Samedi 29 avril 2006
 Une caresse sur mon visage. Les douces fines paillettes cristallines de l'eau rafraîchissent les étoiles de mon cœur. J'entends de loin raisonner le tam-tam de mon enfance.

 Une déferlante cohue de gamins nous étions. Nous courrions par dix chemins en même temps.
 Sous les murailles nous jouions tous à des jeux inventés par nos délirantes imaginations.
 Habillés de toutes les couleurs. Sous nos petites franges, nos petits yeux  ramenaient les regards malicieux vers les coins du jardin les plus reculés de la maisonnette.
 Nous les filles, beaucoup plus que les garçons, étions observatrices des rimes, de la chansonnette fredonnée par la tribu que nous formions.
 Des rires s'élançaient vers l'oranger et nous tous étalés sur nos dos sur l'espace vert regardions vers le ciel  le vol d'un oiseau qui venait s'écraser sous le bois de l'arbre culminant.
 Nos flaires nous ramenaient
souvent vers des oisillons en phase d'agonie, nous les ramassions, les déposions dans la main de chacun puis décidions dans un esprit collectif tangeant vers la tristesse à trouver un refuge au petit corps dans la terre. Réunis autour, nous balbutions nos prières et nous saluions le petit oiseau.
 Des séances comme celle-ci, nous en rebroussions chemin pour retrouver nos parties de marelles inachevées, les centaines de billes éparpillées, nos morceaux de craie dessinant des carreaux sur le muret.
 Nous nous déplacions en masse chantonnant nos refrains...Nos billes plein les poches.
 Les garçons s'alignaient et sous nos regards de fillettes nous évaluions les prouesses urinaires des quelques cousins qui osaient.
 Nous courrions vers les tonneaux, tour à tour, nous prenions place, tantôt au fond du vert, tantôt du bleu et sous les mouvements affolés des petites mains nous étions chacun roulé, les vibrations vocales s'amplifiaient et nos petits dos rencontraient la grand marche qui n'était pas épargnée mais qui plutôt marquait la fin du parcours abracadabrant. Nous sortions du tonneau ébouriffés, le sourire un peu louche, le rire sur le coté et pourtant ... nous recommencions... nous nous admirions ... nous adorions nos folies ...

Nos folies ont-elles finies?

Des années plus tard. Je pousse la porte. Je me faufile entre les souvenirs. Je revois grand mère qui n'est plus. Des larmes j'en essuie de sous mes paupières. Sa présence passée effacera t-elle son absence éternelle?

 Les gamins que nous étions courent toujours dans l'immense jardin, le parfum des roses y est...

 Je dépasse la marche. Mes souliers roses sur le gazon. Mes pieds respirent l'herbacée. Je me hausse vers la branche, j'en ramène trois pêches, une odeur sucrée excite mes papilles.

 J'inspire délicieusement l'odeur de mon enfance et je rêve toujours et mes rêves sont toujours sucrés.

 De rose vêtue. Je me redonne à la vie. J'inspire la pêche sucrée.
 Je tire par le bras, les petits neveux habillés en rouge, bleu, orange et blanc. Je les vois traverser le miroir de mon enfance colorée, la leur maintenant et je dépose de petits bisous sur leurs joues toutes roses.

La vie reprend. La vie s'en va. La vie revient.

L'oisillon, l'oiseau prend son envol.
 
La pêche entre mes mains. Je m'envole dans un éclat de rire puis je me pose. Le sourire entre mes fissures...

Le rideau sous mes cils glisse. J'inspire.

Le chant lointain d'une meute d'enfants se fait lire.

J'écris l'odeur.

De la pêche sucrée entre les roses.

Le chant se poursuit.


IB.
 

par imanita publié dans : imanita
ajouter un commentaire commentaires (8)    créer un trackback recommander
Vendredi 10 février 2006

Sous la ruée des pigeons, mon toit reste silencieux, écoutant la symphonie jouée par leurs danses...
 La pluie m'enroule sous sa soutane...
Je m'en vais suspendue au cristal de mon nuage...
 J'ai les yeux rêveurs...
A deux, dans de fines accolades, ils entamment leurs marches...
 Le pas embobiné de justesse, un cercle, puis deux, puis des croissants lumineux, le reflet sur le brun de mon iris...
Un feutre bleuté, tiré de leurs plumages, tantot en avant, tantot de coté...
 Le bal...
 D'un petit trois pattes, l'un enjoue la toile de l'autre, la cisèle d'un tour, sous le roucoulement attendrissant de son voisin dessine le lustre des pointillés...
Le fremissement du vent caresse le doux sillage...
 Mes deux pigeons fiers, enrobent leur cadence d'un luisant trait  semé du ciel...
D'un rou hou hou, se tiennent le bec chuchotent quelque chose comme restes avec moi, ne t'en vas pas...
 Leurs yeux dans le miroir de l'ame scintillent, séloignent à nouveau, se promènent...  
Les marres, le chant de la pluie se poursuit, la grisaille, le nid embroché à la vie...
 La danse n'est pas fini, elle se tisse sous les mailles de la mélodie...
La mélodie de la vie...


IB.

par imanita publié dans : imanita
ajouter un commentaire commentaires (9)    créer un trackback recommander
Dimanche 29 janvier 2006
La vie...
Le sens de la vie...
J'essaye de dénicher le sens à cette vie...
C'est vraiment trop bizarre...
J'ai écrit ce texto dans la nuit, à presque minuit le samedi soir, sous ma couette, et puis je cherchais à l'envoyer et puis je me suis dit sur la longue liste de mes contacts, qui sera à cette heure-ci lucide et prêt à integrer une question aussi banale et aussi complexe? j'ai appuyé sur la touche retour, et je me suis gardée mon message, je me l'envois à moi, moi seule qui me comprends parfaitement, j'ai fondu par la suite dans le flou de ma tete, comme perdue dans cette chambre qui est pourtant mienne, comme perdue dasn cette vie qui fait de moi cet etre si petit ...
A des heures lumières de mes pensées, le roc granuleux figé dans le desert de mon esprit, tendait vers le ciel, ce roc là décrivait l'amoncellement de toutes les journées écoulées depuis ma naissance à ce jour, chaque millimètre est une seconde de ma vie, chaque jour qui se propage dans le flux de cet univers dessine petit à petit la forme rocheuse à sa guise; un jour nuageux gris, dans mon coeur la pierre est scrutée maladroitement, ses contours sont irreguliers, ses angles poitus; un jour ensoleillé, sablonneux, ma pierre est rugueuse, à bords crenelés, creusée de sillons de profondeurs differentes, enlassée de tubérosités saillantes; un autre jour pluvieux, doux, ma pierre est mousse au toucher, bien arrondie, lumineuse... toutes ces pierres s'accumulant, les unes soutenues par les autres, affichaient la silhouette de ma montagne rocailleuse, à multiples reflets, je pourrai lire l'écriture du temps de mes journées sur la surface du grand rocher, habillé de mille couleurs..et moi qui souris et le sourire se forge dans le caillou, et moi qui pleure et ma larme brise le pucelage de ma pierre, et moi qui crie, chose qui m'arrive rarement, ma pierre se lessive sur sa voisine, et moi qui rit et ma pierre s'enlisse radieusement...
Je poursuis ma quête...
Je poursuis la définition du sens de cette vie, je desends du sommet de ma montagne, je frolle le flanc, je saute d'un grand pas vers l'avant, je me retourne, j'exécute quelques pas en arrière, je m'en éloigne pour mieux voir où j'en suis... ma montagne existe depuis vingt sept années lumières embryonnaires, et j'étire mon regard vers cette immensité, que des pierres, des formes particulières, des couleurs et des couleurs, sur une étendue les couleurs sont fades, les pierres sont amorphes, et j'encercle ces pierres là, cette période de ma vie où je dû me soupoudrer, où je me suis anéantie pour ne pas cloitrer mes reves, où mon etre s'est vu chavirer par le vent du temps vers une terre mysterieuse, où se lamentant seule dans mon coin je m'obligeais à ne pas céder aux rouages de l'amertume, je me suis émiettée, je me suis brulée les paumes des mains à vouloir m'accrocher à un torrent de fluides immobiles... je me suis leurrée dans l'arène des misères, je me suis éparpillée dans une dimension inconnue, je n'ai eu que pleurs, écrasements et là j'en garde encore un dégout profond; je promène une énnièmme fois mon regard sur le roc, et je découvre des points verts émanant d'entre les fuseaux pierreux, du vert sur la toile de ma vie, du vert sur le duvet  de mon histoire...
Mon coeur de son étoffe écarlate chante honneur et bravure, jamais Imane jamais, ne prives ton sourire de ce visage, jamais ne confonds lueur d'espoir et survie...
Je prends un bon litre d'air frais entre mes narines, et je lache mon corps dans la nature et je cours sous la douceur du vent...
A la couleur transparente des pierres de ma vie future non encore déssinée, je m'affranchis et j'accompagne mes heures de vie dans l'espace incontourné de mon ciel bleuté,
l'esprit en volée choyeuse.


IB.
par imanita publié dans : imanita
ajouter un commentaire commentaires (14)    créer un trackback recommander
Mardi 27 décembre 2005
je m'eclipse, je m'en vais pour un moment retrouver mes peines, marquer une pause, je suis fragilisée par mes débattements neuronaux, mes amis comprendront, mon ami spécial comprend...
il me faut du vide pour me reprendre...
A vous tous bonne année, tout le bonheur du monde...
Je vous adore...

IB.
par imanita publié dans : imanita
ajouter un commentaire commentaires (14)    créer un trackback trackback (1)    recommander
Lundi 26 décembre 2005
 Elle etait là, assise sur la muraille, à cheval, pied sur le carrelage grisatre du sol du jardin et l'autre sur la terre à peine arrosée du potager de grand-père. Chaque jour à sept heures et demie du matin il mettait en marche toute la tuyauterie pour l'arrosage du jardin...

 Elle etait là, elle regardait...
 Des racines de menthe fraiche, entre lesquelles les cours d'eau frisaient leurs chemins. Des branches de verveine tronaient sur l'angle de sa vue. Des petits champs de persil, de coriandre s'avoisinaient.
 Un peu plus loin, un arbrisseau d'où pendaient trois ou quatres petites tomates calées par des tiges de canne.
 Un bananier, un grenadier, un framboisier encerclaient le puit et le bassin qui receptionnait l'eau à peine filtrée.
 Yamanda, comme grand-père la nommait, etait là, de ses petits pieds, devait deviner les trois marches qui se blotissaient entre les vegetations murales et les arbustes naissants.
 Elle se mirait dans l'eau du bassin etroit et se rapellait les après-midis avec ses cousins-frères qui s'y plongeaient et de leurs cris qui égayaient l'immense jardin...grand père c'est à peine s'il se reposait sur sa chaise que Yamanda accourait, se jettait dans ces bras, il la chatouillait, elle se pliait de rires,s'échappait, courait un seul petit tour et revenait reprendre ces rires....

Yamanda..la belle époque je dirai...

 Les semaines "blé" où le monde s'activait autour des bassines en bois. Le lavage. Le séchage sur les draps multiclores dressés sur tout le sol du jardin. Se suivaient ensuite les scéances triage des graines où toutes les femmes participaient ... Yamanda était là.

 Les semaines "fleurs d'oranger" où les pétales étaient cueillies à même le sol des deux grands arbres d'oranger. Le rassemblage des fleurs blanches. L'étalement sur les linges blancs, sur les tapis des salons. Le parfum enjouait les airs. La senteur énivrait les sens...
 La journée distillation. Les gouttes de l'eau magique coulaient une à une. La vapeur dans la maisonnette du jardin. Les recipients en file pour les tantes et les oncles....Yamanda s'en rappelle.

 Les semaines "biscuits". La farine. Le sucre. Le chocolat. Les fruits confis. La pate d'amande. Les mains qui nouaient, pliaient, ajustaient, décoraient, se brulaient, portaient les plateaux. Les visages rougis par les chaleur des fours tous activés dans la grande cuisine et les mains qui gouttaient surtout...Yamanda dégustait.

 Les semaines "escargots" où ils mijotaeint dans un délicieux breuvage après avoir brouter deux bonnes nuits dans de la carotte râpée...Yamanda effleurait les cornes.

 Les journées "khli3". Les journées "ghassoul". Les après midi bain-maurre. Les après midi "henné" de grand mère. Les vendredis "couscous". Les samedis dégringolades. Les dimanches foret...

Yamanda la belle époque...
 
 Des années ont passé. Grand mère est partie. Les fleurs d'oranger sont parties avec. Le hénné est parti avec.

 Yamanda garde l'odeur de la fleur d'oranger en elle, l'odeur du henné sur les mains de grand mère, l'odeur du jasmin émanant des fleurs blanches et jaunes le soir, l'atmosphère parfumée, le son de la goutte distillée au fond du couvert bronze.
 L'eau d'arrosage du jardin de grand père est encore sur son visage, le gout des bonbons enfouis sous les trois pièces du caftan de grand mère, sa petite sacoche pleine de caramels, de chocolats, de petits noix, Yamanda en dénichait à l'aide de ses cousins au fond du placard, Yamanda avoue que c'etait juste une fois...

 Yamanda reprends ces rires, s'étouffe de rire. Dans sa main une pétale de jasmin, dans l'autre une fleur d'oranger, elle sautille sur la muraille du jardin. Grand père arrose toujours ses plantes. Les couleurs des fleurs dansent. L'odeur du parfum à mille fragrances chante dans son esprit...

 Yamanda a grandit, l'adulte qu'elle découvre en elle ne quitte pas l'enfant qu'elle a toujours été...

 Grand-père se penche toujours vers ses plantes. Yamanda se penche vers grand-père, dépose tendrement un baiser sur sa main. Grand-père lève vers elle son regard plein de douceur et lui souffle:  Yamanda comment vas tu ma fillette? yamanda a les yeux emplis d'eau encore une fois, d'arrosage? elle ne sait pas ? d'émotion oui ça doit etre ça...
Yamanda répond en chantonnant:" je vais bien grand-père, je vais bien babahaj".

IB.


par imanita publié dans : imanita
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Vendredi 16 décembre 2005
En me jettant, sur le divan imaginaire de ma raison, des pensées en moi coulent à flot, je me parle et me reparle incessamment, j'essaye de dérober un sens à ces coulis de vie en moi..
Je joints mon silence qui me tire des mes vehémences ensoleillées, il me dicte la couleur, le parfum de la chose, me laisse voler par moment sous le ciel immense de mes persistances analytiques, me laisse ouvir les demeures de mon coeur, fletri, jadis...
 Ce silence marque mon chemin par apposition de pierres, de pavés sur le sol du jardin, je pose pied sur la première chose solide perçue par mon pied, je m'envoute dans la maison enchantée, l'image de la maisonnette entourée d'herbes folles me revient, j'avance encore plus, scrutant la terre ,sous le fremissement des feuilles d'automne, je découvre ces végétations radieusement entremélées, sur ce fond de jardin, la pluie, l'odeur de cette argile m'enivre les sens, mon silence me tire encore vers ce splendide chêne où l'image d'un samedi après midi calme en compagnie de mes cousins savait en profiter, où nous nous agrippions tour à tour sur ces branches, escaladant la terrasse et nous balançant dans les airs, nos cris à en couper le souffle à nos mères papotant autour d'une verre de thè à la menthe...
L'image des momes que nous étions s'impose à mon silence, courant partout, dans la grande maison familiale, la voix de ma grand-mère criant de partout, et nous tous qui étouffions nos rires sous ses paroles roulées; quelques minutes à peine le plus frivole d'entre nous marquait les règles du jeu, nous allons faire une salade! criait-il et dieu seul savait comment on preparait nos salades, toues les fleurs dont mon grand père prenait le plus grand soin durant toute la semaine devenaient des tetes de radis, les marguerites, en choux-fleurs, des roses, en tomates des herbes que les plus grosses mains savaient arracher su sol, le gazon etait comme brouté par nos pieds, nos passages ces samedis après midi etaient un ébluissemnt pour nos grands parents mais aussi une nuisance manifeste à la flore délicatemnt richissime de la belle maison "grand-parentale"..
Pourquoi mon silence me ramène-t-il vres ces journées, sans doute que là y figurait la source de ma vie, le départ de mon moi, mon silence m'y pousse encore, je me defends c'est pas le moment, viendra le temps imane, viendra le temps, et j'aquiesse, certainement il viendra le temps...
Je me retire délicatement de ma souche reveuse, et je me rends à l'evidence de rectifier: c'etait pas un chêne, c'etait un arbre à framboises blanches, comment aurais je pu le nommer, nous en dégustions comme des érudis, avec nos salades comestibles uniquement pour les fourmis, non meme pas, ah tiens ces fourmis, de vraies histoires avec les fourmis, j'en garde encore l'odeur, et ma question favorite est de demander à ma soeur : dis M..  tu connais l'odeur des fourmis? generalement, elle me sourit et me répond toujours la meme chose mais imane je sais pas, c'est quoi une odeur de fourmis? je n'ai pas de réponse, ma question semble dénuée de sens, mais peut etre que c'est moi seule qui a en mémoire cette odeur acre mi-bois mi-terre quand l'une d'elles venait à s'ecraser par un un mécanisme que j'ignore sur ma jambe je la portais entre mes doigts, l'observais une petite minute, la déposais entre les feuillages et reniflais juste sur mes mains cette senteur ...
Mon silence me tire encore vers ce chateau fort batit par ce bataillon de fourmis, à l'entrée de l'angle que formalt les deux bassins emplis d'eau qui servait à arroser l'immense jardin, je m'assayais à meme la terre et penchais ma tete vers ce petit trou par où rentrait et sortait toute la monarchie fourmilère, je ne lachais pas un détail de ce theatre  qui s'offrait à mes yeux, elles couraient de partout, il m'arrivait meme de leur placer un drole d'insecte trouvé dans les parages à l'entrée de leur abri, et m'invitais dès lors à etre leur convive géante, à l'entrée elles en profitaient, s'accaparaient des vestiges de la creature déposée et arrivaient à mon plus grand étonnement à la décortiquer et juste quelques secondes après la masse insectiforme se voyait à l'interieur du chateau fort dont je ne pouvais voir que le grand portail....
Le silence me tire de nouveau...

Et encore une fois je me chuchote: le temps viendra, le temps viendra, c'est la seule constante à laquelle je peux me fier...et je remémorise l'odeur de la fourmi...
Toujours à toi...

IB.
par imanita publié dans : imanita
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Samedi 10 décembre 2005
J'ai vacillé dans ma propre errance...
Etre quelqu'un d'autre, etre plus simple d'esprit, ne pas se heurter à vouloir donner le maximum, le meilleur de soi-meme, moi des fois je me dis imane tu crées autour de toi un monde comme qui dirait idéal, et tu t'accroches à tes reves, et oui je m'y accroche, je m'accroche à les vivre jusqu'à en perdre souffle...
Je me projette dans mon enfance à la imanita, pour retrouver mes repères, pour mieux me cerner, me voir, scruter les moindres petites failles que j'aurais pu causé inconsciemment en moi, je plonge dans mon moi, mon fond, mon tout, pour mieux clarifier la chose, la imane, oui je me chosifie comme une pâte à modeler, je me retourne, je me donne des formes, je m'enroule sur le sol, sur la table de mon enfance sur une de mes classes maternelles, je me mets de petits yeux, je me mets un petit nez que je reussis pas souvent, je me fais porter un chapeau jaune, un dessus rouge, je m'allonge le nez, je le réenlève, je perce avec le bout de mon crayon, un petit orifice, mon nez ou ma bouche?  je me décide le nez en haut, la bouche en plus bas, je me plante des jambes, je me fixe des bras, des doigts alors pour ceux-là je n'y arrive pas, c'est trop compliqué, soit j'en ai trois soit rien; je m'ote les membres, je ne garde que la tete, les yeux, le chapeau, et l'écharpe autour du cou il fait tellement froid, je regarde par la petite fenètre, il doit faire chaud à l'exterieur pas besoin d'écharpe, je me pose, je m'équilibre sur le sol en bois, je me colle, je joue la figurine maline, je suis la figurine, je suis cette matière à modeler en rouge bordeau, avec mon chapeau jaune, mais qui peut se vetir de toutes les couleurs, je me parle, je m'adresse à ce bout de matière, à cette résine modelée , malléable grace à mes petits doigts,grace à mon cerveau, oui en fait le cerveau jamais, je ne pourrais le placer dans cette petite boule que je palpe, comment pourrais-je en placer un? c'est si fin, si compliqué, et le coeur, un petit coeur, je ne pourrais pas non plus, et dire que je pourrai me creer toute entière, peut etre mais ça serait uniquement l'apparence, la surface, la croute; le fond, les animations, la raison, l'amour, le courage, la peur, le bonheur, appartiendraient à et à seulement à mon fond à mon dedans, à mon ame...
Je tatonne dans le vide, je cherche mon pantin magique à modeler, je le tiens entre les mains, yeux dans les yeux, et je lui chuchote, que lui c'est peut etre moi, de dehors avec le petit sourire malicieux que je lui ai creusé dans la face, je lui rends son sourire car il faut bien sourire je lui effleure le visage du bout de mon petit doigt, je le regarde encore un petit moment, je soulève ma machine à comprendre, ma raison, mon cerveau, mon crane, ma tete, mon joli mignois, je découvre mes petits voisins de table, leurs pantins sans fil, ils les ont écrabouillés contre le bois froid, ils les ont fait voler dans le ciel à mille couleurs, quelques uns les ont meme fait voyager sur le mur adossé à leur table y laissant un rouge, un bleu, un vert en fusées, en trainées entrecoupées de vide où ils ont marqué la première lettre de leurs prénoms, des traits verticalohorizontaux sous le regard furtif de notre chère Mme Ba.., moi cette main, ma main tendue à errer sur le mur, je n'en ai aucun souvenir, le gribouillage sur papier blanc j'en ai fait, le dépassemnt des lignes sur mon gros dromadaire je dois en avoir fait, mais cette action d'inonder sur le mur de ma table les couleurs de mes feutres, mes bouts de crayon bien taillés, j'en ai pas le souvenir...

Je m'étire les sourcils, du bout des doigts encore une fois, je me cramponne à mes lettres du moment, et je me dis pourquoi vouloir etre quelqu'un d'autre, je suis imane, je suis differente peut etre, pas comme les autres peut etre...
Je signe le pied de mon pantin par une chaussure de colle sèche, je n'ai pas écrabouillé sa tete, je lui ai placé un chapeau jaune, je n'ai pas peind sur le mur, ce mur là, le mur des autres, mais sur mon mur à moi je peinds et je peindrai dorènavant toutes les formes, toutes les couleurs, tous les pantins du monde, toutes les figurines de l'espace, je me prendrai en main, je me dévoilerai sous toutes mes couleurs,  toutes mes imanes et je m'inonderai  de rires, de pleurs, je me modélerai sous toutes les formes, et ce jusqu'à me retrouver, me voir, me clarifier, je survivrai, je vivrai...
Avec toute mon admiration, mon estime..
A toi...

IB.
par imanita publié dans : imanita
ajouter un commentaire commentaires (9)    créer un trackback recommander
Dimanche 4 décembre 2005
 La plage se vidait,le lagon se repentissait,l'espace sablonneux s'étendait, les empreintes des palmes pédieuses creusaient la joue du vent et y traçaient le passage d'une vie, de multiformes et multicolores vies sur le rivage, seule l'odeur des miettes rocheuses hydratées à longueur de journée énivrait mon odorat, et  amadouait  mon chagrin mourrant, sous le voile de mes lunettes grisonnant, je marchais le long de la file humaine se faisant des moins denses à cette heure ci sur la baie, mes pieds enfoncés dans la terre fraiche, mouillée par le va et vient des dernières vaguelettes, le silence de ce coucher de soleil, le déclin de cette journée peu commune, dans ma tete je ne ressassais plus ma vie comme je l'ai toujours fait, je m'en abstenais, je marchais en me dandinant sur  les grains amoncelés de ce sable bruni par le flux lumineux qui se rarifiait, mes yeux à même le sol, je cherchais mes favoris, les plus ronds, les mieux dessinés ou ceux à courbures plus prononcées, les plus miniscules  étaient mes preferés, voir la finesse avec laquelle ils épousaient l'empreinte de l'eau, s'accostaient les uns aux autres, je m'agenouillais, je les prenais dans ma main, les caressais d'un geste ondulant,les retournais, découvrais leurs creux où quelques brindilles se nichaient, mon petit auriculaire en chassait quelques unes, je les enfonçais dans la vaguelette qui effleurait mes pieds et remarquais la vivacité de leurs couleurs sous la lumière aquatique, cet eau, illuminant l'écorce filamenteuse de cette fine coquille, je la mis dans mon bac à sable en guise de fourre  mollusques-épaves";
 je  me relevais, remarchais un bon moment, seul le silence animait ma marche solitaire, mon regard se portait loin vers toute l'étendue du lagon qui naissait entre ces deux pics montagneux, de ce point, des vagues se reduisaient à mes pieds à de douces vaguelettes toutes timides qui embaumaient mes chevilles et je me revoyais cherchant cette fois ci, des plus imposants, des saints-jaques, des insignifiants, des oreilles aquatiques, des mémoires océaniques -je dirai- puisque  en elles le souffle du vent, le murmure de l'eau salée y prenaient refuge; mes coquillages à plein les mains, le sable plein les pieds, le rouge écarlate de ce soleil penchant m'attendrissait, une paix interieure naissait, le lieu dissipait en moi mes peurs, me rendait l'âme plus légere, plus sereine, l'esprit plus libre
, l'humeur plus aquatique, je m'assois une seconde ou deux, la vérité un peu plus, contempler cette vie, mes coquillages sur le sol, mes jambes croisés, un yoga aquatique je m'inventais, et cette vie qui s'écoulait, la mienne, en-etais je la reine, en fait j'en ai qu'une seule, et puis je me demande pourquoi je veux tellement m'imposer cette errance encore une fois?; toute la journée ensoleillée ne m'importait pas, mes sens etaient comme flétris par cette longueur d'ondes solaires, le seul moment de la journée qui me ravivait c'est bien celui là où je retrouvais mon calme interieure loin de la foule, face à seule cette nature tendre qui m'apprivoisait et savait m'éblouir avec tous ces joyaux offerts; moi ma vie je l'assimilerai à cette fin de journée paisible c'est là où je vis où je me vois respirer tranquilement, le reste du temps je ne fais que me cherchais, je ne nais qu'une fois la journée se lassant de ses mouvements anarchiques et livrant cours à cet étincelant calin nychtemeral...
 je livrais mes secrets à mes coquillages, les couvrais d'eau dans leur modeste habitacle, y rajoutais une poignée de sable qui prenait place au fond bien au fond gravité opérant, à travers le demi litre d'eau claire qui scintillait sous la lumière enjoliveuse de cette heure, j'enfonçais le regard, découvrais le reflet de celui-ci sur ces quelques molécules liquides, je me surprenais, je me regardais et je revoyais ces deux yeux que je reconnaissais, cette petite tete, cette petite fille aux cheveux noirs qui souriait à cette image au fond du bac à sable, transformé en bac à coquillages...et je me disais que le meilleur que je pourrais admirer en moi même serait de ne puiser que dans les bacs paisibles et tendres, que telle cette petite fille, je ne marcherais qu'au rythme de ce soleil attendrissant et je n'écouterai que la musique de mes coquillages calinants...
A toi...
IB.                         



par imanita publié dans : imanita
ajouter un commentaire commentaires (18)    créer un trackback recommander
Vendredi 18 novembre 2005
L'errance me surprend, elle s'incruste en moi à petit feu, je la sens venir, s'approcher, nonchalante,s'immerger dans mes pensées, farfouiller, tenter encore une fois de me surpasser, se vanter de ses capacités à me reduire, à me convertir à sa danse accablante, m'indisposer de tous mes moyens de justifications, me démunir de mes forces de resistances, me ligoter la raison et moi je me laisse submerger par ses tractions pour un bout de temps, nageant dans le brouillard de mes fusions neuronales, larguée à mes contenances morales ou immorales, je ne palpe plus la difference, je suis transportée loin, loin de mon corps, loin de mes sens, aucune opposition, ni prise de position, livréé à mes doutes et à mes démons, je récapitule  en vain mes modes intransigeants d'emploi, de transferts de mon energie engloutie, mon corps dans mon esprit se reduit à l'image d'un tas anarchique de chair mélé à un souffle qui jaillit, je respire, j'inspire la douleur, la blessure, de mon âme jaillit la brulure, de mes torrents de larmes rejaillit le cyclone du mal, je me sens si faible à ce moment, si chetive, aucune plainte ne s'exteriorise, aucun cri ne se formule, j'etouffe, je m'etouffe, ou plutot on m'ettoufe, je suis dans l'air gris et bleu de  mon etre, je plonge dans l'ocean tumultueux, je ne vois de mes yeux que la couleur de l'ombre que je reflète sur la brume de mon ocean, je suis recroquevillée, les tenebres au-dessus de ma tete, je me détache, de mon moi, j'ai la tete entre les bras, cernés par des draps de larmes de torpeur, vidée de tous mes organes vitaux, où seul mon cerveau perçoit encore le battemnt d'une vie, une lueur, une lumière se fait creuse dans mon corps replié, aucune reflexion ne se compose, la seule conscience que j'ai c'est cette lumière, cette onde photonique  qui m'anime encore , je me confesse, j'en oublie par la meme seconde mes sermons, je m'oublie, je m'ingurgite, je me plie et me replie, je me surprends, moi et mon corps, je m'enfouis au fond de moi, pour ne retrouver encore une fois que ce moi, je garde les yeux fermés, je ne peux affronter le brouillard  de mon coeur, je peux me contenir, je peux me recontenir, je me fais et me défais, je me dessine,je m'efface et me redessine, je tente d'inspirer, je me coupe l'inspiration, je me fatigue, je suis molle, je suis perdue dans le souffle incohérent de mes inspirations forcées et entrecoupées, ...sournois est ce bruit au fond de moi, je me débats, je m'engloutis à nouveau, je m'envole, je me replante sur les trainées de mon brouillard, je ne me comprends pas,  je ne me reconnais pas, j'ai honte, j'ai mal, j'ai peur, j'ai tort, je m'envoie à mes souvenirs de jadis, je me revois dans le present, je me tutoie pour voir si c'est bien moi, mes bras sur mes genous, la tete enfouie dans le flocon soûl de mon esprit je me recontiens, me retiens d'un pleur immense...et pourtant je me saccade d'un mouvement larmoyeux vivace, je me tortille, je me crispe, je me frustre et je saisis mon oreiller, je l'accable de ma douleur, je m'enfonce la tete dedans, il me serre, me dorlotte et je déverse encore mes larmes en lui, muet, il accueille mon visage à nouveau, me débarasse de mon eau encore une fois, mes yeux toujours clos, je m'endors, mon oreiller me porte calinement, l'inconcsience m'emporte et je dors mon corps plié, ma douleur en moi repliée ...
je me surprends, je m'envole de longues minutes, je me console, je me pose sur la toiture griffée de ma vie, écorchée de mon existance, et je me reconvertis ...

IB.
par imanita publié dans : imanita
ajouter un commentaire commentaires (11)    créer un trackback recommander
Lundi 14 novembre 2005
Avec ma jupe écossaise, et mon petit pull bleu nuit j'enfilais hâtivement mon blouson, rebondissais les vingt et quelques marches qui me separaient du jardin, sous le volet tout là-haut à peine entrouvert de la fenetre de la chambre que nous partagions moi et ma soeur, je me plantais juste au milieu, aucun pas ni à droite ni à gauche, j'etais là les yeux enfouis dans ma chevelure touffue, je l'entrouvris d'un coup, l'eau dégoulinait sur tout le cercle créé par les rondeurs de mon parapluie fetiche, et je regardais pendant les minutes qui me restaient avant que mon père ne criait, allez tu viens, c'est l'heure! et moi qui savourais ce doux moment moi et ma pluie,moi et mon parapluie, moi et toute cette eau magique que je receptionnais au fond de mes paumes, avec mes doigts je dessinais mes couleurs matinales, les couleurs de ma pluie, mes couleurs attendries, une journée parsemée de graines de pluie et je tapotais avec mes petites bottes sur la flaque qui se formait juste sous mes pieds et la pluie qui chantonnait  au creux de l'oreille minuscule du vent ::ch ch ch ch...
j'adorais ce moment, un vrai petit bonheur, chaque matin j'etais animée par l'idée de ma rencontre avec cette pluie, c'etait mon murmure matinal à moi, mon chant de bonheur pluvial...
je regardais de ma fenetre ce matin toutes ces quantités d'eau s'affaler sur les toits des maisons, les trottoirs plus ecarlates que jamais, les ruisseaux éphemères, les feuillages plus verts; le froid dehors, la pluie, moi mon coeur tout chaud rempli, de fraicheur et d'esperance, moi mon beau temps c'est cette pluie... merci mon dieu pour cette paix interieure et ces gouttes qui éclairent les roses de mon âme...

IB.
par imanita publié dans : imanita
ajouter un commentaire commentaires (7)    créer un trackback recommander

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Blog : Occulte sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus