Shell...

Publié le par imanita

 La plage se vidait,le lagon se repentissait,l'espace sablonneux s'étendait, les empreintes des palmes pédieuses creusaient la joue du vent et y traçaient le passage d'une vie, de multiformes et multicolores vies sur le rivage, seule l'odeur des miettes rocheuses hydratées à longueur de journée énivrait mon odorat, et  amadouait  mon chagrin mourrant, sous le voile de mes lunettes grisonnant, je marchais le long de la file humaine se faisant des moins denses à cette heure ci sur la baie, mes pieds enfoncés dans la terre fraiche, mouillée par le va et vient des dernières vaguelettes, le silence de ce coucher de soleil, le déclin de cette journée peu commune, dans ma tete je ne ressassais plus ma vie comme je l'ai toujours fait, je m'en abstenais, je marchais en me dandinant sur  les grains amoncelés de ce sable bruni par le flux lumineux qui se rarifiait, mes yeux à même le sol, je cherchais mes favoris, les plus ronds, les mieux dessinés ou ceux à courbures plus prononcées, les plus miniscules  étaient mes preferés, voir la finesse avec laquelle ils épousaient l'empreinte de l'eau, s'accostaient les uns aux autres, je m'agenouillais, je les prenais dans ma main, les caressais d'un geste ondulant,les retournais, découvrais leurs creux où quelques brindilles se nichaient, mon petit auriculaire en chassait quelques unes, je les enfonçais dans la vaguelette qui effleurait mes pieds et remarquais la vivacité de leurs couleurs sous la lumière aquatique, cet eau, illuminant l'écorce filamenteuse de cette fine coquille, je la mis dans mon bac à sable en guise de fourre  mollusques-épaves";
 je  me relevais, remarchais un bon moment, seul le silence animait ma marche solitaire, mon regard se portait loin vers toute l'étendue du lagon qui naissait entre ces deux pics montagneux, de ce point, des vagues se reduisaient à mes pieds à de douces vaguelettes toutes timides qui embaumaient mes chevilles et je me revoyais cherchant cette fois ci, des plus imposants, des saints-jaques, des insignifiants, des oreilles aquatiques, des mémoires océaniques -je dirai- puisque  en elles le souffle du vent, le murmure de l'eau salée y prenaient refuge; mes coquillages à plein les mains, le sable plein les pieds, le rouge écarlate de ce soleil penchant m'attendrissait, une paix interieure naissait, le lieu dissipait en moi mes peurs, me rendait l'âme plus légere, plus sereine, l'esprit plus libre
, l'humeur plus aquatique, je m'assois une seconde ou deux, la vérité un peu plus, contempler cette vie, mes coquillages sur le sol, mes jambes croisés, un yoga aquatique je m'inventais, et cette vie qui s'écoulait, la mienne, en-etais je la reine, en fait j'en ai qu'une seule, et puis je me demande pourquoi je veux tellement m'imposer cette errance encore une fois?; toute la journée ensoleillée ne m'importait pas, mes sens etaient comme flétris par cette longueur d'ondes solaires, le seul moment de la journée qui me ravivait c'est bien celui là où je retrouvais mon calme interieure loin de la foule, face à seule cette nature tendre qui m'apprivoisait et savait m'éblouir avec tous ces joyaux offerts; moi ma vie je l'assimilerai à cette fin de journée paisible c'est là où je vis où je me vois respirer tranquilement, le reste du temps je ne fais que me cherchais, je ne nais qu'une fois la journée se lassant de ses mouvements anarchiques et livrant cours à cet étincelant calin nychtemeral...
 je livrais mes secrets à mes coquillages, les couvrais d'eau dans leur modeste habitacle, y rajoutais une poignée de sable qui prenait place au fond bien au fond gravité opérant, à travers le demi litre d'eau claire qui scintillait sous la lumière enjoliveuse de cette heure, j'enfonçais le regard, découvrais le reflet de celui-ci sur ces quelques molécules liquides, je me surprenais, je me regardais et je revoyais ces deux yeux que je reconnaissais, cette petite tete, cette petite fille aux cheveux noirs qui souriait à cette image au fond du bac à sable, transformé en bac à coquillages...et je me disais que le meilleur que je pourrais admirer en moi même serait de ne puiser que dans les bacs paisibles et tendres, que telle cette petite fille, je ne marcherais qu'au rythme de ce soleil attendrissant et je n'écouterai que la musique de mes coquillages calinants...
A toi...
IB.                         



Publié dans imanita

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imanita 04/01/2006 12:20

Zhor * ça fait plaisir de vous compter parmi nous.merci.

Zhor 26/12/2005 14:25

Bonjour Imanita, contempler la mer est un délice généralement réserver aux grands hommes qui savourent la splendeur de l'océan, pour alterner un moent de bonheur solitaire avec les obligations communes. Je trouve que ça doit se limiter à ça et éviter à ce que ça devient un échapatoir, il n'ya pas pire!
Vous décrivez avec une certaine aisance. Continuez à nous faire rêver, je suis partante.

imanita 10/12/2005 14:51

simo* la chaine de l'amitiè ne se brise pas entre personnes sensibles.
à vous tous qui passez me voir, merci

imanita 10/12/2005 14:48

samir * oui depuis le temps qu'on se connait, au moins une bonne quinzaine d'année , toi non plus tu n'as pas trop changé ;-)

simo 09/12/2005 15:21

chaque fois que j'entre dans ce blog ,les mots me trahissent , mes idées se perdent et deviennent flou ! J’admire ce que vous faites ! J’admire la beauté dégagées de vos mot ! et je me dis que l'internet est la plus belle des inventions humaines ! Cet outil qui me permet de lire une telle beauté.je résumerai tout mes coms pour toi à partir de celui la par : "Ecrit nous un livre ! ta vocation est d'écrire "