Jawhara

Publié le par imanita

 Les toits blancs s'etendaient le long de sa vue. Les draps étalés le long des murailles. Les tapis  s'ensoleillaient sur les terrasses des voisins, elle amassait son regard plein de nostalgie, son coeur était resté flottant sur la baie de Tanger, sa maman, ses soeurs et ses petits frères.
 Ses seize printemps à peine entamés, khnata devait épouser la chaleur de cette ville où son destin l'avait mené tout comme elle devait épouser le mode de vie redondant de sa belle famille.
 Elle inspirait. Tanger traversait ses narines.Tanger qui avait fait d'elle l'enfant, la belle.Tanger l'intrenationale. Tanger la bourgeoisie, les machines à laver, les fers à repasser, les shampoings, les savons, la farine blanche, le riz italien.
 Khnata se rememorait  les sejours dans la maison familiale, les grandes receptions, la porcelaine, l'argentrie, le raffinement des ornements.

 Khnata la Tangeroise. La guerre eclatait, les vivres et les munitions se faisaient rares à fes. Les telegrammes fusaient de partout, les morceaux noirs de savon affranchissaient les vetements de leurs poussières, khnata continuait à frotter. Dada Mrzaka etait là pour approuver l'eclat blanc des etoffes qu'elle dressait sur le fin fil d'acier supendu. Les marmites dont les contenus mijotaient répandaient des odeurs qui faisaient fremir le plus insensible des palais. Les repas familiaux reunissaient le petit monde comme le grand monde. Son premier enfant naissait à Fes. Dans ses veines Tanger se deferlait. Tanger la clamait. Son mari mutait, elle regagnait sa ville natale,  retrouvait son enfance dorée entre les vents de l'atlantique et la mediterannée. Le joyau de la famille comme son père adorait l'apeller venait de preter à la vie son second bébé Jawhara.

 Jawhara comme son prenom le predisait, etait la jolie pierre animée de la maison. La fillette rayonnait, la blancheur de sa peau, le chatain de ses cheveux, les traits fins de son visage berçaient la beauté qu'elle allait etre. Insouciante elle s'abritait sous le ciel bleu, le soleil egayait ses années, les vents de Tanger polissaient la douceur de son mignois.
 Amal son futur mari la cherissait, en prenait soin telle une rose qui se preparait à eclore.

 Amal et Jawhara " trbouch" et sa "chachya", l'éclosion  de la fleur. Le parfum du bonheur. Un amour sans faille. La fusion de deux ames.

 Jawhara inspire, marque une pause, une larme fend sur sa joue. Son cou penché vers la fenetre, ouverte sur le jardin, caline son bonheur enfoui dans la verdure des arbres qu'elle comtemple.

 Amal la dorlottait comme il dorlottait leurs deux enfants. Après le dejeuner, partait à son bureau, retournait à la maison, faisait signe à sa dulcinée puis reprenait chemin, à peine arrivé, il telephonait pour entendre un brin de sa voix. Les sorties, les voyages, les fetes, la tendresse. Les regards admirateurs des voisins du joli couple qui se paufinait .
  Un matin pas comme les autres pour feter leurs dix années de bonheur intense,  avec son air malicieux Jawhara essayait de deviner son cadeau, son mari lui insinuait que le lendemain elle verrait. Le lendemain ne venait point Amal s'est envolé à dieu. Jawhara sombrait dans un coma profond. Elle venait d'empieter la passerelle entre son bonheur et son malheur .
 
 Jawhara se tait, me regarde tendrement puis poursuit.

 L'amour de sa vie a quité le bas monde, veuve à vingt huit ans, deux bébés, deux années en déni, deux années de deuil puis elle comprenait que Amal etait vraiment parti .
  Akram un ami qui affectuait particulièrement le couple a su reprendre les blessures de Jawhara les soignait comme il pouvait, adoptait ses enfants et racontait assis près de Jawhara comment il avait été admirateur du couple et du défunt et avouait oh combien il etait heureux que le bon dieu lui envoyait un cadeau du ciel aussi énorme; Il continuait sa phrase et j'entrevoyais l'émotion remonter en ce bel homme au coeur tendre et au visage serein .

  Jawhara la blessure à l'ame, parcourait ses souvenirs et me dit: "Amal a mis au monde les enfants de Akram. Et moi mon coeur bascule toujours entre les deux hommes de ma vie et j'en remercie dieu " .

Jawhara plonge  ses yeux dans ceux d'Akram. Le sourire sur les deux visages. La vie dessinée au fond de leurs mémoires. 
Que dieu est bon, me disent -ils. Que dieu est clément.

IB.

Publié dans Histoires d'ailleurs

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rosana 06/06/2006 12:57

tu sais mon histoire à moi est reelle aussi ..
je parle bien d'une jawhara qui s'appelle autrement mais elle n'abitait  ni tanger ni fes .
 

imanita 06/06/2006 12:35

 Rosana C'est une histoire reelle que j'ai puisée à la source , chez l'heroine elle meme  j'ai ommis de mentionner que j'ai juste modfier les prenoms

rosana 06/06/2006 10:26

Tu parles là de la JAWHARA de said chraibi ou la JAWHARA de MAMOU ?
Je l'ai comparée à une autre histoire reelle .

imanita 06/06/2006 03:45

Almaknassi  salut l'ami  bonheur à toi :)Rosana tu as un peu mal compris akram est toujours avec jawhara  il fallait pas te distraire vers la fin  :) Sanaa c'est le point le plus etonnant non il se connaisaient pas mais ils etaient voisins Akram l'a voyait lui par contre mais elle ne l'a jamais aperçu tellement elle etait amoureuse de son mari Amal  la vie est toute bizarre :) tatiti :)

taititi 05/06/2006 18:11