Le soleil est presque couché. Il etend son empreinte sur l'eau qui prend des teintes bronze, argent.
Je suis là entrain de plonger les yeux dans le rouge et l'orange ambiants et de penser aux une et cent choses à la meme seconde.
Plein d'energie est enfouie en moi. Plein de discours entrepris par ma petite voix. Seulement d'où est ce que je pourrai commencer afin de faire le tour de toutes mes pensées et boucler la ronde, entreprendre toutes mes pillulations neuronales?
Je me suis assise un moment sur le sable puis me suis levée. Ma foi imperturbable. Ma clarté encore plus claire. Tellement de promesses. Tellement de paroles. Me fier à mon instinct. Repartir. Avancer ou me prostrer au rien....
Mes coulisses sensorielles vagabondantes me poussent à sentir l'odeur des fleurs. A percevoir les parfums des nuages flottants ...
Je suis un etre anarchique...
Je suis une semelle rebelle qui semble courir . Encore et encore. Je ne dissimule rien . Je guette plus rien.
Je m'étends comme une tranche du ciel sur l'amont d'une montagne. Je degringole les marches de mes nuages. Je m'envole là où me menera mon vent.
Je m'accroche à la fine bouche du rivage, je caresse ses beaux bras qui me calinent et je me libere de mes caniveaux.
Je fais confiance à toute cette beauté qui savoure la danse de mes mots.
Je m'approche un peu plus, sous la brise,en chantonnant le refrain de la nuit. Le refrain de toujours. Celui des vrais, des sains amours. Entre un soleil et ses rayons. Entre un ciel et ses etoiles.
Lumiere d'un coeur. Nostalgie d'un reve.
IB.
...L'air est frais.
L'odeur du jasmin a disparu.
Les pêches se sont ecroulées une à une sur le sol.
Les grenouilles se sont tues.
Le chat a cessé de miauler.
Le vol des oiseaux a flanché.
La nuit renferme le jardin scellé sous le parfum fort de son linceul rabattu sous le chant de la prière de alassr.
Il n'est plus.
Babahaj n'est plus.
Yamanda te pleure Babahaj.
Yamanda t'aime très fort Babahaj.
Paix à ton âme mon Babahaj...
IB.
Je me suis éteinte sous les lumières sombres de ma nuit. Le fantôme en moi s'était soûlait à l'odeur de tous ces corps humains qui traversaient mollement ce labyrinthe.
Les murs de verre étaient souvent brisés sous les intrusions brusques de bras, de têtes, de jambes.Des masses se heurtaient à la même seconde à un portail qui leur semblait ainsi mais qui en fait se faisait plus étroit que dans la dimension de leurs cerveaux. Des gens accouraient de partout. Des enjambées dans l'air du labyrinthe cloisonné par les talentueuses expositions transparentes.Des paroles, de la sueur, mêlées à des pas humains qui transportaient vers le bout toutes ces âmes, mais le bout de quoi, me demandais-je? Et la vie ronronne au fond de moi. Et le labyrinthe ne fait que s'amplifier. L'image cloisonnée se clone et la masse humaine s'accroît, et les bouts de verre s'arrachent... L'image animée se poursuit devant mes yeux. Des naissances jusqu'à la volée de l'âme, on se fraie des bouts de route au sein du labyrinthe. Tantôt l'on est accompagné. Des rires, des sourires. On s'accommode au rose rêvé. On cherche le vert espéré. On sautille de joie au rouge illuminé. On se calme au blanc enneigé, et on avance. Sous nos pas le sol s'agrège, se replante et en reçoit d'autres.
Tantôt l'on est seul, dépourvu d'une troisième ou d'une quatrième oreille qui nous écouterait, on parle à soi même. On place notre main gauche au sein de la droite comme pour rappeler à notre cerveau que c'est seulement à deux que la normalité existe. On cherche toujours à établir la symétrie dans nos gestes, à juxtaposer notre vie à celle d'une autre personne.
Le chiffre deux tapote de son pied dans notre inconscient. On se cherche puis on avance quand même sous le flux grondant de la foule...
Et on marche. Dans tous les sens on marche. On se croise. On se parle. On sourit. On éclate de rire. On se promet. On se quitte. On remarche. On franchit des soi-disant issues différentes. On se perd. On croise de nouveaux visages. On se parle. On sourit. On éclate de rire. On se promet et on remarche...On avance encore un petit peu. On recroise certains. On aperçoit les uns. On continue les bras dessus dessous avec quelques uns, et on marche... Le labyrinthe regorge d'attentes, d'espoirs, d'illusions... L'image s'extirpe de moi, puis je la rattrape, je veux comprendre.Pourquoi? Le pourquoi éternel sur l'existence de ce dilemme en nous, en moi. Le labyrinthe farouche. Le labyrinthe nous apprivoise un moment, le temps d'une vie, le temps de juste avant la bousculade où enfin il prend fin . Je suis en sueur.Une douleur transfixiante me rejette sur un mur en verre transparent.Je reprends mon souffle de cette course abondante.Je ferme les yeux un moment pour éclairer ma raison.J'écoute mon cœur qui tambourine sous mes oreilles. J'inspire. Mes doigts se tordent, se marient, se quittent, dansent, se regardent, se sourient, se souviennent: une odeur de mandarine me lâchent ils dans le cerveau. Je n'ai pas touché de mandarine depuis hier, j'ai lavé mes doigts, mes mains, mille fois depuis hier et un demi million de fois ce matin, et pourtant mes bouts de doigts se souviennent de l'odeur de la mandarine... la mémoire, ma mémoire se cristallise, je lâche un soupir. Je bois du lait à la cuillère, j'ai de l'amer sous la langue. Je m'étire, mes omoplates cherchent leur souffle sur les bords latéraux de mon aura. Je suis un chat, je ne miaule pas.
J'inspire à nouveau.
Mon labyrinthe se dandine.
Je m'empaille.
IB.
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