La buée

Publié le par imanita

 Le soleil emplit le ciel, étend ses ailes vers les nuages, les câline les emporte loin de mes yeux. Le bleu qui penche au dessus de ma tête me dilate les neurones. Mes muscles se relâchent, leur crispation s'est concentrée en une buée énorme qui embrasse les vitres de la maison hantée de mes délires.

 J'emboîte le pas. Je claque la porte. Derrière moi les bruits
sont camouflés. La fumée du tabac. Le vacarme. La musique tordue. Les regards errants. Les visages apathiques. Le chagrin. Le collier luisant fait de fausses perles.

 A m'anéantir j'en ai usé. De tristesse je me suis longtemps assaillie. A regarder ces hommes et ces femmes se perdre et moi qui m'attablais juste à coté d'eux. N'en étais-je pas la compagne? N'étais-je pas leur semblable?

 Je parcourais l'air enfumé. Je maintenais ma veste entre mes deux avant bras comme pour maintenir mon cerveau bien droit. Je buvais mon eau. Ma soif de vie se faisait de plus en plus grande. Ma sœur en face. Une discussion qui tournait autour de rien ou enfin c'etait moi qui, vacillée, n'écoutais rien.
 Je buvais mon eau à hydrater les plus rêches des peaux de ma cellule.

 Un temps s'etait passé.

 Je me levais, me dirigeais calmement vers la porte vitrée.
 La buée s'accumulait et arrachait les dernières particules de ma sueur. Mes écorchures devaient coller à la paroi. Les grains les plus sablonneux de mes requêtes maléfiques s'envolaient. Je me débarrassais de mes égratignures. Mes fissures ont pris des heures à se stabiliser. Ma buée les embaumait, les palissait. Elle comblait les espaces vidées par l'écoulement de mon sang sur la baie de mes tourments. J'en tremblotais. Mes cheveux tenus par un tour de tissu blanc ou bleuté, je n'en suis plus consciente. Mon regard volait au delà de mon corps. Des scènes trop lumineuses.
 Des bras fragiles m'ont dorloté quand le brouillard se faisait immense et qu'il ne me désolait pas plus qu'il ne m'envoûtait. 

 Quand... et quand les mots se brisaient. Quand mes mouvements se mourraient...

  Un vertige me prend, me berce, je le pousse vers la falaise de l'oubli, je le traite en l'esclave de mes phrases qui en cabrioles étourdissaient le bon sens à mon existence...

  J'enfonce la poignée de ma buée. Je balance mes pieds un peu dans le vide. Une marche m'accueille puis une seconde. Délicatement en une seule enjambée, j'épouse le sol, la terre ferme.
 Je respire profondément. Je me retourne. La grande vitre qui me sépare de cet endroit clos m'apprend toute la différence.
 Ma buée continue à affranchir les quelques corps qui sont à l’intérieur et moi de là où je suis, je respire l'air pur, égayant cette soirée.
 Une lumière bleue tamise les plus endurcies parcelles de mon désespoir. Une presque lune étale ses joues sur le ciel.
 Il est vingt trois heures et pourtant une lueur comme celle qui se lie à l'aube,
à l'aurore, se faufile entre les arbres humains que nous formons sur la place...

 La paix se livre à la vie et je continue .

IB.

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imanita 04/06/2006 04:18

rosana j'ai claqué la porte mais en silence et discretement :)Robin des blogs ahlane et puis j'ai pas bien saisi :)taititi toi tu adores faire les choses doublement :)iacer merci de finir  ça me donne du souffle pour continuer j'y etais à la teuf mais je prefere les endroits ouverts sinon j'etouffe :)Almaknassi  alors toi c'est le coup de coeur de ce blog et plein d'autres blogs j'adore tes passages et surtout ta vivacité d'esprit tbarkllah ou slla 3la nabi :)pour toutes les info tu dois m'expliquer encore un peu plus :)alors pour la troupe on la montera probabelment un jour dejà que là il ya les ébauches qui commencnet à prendre place ;-)Larbi toujours du soleil rayonnant au dessus de  ta tete qd tu passes par là merci l'ami :)Oussama et Hamida hola mr ouss j'aime bien qd tu te detache sun peu de hamida il faut bien que tu respires un  peu :)A toutes les ames qui voltigent au dessus de l' ile merci de me tenir compagnie :)Amitiès

Almaknassi 29/05/2006 21:40

(suite)
Il y a un ou deux ans ils ont inauguré à Fèz(aussi à Rabat et Casa;je pense)ce qu'ils appellent "l'espace santé jeune".C'est une sorte de maison de jeune,animée par les jeunes eux même(théatre,work-shop,ateliers débat..) mais tous les thèmes sont autour des questions médicales.Par ailleurs je ne sais pas si tu connais Elizabeth Steifert que je te propose vivement de lire;c'est une romancière qui puise tous les histoires de ses romans du monde de l'hôpital(rumeurs,ragouts,événements qui concernent les medecins,les chirurgiens,les infirmiers,les auxiliaires les malades etc..)le tout dans un style très simple est très attrayant .Ses romans sont en édition de livre de pôche Marabout.En voyant tes écrit je me dis que tu peux faire de même(roman,nouvelle,pièce de théatre)ou carément des billets pour ton blog!!
Ceci dit,je ne vais pas te râter le jour de ton jugement!!Parole d'un marda :)        ;)

Almaknassi 29/05/2006 21:27

Oui Imanita,ta proposition chez Ayoub concernant une troupe théatrale ambulante est très intéréssante surtout en monde rurale.Seulement quand je vois les difficultées que rencontrent les troupes amateurs sédentaires ici à Méknès pour monter une pièce,je me pose beaucoup de questions sur la faisabilité de la chose!!Néanmoins ça mérite méditation et beaucoup de réflexions.J'avoue aussi que je suis un grand bavard mais en tant que comédien,je ne vaut pas un clou!!!Je te passe aussi une info si ça peut servir:

Ouss et Hamida 27/05/2006 02:49

J adore la photo (pas de rapport avec le Tsunami ! rassures moi)
Bon weekend.  Salam

Larbi 27/05/2006 00:43

O soleil d'Imanita... pourquoi tu n'es pas venu avant  :)
O lumieres dans la nuit (parce qu'il fait nuit ici) , O lumieres errantes que vous êtes belles! bougez pas.