Les colombes roses

Publié le par imanita

Une virée au coeur de la ville par cette soirée sans nom, les lumières des phares éblouissaient les yeux des mouettes endormies sur les toits de nos pensées vagabondantes, des pentes trempées de pluie qui s'était filtrée depuis deux jours sur le port de l'oubli, un vent qui sillonnait nos chevelures noires...
Un bruit amplifié par le cri de nos ames qui emplissait la voute grondante de cette immensité qui s'offrait à nous...

Les vagues qui venaient effleurer nos etres, la presque lune, la douce montagne, la femme rebelle qui empoisonnait la chair des derniers ivrognes qui traversaient ses ruelles encore illuminées par des lampadaires abrutis par les mots des quelques etres qui s'aggripaient encore à la vie...

Un silence, un morceau de pizza arraché à la hate des fourneaux, une fosse à la recherche d'une existence déjà loin dans la pénombre, des hommes creusaient et d'autres comtemplaient l'oeuvre par cette nuit endolorie...

Nous étions soudain loin, le flôt de la vie nous rabattait les ailes, nous marchions d'un pas volant...nous nous cherchons, nous nous perdons...la colombe blanche était bizarrement deux colombes roses soudées l'une à l'autre...

Nous continuons la montée de la pente ardue, nos coeurs ruinés par la vie en soupçonnaient la naissance d'une autre...

Nous entrons dans la foule, une banquette, des gens, des femmes, des hommes, de la fumée de tabac, de la musique qui ne m'atteind pas, mes yeux virvoltaient dans cette crispation collective, des bras qui s'élancent, des chevelures incommodes qui frisent le brouillard des cerveaux endormis, une fusion dans ma tete d'images entrecoupées de deserts, d'une terre infertile, de soif, de sécheresse, d'une froideur chaude des sens, des rires déchirés, des rires qui brisent le miroir de ces vies, une absence, des absences, un désordre dense...
Un brouillard d'idées m'envahit, je palpe l'oubli, je palpe le divan sur lequel je suis assise, le rouge brique des murs de cette salle sombre me rejette au fleuve chaleureux d'une vie que j'espère tant mais qui là s'embrouille dans le froisssement des corps, de ces silouhettes démarrant leur danse de nuit, de ces corps démunis de vie, des fils suspendus de leurs tetes à pas plus loin que le plafond de cette grotte qui les abrutit...
Aucune vie...
 Je ne sentais que du brouillard, des yeux en face, des yeux à coté, des yeux partout, mais aucune perception, mes sens étaient gelés, j'étais loin, mon bonheur était loin, mon bonheur est plus clair, mon bonheur est plus serein, mon bonheur est plus fluide, mon bonheur est un lac de fraicheur, une musique qui anime mon etre, une couleur qui danse, un parfum qui dessine mon sourire, une pluie qui adoucit la mélodie de la vie en moi...je cherche les yeux de mon ami, on se lève, on court, on remonte les marches, une  sortie, une ouverture, une vie qui s'offre à nous une lumière dans nos coeurs, la lune est là pour nous acceuillir...

 Les deux colombes étaient là pour nous dicter nos chemins, nous le suivons, nous continuons notre marche, je reposais ma tete sur le coeur de mon ami, et j'écoutais la vie, j'écoutais les premières notes d'une musique qui puise son chant dans les parcelles de cette pluie...le ruisseau est né, le ciel nous ouvre ses bras, les anges de leurs lumières s'approchent...les mots sont loins, les maux sont loins... l'eau est là, la pluie est là, elle m'héberge dans son ame, elle enrobe d'un fin fuselage amoureux nos deux coeurs, la pluie est ma reine, la pluie est ma compagne de bonheur...

On s'en va, la vie est là, les colombes percent de leurs gorges la fleur du bonheur...
L'eau se voit creer des ailes dans le coeur de l'océan, le vol de l'océan illumine la danse de nos coeurs ...
Le vol de nos deux vies a repris...
Les deux colombes ont décollé, il était temps, il était le bon temps, sans meme se regarder, elles franchissent le ciel pluvieux, elles s'envolent...

IB.

Publié dans Histoires d'ailleurs

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sima 07/03/2006 23:15

j'ai adoré ton blog, je trouve qu'il est bien :-)

frero amine 04/03/2006 20:55

Claquent les mains, intonnent les tonerres, raisonnent mes prières... la colombe rose retrouve sa lumière...
l'ami berce le souhait... l'ami fait le voeu.. dorés soient ses jours paisibles ses nuits...
soit: blues d'un jour... bonheur pour toujours

Maryam 03/03/2006 12:08

Très beau texte :)
http://blogdemaryam.canalblog.com/

imanita 28/02/2006 12:50

CrucivoreTout l'honneur est à moi , votre personne m'épate , votre esprit rayonne , merci pour cette énergie que vous transmettez :-)

crucivore 27/02/2006 22:28

Très bel espace Imanita.Surtout que le bleu rempli de paroles roses est d'un très bel effet. Heureux de t'avoir connu.Mais Malheureux d'avoir été placé si loin.