J'ai vacillé dans ma propre errance...
Etre quelqu'un d'autre, etre plus simple d'esprit, ne pas se heurter à vouloir donner le maximum, le meilleur de soi-meme, moi des fois je me dis imane tu crées autour de toi un monde comme qui dirait idéal, et tu t'accroches à tes reves, et oui je m'y accroche, je m'accroche à les vivre jusqu'à en perdre souffle...
Je me projette dans mon enfance à la imanita, pour retrouver mes repères, pour mieux me cerner, me voir, scruter les moindres petites failles que j'aurais pu causé inconsciemment en moi, je plonge dans mon moi, mon fond, mon tout, pour mieux clarifier la chose, la imane, oui je me chosifie comme une pâte à modeler, je me retourne, je me donne des formes, je m'enroule sur le sol, sur la table de mon enfance sur une de mes classes maternelles, je me mets de petits yeux, je me mets un petit nez que je reussis pas souvent, je me fais porter un chapeau jaune, un dessus rouge, je m'allonge le nez, je le réenlève, je perce avec le bout de mon crayon, un petit orifice, mon nez ou ma bouche? je me décide le nez en haut, la bouche en plus bas, je me plante des jambes, je me fixe des bras, des doigts alors pour ceux-là je n'y arrive pas, c'est trop compliqué, soit j'en ai trois soit rien; je m'ote les membres, je ne garde que la tete, les yeux, le chapeau, et l'écharpe autour du cou il fait tellement froid, je regarde par la petite fenètre, il doit faire chaud à l'exterieur pas besoin d'écharpe, je me pose, je m'équilibre sur le sol en bois, je me colle, je joue la figurine maline, je suis la figurine, je suis cette matière à modeler en rouge bordeau, avec mon chapeau jaune, mais qui peut se vetir de toutes les couleurs, je me parle, je m'adresse à ce bout de matière, à cette résine modelée , malléable grace à mes petits doigts,grace à mon cerveau, oui en fait le cerveau jamais, je ne pourrais le placer dans cette petite boule que je palpe, comment pourrais-je en placer un? c'est si fin, si compliqué, et le coeur, un petit coeur, je ne pourrais pas non plus, et dire que je pourrai me creer toute entière, peut etre mais ça serait uniquement l'apparence, la surface, la croute; le fond, les animations, la raison, l'amour, le courage, la peur, le bonheur, appartiendraient à et à seulement à mon fond à mon dedans, à mon ame...
Je tatonne dans le vide, je cherche mon pantin magique à modeler, je le tiens entre les mains, yeux dans les yeux, et je lui chuchote, que lui c'est peut etre moi, de dehors avec le petit sourire malicieux que je lui ai creusé dans la face, je lui rends son sourire car il faut bien sourire je lui effleure le visage du bout de mon petit doigt, je le regarde encore un petit moment, je soulève ma machine à comprendre, ma raison, mon cerveau, mon crane, ma tete, mon joli mignois, je découvre mes petits voisins de table, leurs pantins sans fil, ils les ont écrabouillés contre le bois froid, ils les ont fait voler dans le ciel à mille couleurs, quelques uns les ont meme fait voyager sur le mur adossé à leur table y laissant un rouge, un bleu, un vert en fusées, en trainées entrecoupées de vide où ils ont marqué la première lettre de leurs prénoms, des traits verticalohorizontaux sous le regard furtif de notre chère Mme Ba.., moi cette main, ma main tendue à errer sur le mur, je n'en ai aucun souvenir, le gribouillage sur papier blanc j'en ai fait, le dépassemnt des lignes sur mon gros dromadaire je dois en avoir fait, mais cette action d'inonder sur le mur de ma table les couleurs de mes feutres, mes bouts de crayon bien taillés, j'en ai pas le souvenir...
Je m'étire les sourcils, du bout des doigts encore une fois, je me cramponne à mes lettres du moment, et je me dis pourquoi vouloir etre quelqu'un d'autre, je suis imane, je suis differente peut etre, pas comme les autres peut etre...
Je signe le pied de mon pantin par une chaussure de colle sèche, je n'ai pas écrabouillé sa tete, je lui ai placé un chapeau jaune, je n'ai pas peind sur le mur, ce mur là, le mur des autres, mais sur mon mur à moi je peinds et je peindrai dorènavant toutes les formes, toutes les couleurs, tous les pantins du monde, toutes les figurines de l'espace, je me prendrai en main, je me dévoilerai sous toutes mes couleurs, toutes mes imanes et je m'inonderai de rires, de pleurs, je me modélerai sous toutes les formes, et ce jusqu'à me retrouver, me voir, me clarifier, je survivrai, je vivrai...
Avec toute mon admiration, mon estime..
A toi...
IB.
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