Griffure

Publié le par imanita

L'errance me surprend, elle s'incruste en moi à petit feu, je la sens venir, s'approcher, nonchalante,s'immerger dans mes pensées, farfouiller, tenter encore une fois de me surpasser, se vanter de ses capacités à me reduire, à me convertir à sa danse accablante, m'indisposer de tous mes moyens de justifications, me démunir de mes forces de resistances, me ligoter la raison et moi je me laisse submerger par ses tractions pour un bout de temps, nageant dans le brouillard de mes fusions neuronales, larguée à mes contenances morales ou immorales, je ne palpe plus la difference, je suis transportée loin, loin de mon corps, loin de mes sens, aucune opposition, ni prise de position, livréé à mes doutes et à mes démons, je récapitule  en vain mes modes intransigeants d'emploi, de transferts de mon energie engloutie, mon corps dans mon esprit se reduit à l'image d'un tas anarchique de chair mélé à un souffle qui jaillit, je respire, j'inspire la douleur, la blessure, de mon âme jaillit la brulure, de mes torrents de larmes rejaillit le cyclone du mal, je me sens si faible à ce moment, si chetive, aucune plainte ne s'exteriorise, aucun cri ne se formule, j'etouffe, je m'etouffe, ou plutot on m'ettoufe, je suis dans l'air gris et bleu de  mon etre, je plonge dans l'ocean tumultueux, je ne vois de mes yeux que la couleur de l'ombre que je reflète sur la brume de mon ocean, je suis recroquevillée, les tenebres au-dessus de ma tete, je me détache, de mon moi, j'ai la tete entre les bras, cernés par des draps de larmes de torpeur, vidée de tous mes organes vitaux, où seul mon cerveau perçoit encore le battemnt d'une vie, une lueur, une lumière se fait creuse dans mon corps replié, aucune reflexion ne se compose, la seule conscience que j'ai c'est cette lumière, cette onde photonique  qui m'anime encore , je me confesse, j'en oublie par la meme seconde mes sermons, je m'oublie, je m'ingurgite, je me plie et me replie, je me surprends, moi et mon corps, je m'enfouis au fond de moi, pour ne retrouver encore une fois que ce moi, je garde les yeux fermés, je ne peux affronter le brouillard  de mon coeur, je peux me contenir, je peux me recontenir, je me fais et me défais, je me dessine,je m'efface et me redessine, je tente d'inspirer, je me coupe l'inspiration, je me fatigue, je suis molle, je suis perdue dans le souffle incohérent de mes inspirations forcées et entrecoupées, ...sournois est ce bruit au fond de moi, je me débats, je m'engloutis à nouveau, je m'envole, je me replante sur les trainées de mon brouillard, je ne me comprends pas,  je ne me reconnais pas, j'ai honte, j'ai mal, j'ai peur, j'ai tort, je m'envoie à mes souvenirs de jadis, je me revois dans le present, je me tutoie pour voir si c'est bien moi, mes bras sur mes genous, la tete enfouie dans le flocon soûl de mon esprit je me recontiens, me retiens d'un pleur immense...et pourtant je me saccade d'un mouvement larmoyeux vivace, je me tortille, je me crispe, je me frustre et je saisis mon oreiller, je l'accable de ma douleur, je m'enfonce la tete dedans, il me serre, me dorlotte et je déverse encore mes larmes en lui, muet, il accueille mon visage à nouveau, me débarasse de mon eau encore une fois, mes yeux toujours clos, je m'endors, mon oreiller me porte calinement, l'inconcsience m'emporte et je dors mon corps plié, ma douleur en moi repliée ...
je me surprends, je m'envole de longues minutes, je me console, je me pose sur la toiture griffée de ma vie, écorchée de mon existance, et je me reconvertis ...

IB.

Publié dans imanita

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imanita 04/12/2005 16:35

sebba, merci pour ta fleur,j'espère que ce sera l'unité du souvenir pour nous tous;
Houssam, pour te repondre je suis passée par une période délicate et mon chagrin je suis entrain de l'amadouer, pour mieux vivre ou plus simple vivre..

houssam 04/12/2005 12:44

waw,trés dur cet état d'âme où tu te met, un monde sombre fait de mélancolie et de douleurs,les seuls flammes de chandelles qui jusqu'au là eluminaient cette piéce close se sont éteinds par ce fleau de larmes,j'aurais aimé être quelqu'un de sensible et te repondre dans le cadre de l'hypocrisie sociale en te disant que j'approuve ta douleur mais helas je vais te repondre par la voix de la raison comme quelqu'un de realiste: "qu'est ce qui mérite tout ce chagrin ???"

sebba 02/12/2005 22:11

À toi poétesse
…ma sœur pense à la douleur…..CB

Tes maux, déchirures internes me touchent et boivent l’ivresse de ton corps meurtri à l’étreinte de l’oreiller amie….
pourquoi la souffrance habite-t-elle notre univers ?
Elle nous hante pour que demain les larmes de bonheur soient l’unité du souvenir.

(Je voudrais t’envoyer une photo de fleur pareille à la fragilité de tes écrits, mais comment faire ?)
sebba

imanita 02/12/2005 14:14

merci à vous , qui passe par là et qui me lisez.
bsima je me reconvertis à mon moi..
simohamed, tu sais tout..
larbi , l'elegance d'entretenir ma souffrance ça oui je suis à la limite du masochisme je crois
ninine tu rejoints larbi
selma puisque j'adore les lunettes de soleil..

selma 02/12/2005 12:58

salut Imanita... permet moi stp de rediriger tes visiteurs vers mon blog pour y decouvrir une grande promotion de lunettes Solaires et Optiques. merci ;)