Naitre

Publié le par imanita

 Me noyer entre les bras de la mer.  M'evader contre le fracassement des vagues qui declenche en moi cette envie de fuir, de partir, de courir pour ne plus me rattraper.

 M'evanouir sur les sables rocailleux d'une ile desertique. Ne reconnaitre aucun trait m'appartenant. Ne vouloir exister que pour les oiseaux, que pour les mouettes, que pour les sables qui envahiront mes oreilles, mes cheveux rebelles au vent .
 
 Naitre à travers toi...

 Toi qui fais chavirer en moi les torrents de la verité.

 La verité d'un coeur noirci, d'un coeur devasté de pleurs.
 De ma tristesse, j'ai bati ma montagne de folie. J'y ai planté des graines de melancolie que j'ai arrosées de semence, celle de mes nuits d'errance.
 Jadis sous les platanes de ma vie, gisait un corbeau muet qui sermonnait  tout au long de mon insomnie. Je ne l'ecoutais guère. Je cherchais seulement à creuser dans le mur de mes pensées une fenetre de laquelle il pourrait s'enfuir, voler, quitter mon amertume et  ne plus  me retrouver, aller vers le chemin de l'oubli. Je l'ai creusé la baie de son evasion, je l'ai elargi; il s'en est allé et je suis revenue à la vie.

 Et je nais et je renais loin des cendres de l'oubli... 
 
 Mes tourments trottent sur un virage douloureux . Je me debats quand leurs cris pointent leurs epines vers la falaise. Je me rejouis quand leurs jambes s'entremelent et quand en une seconde des plus pis, épousent le neant et ne s'en défient point.

 Naitre que pour toi...

 Ma fievre continue de me reduire, je lutte. Mes decerebrations lunaires epoustouflantes m'irradient la pensée, je resiste.

 Une lumière assiège mon délire somnolent. Une couleur blanche fine reveille les fleurs de rose naissantes sous ma peau .
 L'aube berce ses pétales au grè de la nuit. Je souris.

 Naitre avec toi...



IB.


Publié dans moi

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Altaïr 19/10/2006 10:03

C'est magnifique. Dis on recrute chez nous, ça t'intéresserais? Viens nous voir !

kamal 05/10/2006 15:23

Voila Imane, merci d'avoir répondu si vite :)

Agonie
 


 

Le premier coup de hache fuse. Un morceau d’écorce s’envole. Mon sang blanc, dilué de larmes, coule abondamment.
 


 

La mort est là. Inéluctable !
 


 

Mes souvenirs, plus vivaces que jamais, se répandent à mon chevet pour veiller mon agonie.
 

 
Je revois la montagne où je suis né
 

J’entends les berceuses que le vent me chantait
 

Je retrouve les histoires extraordinaires que les oiseaux se racontaient
 

Je sens la douce caresse du vent de ma montagne
 


 

Mes racines, croyant renaître, aspirent goulûment la vie
 


 

La hache se fait hargneuse
 

Je la sens à peine
 

Mes souvenirs me serrent de toute leur force
 

Me crient : Courage !
 

Je me tiens droit.
 


 

Ce fut par un doux matin de printemps que l’on était venu me chercher. Ma mère s’accrocha à moi si fort, que l’on dut me couper les bras pour m’arracher à elle. Mes frères secouaient convulsivement leurs milliers de feuilles et la forêt, à l’infini, n’était que plainte douloureuse.  Les oiseaux s’envolèrent au loin. Jamais je ne les revis.
 


 

On me planta au milieu d’un beau jardin. On m’entoura de soins. D’attentions.
 

D’affection. On me gava, me tailla et, petit à petit, je me suis laissé vivre, refoulant au fond de mes entrailles, la nostalgie de ma blanche montagne.
 


 

Les coups se succèdent. La vie, par flots, coule de mes veines. Je vacille et m’accroche à mes souvenirs.
 


 

Je trônais au milieu du jardin. Par les chaudes journées d’été, quand le soleil pris de frénésie méchante soufflait ses flammes partout, ma nouvelle famille venait se blottir dans mon ombre. Je la serrais tout contre  moi, lui faisant rempart de mon feuillage.
 


 

La hache entame profondément ma chair. Mes souvenirs peinent à me soutenir, je me penche …
 


 

Les années se sont écoulées paisibles. J’ai aimé le petit garçon dont j’étais tout l’univers. J’ai adulé sa sœur, dont le regard azur, réveillait le souvenir de mon ciel d’enfance. Mon ombre fût leur compagnon de jeu. Mes branches leur repaire secret. Mon tronc le témoin de leurs premières amours.
 


 

Mon âme s’apprête à s’envoler vers les cieux. Tristement, le vent se lève pour mener la marche funèbre.
 


 

Un jour, la richesse est venue et toute la maison s’est transformée. On a démoli, reconstruit, repeint, réaménagé. Ma vieille mansarde est devenue une belle demeure … un palais, auquel il ne manquait qu’une piscine.
 


 

Ils sont venus me regarder tomber. Ils sourient, se sentant déjà flotter sur l’eau fraîche.
 


 

Je ne me rappelle plus de rien
 

Je m’abats.
 

Adieu !
 


 

Au moment d’exhaler mon dernier soupir, le vent se penche sur moi et souffle : « Pars en paix ! la-haut, sur la montagne, juste au milieu de tes frères, j’ai déposé une de tes graines ! ».                  

kamal 05/10/2006 14:23

Je viens de découvrir ton blog ... je l'ai survolé intrigué, puis je me suis posé, picorant ca et la quelques graines de ton âme ... je me suis adossé à un arbre pour reflechir ... et ca m'a donné envie de te raconter ceci :

Agonie
 


 

Le premier coup de hache fuse. Un morceau d’écorce s’envole. Mon sang blanc, dilué de larmes, coule abondamment.
 

La mort est là. Inéluctable !
 

Mes souvenirs, plus vivaces que jamais, se répandent à mon chevet pour veiller mon agonie.
 

Je revois la montagne où je suis né
 

J’entends les berceuses que le vent me chantait
 

Je retrouve les histoires extraordinaires que les oiseaux se racontaient
 

Je sens la douce caresse du vent de ma montagne
 


 

Mes racines, croyant renaître, aspirent goulûment la vie
 


 

La hache se fait hargneuse
 

Je la sens à peine
 

Mes souvenirs me serrent de toute leur force
 

Me crient : Courage !
 

Je me tiens droit.
 


 

Ce fut par un doux matin de printemps que l’on était venu me chercher. Ma mère s’accrocha à moi si fort, que l’on dut me couper les bras pour m’arracher à elle. Mes frères secouaient convulsivement leurs milliers de feuilles et la forêt, à l’infini, n’était que plainte douloureuse.  Les oiseaux s’envolèrent au loin. Jamais je ne les revis.
 


 

On me planta au milieu d’un beau jardin. On m’entoura de soins. D’attentions.
 

D’affection. On me gava, me tailla et, petit à petit, je me suis laissé vivre,
 

refoulant au fond de mes entrailles, la nostalgie de ma blanche montagne.
 


 

Les coups se succèdent. La vie, par flots, coule de mes veines. Je vacille et m’accroche à mes souvenirs.
 


 

Je trônais au milieu du jardin. Par les chaudes journées d’été, quand le soleil pris de frénésie méchante soufflait ses flammes partout, ma nouvelle famille venait se blottir dans mon ombre. Je la serrais tout contre  moi, lui faisant rempart de mon feuillage.
 


 

La hache entame profondément ma chair. Mes souvenirs peinent à me soutenir, je me penche …
 


 

Les années se sont écoulées paisibles. J’ai aimé le petit garçon dont j’étais
 

tout l’univers. J’ai adulé sa sœur, dont le regard azur, réveillait le souvenir
 

de mon ciel d’enfance. Mon ombre fût leur compagnon de jeu. Mes branches leur repaire secret. Mon tronc le témoin de leurs premières amours.
 


 

Mon âme s’apprête à s’envoler vers les cieux. Tristement, le vent se lève pour mener la marche funèbre.
 


 

Un jour, la richesse est venue et toute la maison s’est transformée. On a
 

démoli, reconstruit, repeint, réaménagé. Ma vieille mansarde est devenue une belle demeure … un palais, auquel il ne manquait qu’une piscine.
 


 

Ils sont venus me regarder tomber. Ils sourient, se sentant déjà flotter sur
 

l’eau fraîche.
 


 

Je ne me rappelle plus de rien
 

Je m’abats.
 

Adieu !
 


 

Au moment d’exhaler mon dernier soupir, le vent se penche sur moi et souffle : « Pars en paix ! la-haut, sur la montagne, juste au milieu de tes frères, j’ai déposé une de tes graines ! ».
 

3az3ouza 04/10/2006 16:10

Profond et limpide!
Je dirais volontier que je connais ce "Toi".. Ce "Toi" que je ne cesse de vivre et de rêver dans l'espoir de le voir un jour.. Ce "Toi" qui te suit et que malheureuse que je suis, je le fuis par moments.. Ce "Toi" fabuleux, fantastique, mythique comme diraient les grecs mais qui est bien réél.
Quelle extase est d'avoir la chance de le rencontrer ne serait ce qu'à un coin du parcours, à un tournant de la vie; Car après cela, rien n'égalera la vue de ce "Toi", rien ne valera plus que par ce "Toi".
 Je te félicite imanita d'avoir chassé le corbeau: tu es courageuse :)

imanita 27/09/2006 16:48

Amine  Des moments il faut bien naitre  à travers soi d'abord et avant tout sinon on est rien on vagabonde dans la vie demuni de tout sens,  et des fois des forces de la nature nous donnent cet elan de vie incroyable , le plus juste serait de s'y accrocher et d'avancer . j'ai fait un tour chez toi c'est grandiose  toutes mes amitiès :)Larbi et dire que toi tu trouves toujours les mots :) il le fallait la naissance n'est ce pas l'ami ? rosana La nature nous joue des tours des fois , il faut s'y adapter :)Karim à chaque fois  j'ai l'impression que ton passage laisse une note de joie dans les airs , merci :)Hamza merci à toi :)Mazagan c'est de la sagesse que je perçois en te lisant , ça me fait vraiment plaisir :)Majid non tu ne te trompes pas, mais c'est la vie que veux tu, on prend des raffales des fois mais on doit bien continuer :)Simoss allah ybark fik :)B2  Il y a des sourires comme ça qui viennent vous rappeler à la vie et que vous etiez dans les cendres et que là la vie reprend , merci:)Le mythe je confirme l'artiste, pour te reprendre :)