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moi

Samedi 8 octobre 2005

Il faisait sombre, l'immense salle s'étendait et s'amplifiait de brouhaha formulé par les phrases entrecoupées des uns et les paroles saccadées des autres, ça criait par ci et discutait tantôt fort et tantôt un peu plus fort par là, aucune lumière ne m'était visible.

 Dans cette ambiance je trainais, je portais mon regard sur toute cette foule, je tentais de percevoir un trait, un geste, toutes ces femmes assises sur ces sofas parlaient parlaient, aucune d'entre elles ne m'etait connue, les sons qu'elles émettaient ne parvenaient pas à mes oreilles, j'etais loin... emportée par des bouffées insurmontables de chaleur, d'odeurs d'enfermemement, assise tout près d'elle, l'une me disait bien quelque chose j'essayais de déchiffrer de toutes mes forces ses dires mais rien, toujours rien !

Comment aurais-je pu comprendre la moindre chose, tous les mots m'étaient étrangers, tous les dires étaient incoherents, j'etais là presente de corps, abattue, mes gestes n'étaient pas les miens, mes mains, mes doigts, je sais qu'ils bougaient, le reste de mon corps était gelé par une froideur intense, qui émanait -quoi que ça puisse être incensé- de toute  cette ambiance morose;

 j'étais là pétrifiée dans mon coin, je formulais certainement des palabres, dont le sens etait probablement anarchique, je déployais toutes mes forces pour que l'on ne puisse pas remarqer le mouvement de mes dents tellement  elles se tortillaient, je parlais et n'arrivais pas à pronnoncer  le moindre mot  sans serrer la mâchoire  de peur que l'on vit cette horreur...

...non mais quoi? j'ai les dents qui bougent,toute ma machoire inferieure lachait, mes dents se froissaient les unes contre les autres elles émettaient  un grincement, un bruit comme celui  qu'on tente d'éviter en fermant  les oreilles pour qu'il ne nuise pas encore plus à nos cellules sensorielles; Cet affreux son, tous ces autres, toutes ces creatures qui m'entouraient et qui m'etaient toutes inconnues et bien elles l'entendaient et leurs regards étaient tous rivés sur ma trajectoire, je sais que j'en suis la source, oui, puisque personne n'était à mes cotés; Moi recroquevillée dans mon coin je voyais tout ce monde, je dominais de mon champs visuel toute la surface qu'il gagnait, mais eux non, donc à un moment ils etaient tous rivés sur moi alors que je continuais à flotter dans ma bulle de peur et d'angoisse, et à cacher au maximum mon immense malaise, mes dents elles, ne finissaient de me torturer, je dû un instant me taire pour contenir le déboitemnt de celles-ci, puis ayant épuisé toute mon energie je sentais que le moment fatidique était imminent, j'entrouvris ma bouche pour pronnoncer un aaaaa......c'est alors que toutes mes dents liées entre elles telle une chaîne, toutes mes dents sortaient de ma bouche!!.... j'avais perdu toutes mes dents elles étaient là entre mes mains je les tenais comme on pouvait tenir un chapelet, quelle monstruosité, je n'ai plus aucune dent ...toute la foule m'entourait et me regardait avec émoi, dans les yeux des uns je voyais de la pitié, dans le regard des autres de la stupéfaction, de la peur de la crainte, tous étaient abattus par cette phénomenale chute dentaire et moi je continuais à m'enfoncer;
Mon périple, ils étaient en plein dedans avec moi, ils m'avaient tous rejoint dans ma souffrance tant bien que mal dissimulée, mais là ils ont tous assisté à la scène de mon délabrement, au cri de ma pétrification vivante et morte à la même seconde; Je pleurais, pleurais ...pleurais toutes les larmes de mon corps ; j'avais fini  de pleurer en solitaire, là tous ces gens compatissaient à mon malheur... j'ai perdu mes dents, je crie, pourvu que ça ne soit qu'un cauchemar car la réalité serait bien dure à vivre,mais non une petite voix me soufflait: non c'est la realité tu ne rêves pas tu es entrain de vivre, tu as les yeux grands ouverts...c vrai? lui demandais-je,oui c'est vrai, me disait-elle;

je continue ma tétanie interieure et mes convulsions externes,j'étais le milieu de scène de toute cette masse humaine.....oui, qu'aurai-je pu faire sinon me débattre  riennn..rrien...rien....rien ..

Les riens me poursuivaient,leurs échos retentissaient et me perçaient les oreilles...quand soudain un effroyable sursaut me prit, j'ouvre mes yeux, les équarquille,  je palpe mes dents, me rassure qu'elles sont là, ouf... elles le sont ; je m'assois sur mon lit, je perçois à peine mon réveil " 09h" du matin, oui mais je ne suis pas pour le moins soulagée, enfin si mais non : mes dents sont toutes là bien alignées mais mon malheur est bien là lui, je m'effondre en larmes je cherche mon miroir je verifie l'integralité de ma dentition, je verifie mes yeux quand une pensée brutale me vint: mes yeux les pauvres je leur ai infligé toutes ces souffrances tous ces pleurs, mes déprimes, ma depression...ils sont fatigués, mous de pleurs, fragilisés par toutes ces quantités d'eau qui débaclaient  à leur travers ...

je me resaisis, je respire, je me lève, j'entrouvre la fenêtre, un peu d'air et je refléchis un petit moment... et bien mon cauchemer finalement c'est le résumé de ce que je vivais, c'est le récit des plus succincts qui puissent exister de ce qu'a été ma vie il y a à peine deux mois, trois mois de celà c'est étrange comme sensation, c'est étrange que notre inconscient soit tellemnt conscient  de ce qui se passe en nous! Moi je reste ébahie devant cette grandeur divine, ce défilement de pensées, ces courants neuronaux qui cheminent finalement la vérité véridique, la vrai vérité........

enfin la vérité de cette vie... 

A mon coeur aussi triste et aussi fragile soit il ! 

IB 

Par imanita
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Jeudi 10 novembre 2005
je salue en toi la fillette que j'etais, je salue en toi mes rêves que tu n'as pas su comprendre, mes souvenirs que tu n'as pu entreprendre, je salue en toi l'âme que je t'ai offerte et que tu n'as pas su garder, je t'ai aimé de toutes mes forces à un moment où je rêvais encore d'amour où tous mes désirs étaient en suspension où je n'attendais que toi pour déverser mes envies, mes rires, mes folies, je n'attendais que toi pour briser le silence vieux comme le monde de mon coeur, je t'avais élu prince, prince de mon coeur, prince de mon âme, prince de ma vie, la fillette que j'etais se livrait au prince, elle coulait comme l'eau dans la rivière, cette eau qui trouvait en la rivière son lit et toi qu'en as-tu fais de cette vie que je t'avais offerte? tu criais,tu n'en voulais pas, ou plutot tu ne savais pas, moi je savais, j'etais là resignée pour toi, tu m'as offensée avec tes mots, mes larmes coulaient comme les torrents, et je pleure encore, et sur mes joues mes larmes choisissent leurs routes, tellement elles ont coulé,tellement elles cherchaient un endroit où se rassembler, j'ai supporté,je me suis usée, j'ai persisté, je me suis entetée, j'ai bani toutes les lois sur terre, j'ai imploré dieu, le seul de cet univers,j'ai crié,je me suis déchirée le coeur, la peau,le visage; je me suis torturée,je me suis tu pour toi,je me suis plainte au tout puissant, j'ai pris mon silence pour compagnon lors de mes prières,de mes pleurs,de mes souffrances, de mes chagrins immenses, de mes tristesses à se morphondre, je m'accrochais à la vie par peur que la mort ne m'emporte, entre la vie et la mort, mon âme vacillait, certes ce n'est pas à moi de décider, la chose est entre les mains de dieu, mon dieu qu'aurais-je pu faire, qu'aurais je pu dire? il voulait pas de cette vie, il savait pas, il doutait, il croyait, il cachait, il faisait semblant, il montait son théatre à lui seul, il était seul spectateur de ses pièces, moi j'étais tantôt son actrice, tantôt sa scenariste, tantôt lui, tantôt  sa spectatrice, tantôt le fantôme de sa pièce, tantôt sa compagne, qu'il repoussait tant, tantôt son rêve, tantôt son destin mal affranchi, tant de rôles à m'octroyer, tant de rôles à vouloir figurer, tant de personnages à tenter, à jouer; et au final aucun ne me correspondait, aucun ne m'allait, tu errais dans ta tête, tu tentais de me faire errer, j'étais prise dans tes filets, toutes ces pièces théatrales pourquoi? pourquoi ne t'es-tu pas seulement demandé: et qu'est ce qu'elle voulait elle? pourquoi ne m'as tu pas donné le choix, aurais-je étais capricieuse à ce point ? j'aurai bien choisi un rôle qui me convenait, j'aurai bien creé un rôle qui m'allait, qui épousait mon cerveau à moi, ma tete à moi, mon corps à moi, mes paroles à moi, mes mains à moi, mes pieds à moi, mon âme à moi et pas à toi, pourquoi as-tu opté pour le silence, alors que tu me savais faible, alors que tu voyais en moi ma fragilité;
je t'ai offert mes reves, tu les as pourris, je t'ai offert ma vie-maintenant je te dis: une tranche de ma vie- et qu'en as tu fait? et bien assourdie, comme si la vie résonnait, oui elle résonne la vie, moi la mienne tu l'as abrutie, tu l'as abattue comme on peut abattre une mouche sans un cri sans le moindre bruit, la mouche c'est une mouche, elle n'a pas de droit à revendiquer, et d'ailleurs elle sert à quoi, à rien à première vue, elle ne fait que propager infections, maladies, pourritures et bien ma vie tu l'as abattue comme si c'etait cette mouche pourrie...

Aujourd'hui je te dis haut et fort, je le clame de toute la hauteur de mon corps, ma vie c'est le bon dieu qui la donne, c'est le bon dieu qui l'ôte, mais en attendant, mon bon dieu me la donne encore, ma vie est mienne, je reprends ma vie, même celle que je t'ai donnée je la reprends, mes rêves que tu n'as pas su comprendre je les reprends, mes rêves dont l'usage t'est si absent je les reprends, je recupère mes rires, je recupère mes sourires, je recupère tous mes instants perdus à te pleurer, je recupère toutes le sueurs que j'ai épprouvées à vouloir te garder, je recupère tous mes mots, tous mes sentiments puisque ce sont les miens et que pour toi ils sont uniquement miens, je t'ai aimé comme toute honnête personne pouvait aimer, tu n'en a pas voulu de cet amour et bien je récupère tout, je garde mes moments de folies à moi, je recupère mes biens, je ne récupère pas le temps qui s'est écoulé entre te donner et reprendre mais je tacherai de savoir donner cette fois-ci, si le bon dieu veut, mais je ferai tout pour savoir surtout à qui les donner, car après tout qu'ai-je à donner? sinon mes sentiments, mes sourires, mes rires, mes fou-rires, mes plaisirs, mes désirs, mes rêves, mes amours ...
je tourne la page, elle n'est pas vide mais je suis en phase de "tournage"...

IB.
Par imanita
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Lundi 19 décembre 2005
Encore une fois je vais m'armer de tout mon courage, je ferme les yeux et je fonce vers ce qui m'attends, à l'heure où je suis dans cet état je ne pose plus aucune question, les faits sont établis, quelque soit l'issue de cet essai "vival" , je suis là résignée à surmonter tout dans cette vie...
je me demande des fois d'où est ce que je tire ce fil qui me permet de ne pas m'écrouler sur le sol de ma raison; des fois j'ai l'impression quand je passe par ces moments là de vouloir courir, courir pour arriver à un lieu où je ne reconnaitrai plus rien, où mon consient serait absent et je m'inflige: figures toi que ce serait ne plus combattre, baisser les bras, se retirer méprisablement de la vie, et je refuse  de céder à cette lacheté et puis je me dis non imane la vie est comme ça faîte, bats toi, ne serait ce que pour participer à cet immense théatre de l'humanité...
des fois je suis si faible que je prefere dormir et me noyer dans l'oubli...
pourquoi vouloir participer, dans quel but ? et si je me laissais flotter, qui s'en souciera ? je n'importe presque à personne, je ne vois pas l'utilité de mes chavirements...
une humidifaction ophtalmique me prend, je la banis; il n'y a plus lieu à ces ébranlements dramaturgiques, tu es là, tu as un corps, un esprit, un coeur, bats toi, avec cette énergie en toi, ton chemin est peut etre sinueux, la simplicité n'appartient à personne; c'est ton chemin, arbores le comme tu peux, ramènes ta bandoulière, ton talisman, ramènes tes passions et bats toi...
je dénoue cette chose en moi, je respire...

IB.

Par imanita
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Vendredi 23 décembre 2005
Toutes les minutes sous le silence de la nuit et le noir du voile suspendu de mes yeux, le crépitement de la pluie sous le sol gazonneux du jardin, du sol goudronneux de la rue, ma raison flanchait, se miroitait sur son divan preféré celui de mon divaguement somnolent, je me tortillais sous les couvertures, feignais d'approcher le silence de mon corps, mais rien, les battements de mon coeur étaient perceptibles sous le poids du silence de ma nuit, je me retournais, ramenais ma main sur mon visage, de la sueur nocturne moi qui ne suais pas normalement -chose que j'ai jamais compris je devenais à tout effort une tomate mais pas d'eau sur ma peau c'est que je n'en bois pas assez- je repassais ma main pour diffuser l'air sur mes joues, pour rafraichir mon ame endolorie par tous ces maux...
j'ai passé la soirée à revoir ma vie passée, à gribouiller sur un sort qui m'avait été destiné, le pourquoi de la chose m'etait aussi intangible que le toucher du ciel par l'humain, pourquoi avais je vécu ce que j'ai vécu, j'ai rien choisi ou plutot j'ai dit oui à un moment où peut etre il ne fallait pas, là je me dis il ne fallait pas, mais comment aurais je pu deviner ces méandres, comment allais je comprendre que j'entrais en pacte avec la mauvaise foi, je me blame de m'etre repentis à ma douleur, je me blame de m'etre laisser abattue par ma blessure, mes sens de femme épanouie etaient amorcés par une plaie, la plaie de mon ame, j'etais meurtrie par ces attouchements, ces gesticulations farouches, incensées, déplacées, je me noyais dans le vase clos de mes pensées, je me promenais en vagabonde cerebrale, pourquoi ? pourquoi des milliers de pourquoi sonnent à la porte de ma raison...aucune réponse ne se fait ouir, sinon que le cheminement des choses dans ma tete prend du temps... crier sur la terrasse de mon coeur que j'étais accablée par le mal, que la frustration était sorcière de mon moi, comment aurais je pu crier? ... je n'en avais pas la force, crier etait pur moi chavirer dans le non sens, assomer mes reves d'un coup dur, oui là maintenent je me dis que j'aurai dû assomer tous mes reves à ce moment là, les abattre d'un coup dur sur le champs, mais sur le lieu de mon vagabondage je n'avais pas la force, décerebrée j'etais,hébetée, je devais ouvrir les yeux, me mettre en confiance chose que je perdais chaque minute chaque jour qui passait, je me démolissais interieuremment, je m'essoufflais à vouloir m'accrocher à un mirage, la sentence etait là entre mes champs visuels, je l'auscultais en moi mais n'arrivais pas à palper son dégoulinement sur mon etre, ça m'envahissait comme le brouillard sur une plage toute neuve d'un matin grisatre, sous le brouillard on pouvait deviner la beauté de la chose mais la peur, le souci, l'angoisse imposés par ce brouillard creaient la confusion de l'esprit, le soleil devait certainement se lever, la mer probablement se "bleuter", le sable l'effleurer, les parasols s'y planter pour le bien de tout corps avide de fraicheur estival...mais non le brouillard refusait de retirer ces rideaux, ce fut mon brouillard... le brouillard de mes pensées, le brouillard hebergeant ma raison.. le sens de ma survie passait indéniablement par instaurer une limite entre moi et ce brouillard, je devais trouver l'energie pour le dissiper, pour dégager ma vue, pour ressortir ma mer, mon soleil, ma plage, mon rivage, planter mes parasols, étendre mes hamacs, étaler mes serviettes, laisser les gens me découvrir, les acceuillir à bras grands ouverts, les inviter à partager cette nouvelle ère...là avec toute l'energie que j'ai puisé en moi je me suis libérée, mon brouillard je l'ai dissipé, la vie reprend, je renais après avoir été meurtrie dans ma chair et dans mon ame, ma douleur a saigné, j'ai saigné, j'ai pleuré amérement mes secondes d'oubli esclave de mon obstination, je souriais quand j'avais le plus mal, je souriais face à mes amis, à mes parents, à ces gens dans la rue, à mes cousines, je souriais à toute personne confrontée dans ce beau monde, je leur souriais alors que je devais crier, je leur souriais alors que j'étais martyrisée au plus profond de mon ame par la douleur, mes entrailles se morfondaient alors que je plantais un sourire, je me voulais forte, je me voulais la jeune fille-femme que j'etais dans mes reves, je pensais me prolonger dans l'espace qui se presentait à moi comme jai toujours été....
Que des raisonnementts farfelus...
claustrophobe je suis devenue, une gene repiratoire me prend en ce moment..toute cette misère remonte en moi, ma gorge se noue... je me lève, j'ouvre la fenetre, trop de lumière je tire le rideau, mes yeux sont affaiblis, mes pieds dans mes nouvelles pantoufles rouges plongés, j'inspire... je me reprends...ma mère en a souffert de mon silence, mon père aussi, tous les gens qui me cherissent se sont posés la question, pourquoi le silence... à vous tous je dis c'etait pas un silence, c'est pas que je n'ai pas confiance en vous c'est que le silence etait mon silence et pour la première fois de ma vie je devais decider une chose aussi importante, je devais trouver moi et moi seule l'issue, le bon dieu a voulu que je passe par ça ...pourquoi? je sais pas lui seul a la clé du pourquoi... tout ce que je sais c'est que pour mes prières je l'implorais pour me venir en aide,le temps passait je m'en souciais certes, mais j'étais prete à affronter mon instinct de survie jusquau bout...je souriais alors que devant mon miroir je m'effondrais....le silence...le tourbillon d'un milliard de pensées par seconde, je me délabrais, je me fracassais...le silence...sous le chant lyrique de sami yussuf je m'évadais, je me suis noyée une minute après mon silence dans cette musique, mon petit frère criait mon prenom pendant un bon quart d'heure j'étais pas là, la dimension de l'oubli me surprenait, je lui ouvris la porte, dans les bras de mon petit frère agé de moins de dix bonnes années que moi, dans ses bras je trouvais le réconfort, je pleurais, je vidais mon silence sur lui, il me tapotait dans le dos lui qui était le plus jeune, lui à qui j'ai donné des bains quand il était bébé des fois que maman me le demandait, lui il avait été là pour moi, il s'accablait de ma douleur, il me comprenait, il me signifait je suis là imane, c'est fini, tout est fini....et c'était fini...

mes larmes ne s'estompent plus, je pleure, je me vide, je me suis vidée, j'ai tourné la page, je me suis vue dans le miroir de notre salle de bain moi et mes soeurs et mon petit frère...
je revis grace à vous tous sans citer chacun de vos noms, je vous adore tous et merci de m'avoir écouté quand je versais les larmes de ma souffrance sur vous, c'etait pénible pour moi de raconter l'histoire et c'etait seulement en la racontant que je comprenais que c'etait bel et bien mon histoire à moi...

c'est du passé le silence s'est évanoui...
mes rires ont repris...
mes reves ont ressurgit...
je vous aime tous et surtout je m'aime...
Il pleut...le teléphone sonne...l'ame de la cousine s'est envolée à dieu....
la douleur ...la vie...

De passage... tu m'as dit ...
De passage ...je le dis..
De passage...on s'est dit....le temps arrangera les choses...merci.

IB.
Par imanita
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Mardi 27 décembre 2005
je cours le long du sentier verdoyant de ma vie, je contourne les arbres, j'évite les gros cailloux, j'ecrase en passant les feuilles sous mes pieds, je continue de courir, je ne vois pas de lumière, je m'essouffle, je repire, je manège mon rythme tant que je peux, des brindilles par ci, des tiges brisées par les vents par là, je cours, je cours, dans ma course je ne fredonne rien, je ne pense à rien, je fais le vide, je tremble de vide, je m'envole par moments en sautant par dessus les bûches, je mène la danse de mes pieds alourdis par le ramage de mes mains autour de l'air qui m'englobe, je trébuche en pensant à ce que demain je serai, je me gronde, je m'envenime, je bloque tous les flux nerveux qui frollent l'errance, je m'applique à vivre, je m'aspire dans mon univers, et je cours, je lance mon corps dans l'espace dans des mouvements anarchiques, je ferme les yeux, je me balance  du haut de la falaise de ma raison, rien ne me retient, je me libère, je suis plus légère, mon noeud dans le ventre, je respire profondèment, j'accumule mon énergie, et d'une enjambée je reprends ma course sur mon chemin sinueux, la clairière n'est pas loin, je  cours, je vais courir jusqu'à y figurer...

IB.
Par imanita
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Mercredi 4 janvier 2006
 De mon stylo à quatre couleurs je traçais une ligne, des lignes que je liais par des courbes. Je remplissais la forme géométrique qui naissait par d'autres sillons. Sur ma feuille blanche, se dessinait les coulisses de mes pensées, l'arrière fond de ma raison.

  Je m'étalais aussi fougueusement que peut s'étaler un corps sur la première vague de l'océan se confiant à elle ou plutot s'abondonnant à ses mouvements, elle pouvait l'attirer vers elle aussi férocément qu'elle le voudrait, le balancer au fond, le livrer à d'autres vagues. Le corps s'abandonnait dans le temps et dans l'espace, amorphe, dénué de tout ébranlement,volontairement mené par les courants d'eau.

  Conscient de sa dérision, las de ses luttes permanentes, mon corps flottant sur le creux de l'océan. Les bras en chandelles, sur le lit de lumière créee par le soleil à peine levé. L'encre jetée.Les amarres larguées sous le vent blotti entre les bras des coraux.
 
  Je me laissais bercer par les forces océaniques. Au large je me projettais. Je me livrais à mes peines. Mes mouettes au-dessus de ma tete. Les sons étaient absents. La mer était plus bleue.
 
  Après ces quelques heures à joncher ma carapace sur la surface de l'eau, la peur ne se faisait plus ressentir.

  La mer m'acceuillait comme une mère pouvait dorlotter son bébé. Je posais ma tete sur sa cuisse de sable, elle me calinait de ses doigts imbibés d'écume, me carraissait les cheveux et m'apaisait en composant l'hymne de mon coeur.
 
  La berceuse était des plus douces, je flottais, je fermais les yeux, j'étais la fille d'un autre monde. L'acalmie revenait. Je restais des heures. Ma vie renaissait en moi. Je ne savais plus qui j'étais. Je ne veux plus savoir qui je suis.
 
  Sa berceuse me suffit, le regard de ses yeux attendris par la brise me suffit. Le souffle de sa voix basse me suffit. Je renais et plus rien ne m'importe. Mon corps peut s'envoler. Mon esprit peut s'accorder aux notes aussi farfelues d'une musique lointaine.
 
  Mon coeur peut battre en moi à mille pieds du rivage, plus rien ne m'importe, je revis, je renais, ma mer me caline de sa danse matinale, je me fie à ses pas, je me fie à la main qu'elle me tend...

 Apaisée, j'ouvre les yeux, mon demi corps exposé à l'air grelotte de froid, je me retourne,l'eau imprégne tout mon etre, je plonge la tete, je remonte, je nage vers le sable. Petite tortue me vient à l'esprit, elle s'était promenée un soir, s'était fourrée dans l'océan, et là grandit elle en ressort plus mure et à son tour dessinait "renaitre",et se livrait à la vie...

  Je rejoignais le sable. La dernière vague se claquait sur mes jambes. Je découvrais mon corps, ce nouveau corps plein de vie. Je me détournais. Je regardais la mer qui m'avait apprivoisée. Je m'acrroupillais et de mes deux mains j'emplissais la concavité d'eau, j'éteignais la lumière de ma dernière peur sur mon visage grace à cette eau.

  J'étendais les bras serrant très fort cette mer qui m'offrait tout ce bien etre. Je ramenais mes bras vers moi, vers mon coeur.
 
  Là en moi, dans ce petit coeur, je porterai toute ta tendresse en moi, et à chaque fois que je serai mal, je porterai mes mains vers ce coeur et je me souviendrai que vers toi je pouvais à jamais revenir...et que tu sauras toujours m'attendrir...

IB.
Par imanita
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Lundi 9 janvier 2006
j'éteignais la lumière, je m'enfonçais le tete sous mes couvertures, j'allais dormir je me disais, je commandais à mon releveur superieur de clore mes yeux, je ramais dans mon sommeil sur le lac embrouillé de mes pensées, je glissais sur la barque menée par mon cerveau au delà du puit farfelu de mes déraisonnements, de mes bras, dans un mouvement cyclique je guidais ma raison, je flanais dans les parages, je m'inclinais face au vent, je ramais en oubliant les limites de mes forces, je tirais l'eau vers moi, toute l'eau venait à moi m'éclaboussait le visage, je continuais ma course contre le temps, et qu'était il ce temps sauf insignifiant, lourd, exaspérant ma survie...
 je ramais sans me planter sur aucune baie de reflexion, et pourquoi reflechir? je n'avais qu'à ramer, seule au fond de ma barque, je prenais plaisir à m'outrepasser et à me surpasser quelle en serait la difference? je m'en moque des mots, je me moque de tout, je me moque de moi, du temps, de ma raison, de mon coeur, de mon corps, de tout mon etre, je ne suis que quelqu'un qui rame, qui rame, et qui rame encore ne finissant pas de ramer à l'infini dans sa tete...
 arrivée à nulle part, ou plutot arrivée à la porte de l'oubli, cet oubli qui me tue, qui m'arrache de mon sommeil, mon lac est loin, je suis loin, je suis peinée par cette vie que je ne saisis guèrre, je suis affaiblie par cette vie, qui ne me dicte pas ses logiques, si logique il y a, je divague, le champs de blé de mes pensées renait, je résiste, pourquoi encore un champs de blé? je suis confuse, je suis lasse, je suis presque rien dans cet état second, je ne me reconnais plus, je ferme les yeux, un vertige surprenant m'emporte, les murs de ma chambre que je ne discerne point se déplacent brutalement, mes yeux s'enroulent sur eux meme, je les équarquille de peur de sombrer dans l'oubli, l'oubli de mon etre, une peur m'engloutit, le vertige jusque là m'était inconnu, il me prit, il me fit pivoter l'esprit d'un angle très ample, mon estomac se tordait... que faire, que devais-je faire, me livrer? oui me livrer, je n'ai plus la force, je suis lasse, je suis un corps blotti dans l'espace de sa peur, l'angoisse encore, mon dieu, pourquoi doit-elle surgir à chaque fois en moi, me retirer de mes reves et m'enrober encore et encore, je ne peux rien faire, je suis entre les mains de dieu, et en dieu je garde foi, je ne suis qu'un corps laché à la vie, le lac me fait peur, les bords de ma barque grandissent, m'etouffent, je suis réduite à quoi? je suis  imane, j'en ai le souvenir et le seul d'ailleurs; la rationnalité je m'en moque, toutes les théories du monde atterissent le long du chemin de mes pensées, aucune valeur n'est sure, tout est délire, tout est mensonge, toute est diffamation, je suis rude par moment, je suis souple par un autre, les mots se répétent, les mots reprennent, les mots se déchainent, à quoi servent tous ces mots?...

je n'en sais rien, le lac m'engloutit, j'etouffe, je ne me plains plus je m'abondonne à ma dérision, j'essaye de me mettre en position yoga encore une fois, je n'ai plus la force, je suis néant ...
un éclair de vivacité tente de me dissuader de mon existence, je ne comprends rien, je ne comprends plus, et d'ailleurs est ce qu'un jour j'ai compris quelque chose aussi simple soit elle, mon dieu si j'avais été...quoi que veux tu etre? tu es imane tu es ce que tu es, tu vaux ce que tu vaux, tu héberges les trapézistes neuronaux les plus éhontés, les plus déséquilibrés sur terre que veux-tu réaliser des prouesses aériennes plus déstabilsantes que celles que tu as vécues?
je me file dans l'espace, ma petite soeur formule des gestes dans les airs, je suis ces mouvements, mon corps n'est qu'un automate tiré par des fils imanginaires, je me déambule, mes mains enchainent une danse, mes jambes s'entremelent, ma figurine me renvoit à ces poupées russes que j'aimais tant étant petite, le rouge de leurs coloris m'englobe, je suis les fluides de mon corps, je transporte mon énérgie dans les airs, je fais des tours sur moi meme, je m'abrutis l'esprit, je respire, je m'envole, j'atteris, par terre sur le champs de blé, je m'envoute dans mon lac, je garde les yeux grands ouverts, mon cerveau a tiré l'alarme cette nuit, j'ai compris mais l'alarme contre quoi finalement ?
sous l'appel à la prière, je me livrais à mon sommeil dans l'inconscience, je ne pensais à rien, je me léverai ce matin je ferai mes ablutions et je prierai le tout puissant...
le lac, le champs de blè, les poupées russes, ma danse dans l'espace clos de mes pensées, ma respiration, ma peur, mon vertige, mes yeux qui roulent, mon coeur qui ne m'appartient plus,mon pyjama, le matin, le soleil, le quelque vert qui persiste, la vie...

IB.
Par imanita
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Dimanche 5 février 2006
Les ondes musicales se filtraient de l'engin, les deux hauts parleurs dansaient  sous la tonalité apaisante de cette sacrée voix féminine, mes organes sensoriels se nourissaient, mes osselets exprimaient leur joie en tordant leurs onglets, une euphorie se libérait dans le fluide de mon cerveau, et mes cheveux se prolongeaient dans l'espace, je me dissipais de tout mon etre loin des bruits offusques du monde exterieur...

A mes sens, seule la mélodie composée, sous le frisement des feuilles, le blottissement des pieds imanginaires de mon ouie, l'écoulement de l'eau limpide du ruisseau, le chant des oiseaux, l'odeur de la fraicheur de cette terre palpée par le bout de mes neurones dansants, importait...

J'étais loin, la transe du bonheur me prit, mon corps de la légerité avait herité par cette belle journée dominicale, et je me rends compte que le temps, j'en faisais abstraction, pourquoi ce sentiment de non appartenance à ce monde, à cette journée qui pourtant est comme les autres?

 Je me revois, je me confonds souvent avec l'image de cet esprit mal affranchi, aux coins de mes déceptions, je ne suis que celle qui a subi et pourtant, je suis là, et je refuse de sombrer dans cette horreur de mélancolie, je refoule cette tribale envie de tout écraser, je ne suis pas celle qui en écoutant une mauvaise ou tordue phrase, se terrasse, ni celle qui crie vengeance envers une propagation sémantique malformulée,non, je suis celle qui se tait, je suis celle qui découvre l'autre et l'observe... jusqu'où peut aller l'etre humain dans sa stipulation des choses de la vie? et logique absente des discours qui grisonnent autour de mon lobe, et les phrases entrecoupées par des mots n'en faisant pas partie...
 J'ai toujours eu une attraction vers le corps humain, comment régissait-il les centres de ses sens?
Comment l'homme arrivait-t-il à concilier entre ce corps, et ce cerveau? ...
Cette fascination m'a probablement poussé à me baigner dans l'océan de ce corps, à passer de longues journées à contourner la question de la creation de cette splendeur... mais alors j'ai beau essayé relever le défit, comprendre et la molécule et l'electron...je suis toujours restée inerte et encore plus devant ces parcelles qui déterminent cet etre devant moi, qui formule des palabres, qui à l'occlusion de cils je suis sensible, je cerne cette energie en face, je me croise et les bras et les neurones et j'observe la gestualité de la beauté créée par les mains divines ...
 Tout en moi inspire à ce que cette entité en chaire et en os, assise ou debout, emplissant mon champ visuel soit réelle, et son energie, et ses dires, et aucune seconde je ne peux assumer que le souffle de dieu puisse etre usé par une compilation de vents tordus, par des torsions verbales je dirai, comment puis-je me dire que cette creature aussi aimée par dieu puisse trahir cet amour en promulguant des chantiers de brumes faites de mensonges et de malhonneteté?
j'ai vraiment du mal à assimiler...et je crois que pour ma vision des choses, cette attente si positive me renvoit la plupart du temps déçue au retour de mes errances et en complèment à mes bilans relationnels, je reste toujours celle qui n'admet pas que l'on puisse etre tout sauf franc, je ne saisis pas le sens et je reviens à me dire tu as tort, tu oublies une entité à part entière " ... " le corps oui, l'esprit oui, le souffle de dieu l'âme donc, oui mais alors...
ma reflexion je la trouve démesurée, et arrivée à ce point je converge souvent vers le point d'interrogation...

La voix continue à m'énivrer, je suis loin...

Je me réconcilie avec moi meme, je me laisse bercer par la musique encore et  toujours, trop d'idées se bousculent sous mes cheveux noirs qui se nourisssent de ces notes de guitare...

J'écris encore et toujours, je m'écris, je respire, je pense avec mes phalanges, j'écris au son de ma danse synaptique, je dessine ma vie sous le toit de mes mots et je m'affranchis...


IB.
Par imanita
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Jeudi 9 mars 2006
 Je pince un petit amas entre mon pouce et mon index, le crépitement se fait ouir dans l'espace confiné de mes pensées.
 Les grains de sables giflés par les vents rejoignent une fois de plus les cerfs- volants rouges et jaunes voltigeant le ciel gris de cette journée morne...

 Le silence. Les mots ont taris. Je suis épuisée. Je me languis de mon sort. Je suis amnésique.
 Mes moments de joie se font floues dans le chapitre de ma vie. Je n'entends que cris. Eclaboussures.

 Je me cramponne à mes graines de sable, je les plonge dans les airs, elles nagent en un flot montagneux, elles dépoussièrent  mon existence des derniers vestiges d'une vie où je dû lutter, ma lutte est fini. Je me cloître dans mon coin amadoué. Je me fragilise pour mieux me fortifier.

 Mes graines continuent à errer, elles s'accrochent au fil de mes cerfs-volants, tenu par ma main, elles ensevelissent les nuages naissant de leurs courses. Le nuage disparaît. Le sable dessine une silhouette, ma silhouette, et si je n'étais que silhouette et si mes paroles n'étaient que illusions.

 Je parle, je formule sous mon nuage de sable les paroles des graines. Mes mots ne se font point entendre.

  L'image de cet enfant de quatre ans que j'étais ressurgit. Sur la plage. Un dromadaire, une liane autour de son cou tiré par les bras vigoureux d'un Gitan des temps. La créature s'approche de moi. Une peur me prend. Je crie de toutes mes forces, dans ma mémoire, le cri raisonne encore. Un cri confiné, un cri muet !
 Je me souviens encore de cette vibration sonore qui éclorait dans le ciel, je me souviens entièrement et de tous les détails, et ce pour la simple raison  que la scène du dromadaire je la revis encore, la peur me prend encore et je recrie et mon cri est encore plus confiné, mon cri est incompris.

 L'écume vient piétiner les débris rocailleux ainsi que les coquillages enfoncés dans le sol sablonneux.
 Les vaguelettes se retirent laissant respirer les quelques bestioles s'abritant sous la couverture de sable du rivage, les quelques bulles naissantes s'ouvrent vers le ciel, s'amplifient de mon cri, remontent, s'accolent aux brins d'eau qui s'échappent de l'océan, culminent d'un pas géant vers le nuage sablonneux de ma plongée cérébrale.

 Mes cerfs-volants continuent de parcourir le ciel, l'écume du vent, le sable de mon cri. Les bulles d'air enfouies dans le sable cheminent vers mon nuage.

 La liberté de voler.

 La soif de nager dans le décor de ma vie...

 Je continue de me trémousser, mes graines de sables ne finissent pas de s'étendre dans mon ciel et leurs percussions sur les cordes de mon eau prolifèrent...

 Je ferme les yeux. Ma guitare joue de ses cordes. Mon eau éclabousse son écume. Mon nuage fait battre la sonorisation de mes graines. Mes graines volent et dessinent l'envol de mon cri sur l'étang de ma vie...


IB.
Par imanita
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Lundi 20 mars 2006

 Dans l'air du temps je suis suspendue. De mes mains je tiens les deux cordes auxquelles je m'accroche, avant mon saut dans l'espace volant, animé par la respiration bruyante, des spectateurs foulant cette gigantesque tente sous laquelle des numéros et des numéros défilent le long de l'année.

 Je me lâche sous ma tenue scintillante, j'inspire profondément avant ma lancée, je me coupe le souffle, et je me balance dans la pénombre. Je me transforme en une chandelle à deux bougies qui malgré la célérité déployée ne s'éteignent pas.

 Je m'abîme dans le ciel de cette immensité qui s'ouvre à moi.

 Je persiste et dans le flou du mouvement qui accompagne mon jet corporel, ma lumière, ma bougie se revivifie, les gens autour de moi disparaissent, leurs respirations se meurent sous mon souffle, ma lumière me prend sous ses bras et je m'envole...

 Je me vois sous plusieurs couleurs, je me perds, mes mots se perdent.

 Un bruit intérieur se creuse en moi, je n'arrive pas à le palper.

 Je songe...

 Soudainement, je ne peux plus rien formuler.

 Pourquoi ce vide, pourquoi ce sentiment de figée dans ce ciel, au dessus de ce cirque?

 Plein de rôles, trop de rôles. Le monde brille sous des ornements infinis, et maldéfinis. Qui emprunte quoi, pourquoi les uns prennent ce rôle là, pourquoi les autres se faufilent sous la soutane de ce rôle ci?

 Je reprends chaque séquence de ce que j'ai vécu, je me blottis contre ce qui me reste de ma tendresse en moi.
 
 Je me confonds à nouveau avec cette petite fille éternelle en moi, ses yeux ne  se décollent pas, elle a perdu son sourire, elle a perdu la lumière qui éclairait ses nuits. Elle a laissé chavirer quelque part dans ce monde cette lune qui se fondait  dans l'horizon sous le rayonnement tant audacieux de ce soleil...ses jours s'éblouissaient...ses jours périssaient...

 Je continue de m'élancer, je poursuis mon absence, je frôle une à une les molécules de mon espace, elles me câlinent, elles déposent sur mon être un baume mielleux, un parfum douceâtre s'en échappe...

 Je tire le rideau vert, j'ouvre ma fenêtre. Un ciel gris timide sous un soleil qui entreprend sa danse fugace, spontanée aux cotés de ma pluie...

 Plus rien, plus d'images, j'ouvre les yeux, je les referme.

 La planche de mon trapéziste n'est plus loin. Mon corps a dû sculpter de nombreux enrobages aériens pendant que je me scellais à ma transe...des bras, puis des jambes, des pieds, des visages absents...

  Un tonnerre se propage, un palmier s'obstine à faire danser ses branches sous un rythme un peu bizarre...

 Que des bizarreries, cette vie.

 Je replonge mon être sous cet allegretto, puis je me libère de mes  planches.

 Je brusque le vide mais cette fois-ci en une saccade verticale.

 J'atterris surs les filets protecteurs. J'ouvre les yeux. Les clameurs de la salle reprennent. La respiration de cette masse humaine reprend.

 Je reprends mon souffle pour le réadapter à cette échelle.

 Je m'assieds. Je croise mes jambes.

 Je ramène mes bras vers ma tête, j'entrouvre les mèches de mes cheveux sous un écartement furtif de mes doigts, puis j'ouvre mon petit coffret rouge que je retrouve à mon étonnement sur ces filets.

  Entre sol et ciel, je suis toujours suspendue. Le miroir au fond de mon coffret reflète mon regard. Je me souris. Des couleurs il y en a en palettes, je prends un pinceau, j'étale de la poudre orangée sur mes paupières, je me re souris, et je ferme mon coffret...

IB.

 
Par imanita
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