enfin c'etait moi qui, vacillée, n'écoutais rien.
 Je buvais mon eau à hydrater les plus rêches des peaux de ma cellule.

 Un temps s'etait passé.

 Je me levais, me dirigeais calmement vers la porte vitrée.
 La buée s'accumulait et arrachait les dernières particules de ma sueur. Mes écorchures devaient coller à la paroi. Les grains les plus sablonneux de mes requêtes maléfiques s'envolaient. Je me débarrassais de mes égratignures. Mes fissures ont pris des heures à se stabiliser. Ma buée les embaumait, les palissait. Elle comblait les espaces vidées par l'écoulement de mon sang sur la baie de mes tourments. J'en tremblotais. Mes cheveux tenus par un tour de tissu blanc ou bleuté, je n'en suis plus consciente. Mon regard volait au delà de mon corps. Des scènes trop lumineuses.
 Des bras fragiles m'ont dorloté quand le brouillard se faisait immense et qu'il ne me désolait pas plus qu'il ne m'envoûtait. 

 Quand... et quand les mots se brisaient. Quand mes mouvements se mourraient...

  Un vertige me prend, me berce, je le pousse vers la falaise de l'oubli, je le traite en l'esclave de mes phrases qui en cabrioles étourdissaient le bon sens à mon existence...

  J'enfonce la poignée de ma buée. Je balance mes pieds un peu dans le vide. Une marche m'accueille puis une seconde. Délicatement en une seule enjambée, j'épouse le sol, la terre ferme.
 Je respire profondément. Je me retourne. La grande vitre qui me sépare de cet endroit clos m'apprend toute la différence.
 Ma buée continue à affranchir les quelques corps qui sont à l’intérieur et moi de là où je suis, je respire l'air pur, égayant cette soirée.
 Une lumière bleue tamise les plus endurcies parcelles de mon désespoir. Une presque lune étale ses joues sur le ciel.
 Il est vingt trois heures et pourtant une lueur comme celle qui se lie à l'aube,
à l'aurore, se faufile entre les arbres humains que nous formons sur la place...

 La paix se livre à la vie et je continue .

IB.
par imanita publié dans : moi
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Dimanche 23 avril 2006
 Je me suis éteinte sous les lumières sombres de ma nuit.
 Le fantôme en moi s'était soûlait à l'odeur de tous ces corps humains qui traversaient mollement ce labyrinthe.
 Les murs de verre étaient souvent brisés sous les intrusions brusques de bras, de têtes, de jambes.

Des masses se heurtaient à la même seconde à un portail qui leur semblait ainsi mais qui en fait se faisait plus étroit que dans la dimension de leurs cerveaux.

 Des gens accouraient de partout. Des enjambées dans l'air du labyrinthe cloisonné par les talentueuses expositions transparentes.
Des paroles, de la sueur, mêlées à des pas humains qui transportaient vers le bout toutes ces âmes, mais le bout de quoi, me demandais-je?

 Et la vie ronronne au fond de moi. Et le labyrinthe ne fait que s'amplifier. L'image cloisonnée se clone et la masse humaine s'accroît, et les bouts de verre s'arrachent...

 L'image animée se poursuit devant mes yeux. Des naissances jusqu'à la volée de l'âme, on se fraie des bouts de route au sein du labyrinthe.

 Tantôt l'on est accompagné. Des rires, des sourires. On s'accommode au rose rêvé. On cherche le vert espéré. On sautille de joie au rouge illuminé. On se calme au blanc enneigé, et on avance.
 Sous nos pas le sol s'agrège, se replante et en reçoit d'autres.


  Tantôt l'on est seul, dépourvu d'une troisième ou d'une quatrième oreille qui nous écouterait, on parle à soi même. On place notre main gauche au sein de la droite comme pour rappeler à notre cerveau que c'est seulement à deux que la normalité existe. On cherche toujours à établir la symétrie dans nos gestes, à juxtaposer notre vie à celle d'une autre personne.
 Le chiffre deux tapote de son pied dans notre inconscient. On se cherche puis on avance quand même sous le flux grondant de la foule...


  Et on marche. Dans tous les sens on marche. On se croise. On se parle. On sourit. On éclate de rire. On se promet. On se quitte. On remarche. On franchit des soi-disant issues différentes. On se perd. On croise de nouveaux visages. On se parle. On sourit. On éclate de rire. On se promet et on remarche...On avance encore un petit peu. On recroise certains. On aperçoit les uns. On continue les bras dessus dessous avec quelques uns, et on marche...

 Le labyrinthe regorge d'attentes, d'espoirs, d'illusions...

 L'image s'extirpe de moi, puis je la rattrape, je veux comprendre.

Pourquoi?

 Le pourquoi éternel sur l'existence de ce dilemme en nous, en moi.

 Le labyrinthe farouche. Le labyrinthe nous apprivoise un moment, le temps d'une vie, le temps de juste avant la bousculade où enfin il prend fin .

 Je suis en sueur.
Une douleur transfixiante me rejette sur un mur en verre transparent.
Je reprends mon souffle de cette course abondante.
Je ferme les yeux un moment pour éclairer ma raison.
J'écoute mon cœur qui tambourine sous mes oreilles.

 J'inspire.

 Mes doigts se tordent, se marient, se quittent, dansent, se regardent, se sourient, se souviennent: une odeur de mandarine me lâchent ils dans le cerveau. Je n'ai pas touché de mandarine depuis hier, j'ai lavé mes doigts, mes mains, mille fois depuis hier et un demi million de fois ce matin, et pourtant mes bouts de doigts se souviennent de l'odeur de la mandarine... la mémoire, ma mémoire se cristallise, je lâche un soupir.
 
 Je bois du lait à la cuillère, j'ai de l'amer sous la langue.
 Je m'étire, mes omoplates cherchent leur souffle sur les bords latéraux de mon aura. Je suis un chat, je ne miaule pas.

 J'inspire à nouveau.

 Mon labyrinthe se dandine.

 Je m'empaille.


IB.
par imanita publié dans : moi
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Mardi 4 avril 2006
 Je verse lentement mon eau.

L'eau se répand sur le duvet de la petite jarre.

La nappe de mon  ciel étoilé se noie  sous les perles d'eau.

Mon coeur bat au fond de mon lac boueux.

Mes yeux brillent  sous les neiges, sous les paroles, sous le soleil ardent.

Je m'écrase contre le sol, je me reprends au vol des oiseaux muets, je me leurre. Un bruit. Un silence lourd sur mon corps comme le temps sur la vie.

Je ne respire que vide.  Je me cloisonne. Je me faufile sous mes pions.

Mes doigts ne dessinent plus rien.

Mes orteils gelés par la sueur de mon dos.

Je sursaute d'effroi, je me blottis contre je ne sais plus quoi...

Je vais vers un arbre vert endurci, l'arbre a moisi, l'arbre a pourri.

Je retourne vers l'oubli, celui ci m'arrache à mes tempes qui font sonner mon cri...

 Je me détourne de mon oubli, j'embusque le pied dans la nuit de cette mer qui s'enfouit, j'essaye de respirer. Plus de pluie. La nuit sort de la voix de la mer, m'emporte, me jette sur le rivage de mes soucis.

 Le vertige se cramponne à mes cheveux. Mes mains ne respirent plus. J'ote mes pieds de leurs chassures, mes orteils transpirent la vie fouettée, la vie mal aimée.

 J'avale, oui je peux avaler ,sans pour autant gouter, l'odeur de la lassitude.

 J'erre sous les gestes de ce tendre visage, sa prière me communique l'aisance, une serenité, je me plante...

Les paupières alourdies par le vent de tempetes trop précoces.

Je m'affaiblis.

Je tremble sous ma peau.

Mon coeur bat si lentement que j'en oublie sa musique .

Je me tais.

Le silence me parlera peut etre un jour, le silence me contera mon histoire avec des mots plus simples peut etre un jour.

IB.
par imanita publié dans : moi
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