mon île

Vendredi 23 décembre 2005
Toutes les minutes sous le silence de la nuit et le noir du voile suspendu de mes yeux, le crépitement de la pluie sous le sol gazonneux du jardin, du sol goudronneux de la rue, ma raison flanchait, se miroitait sur son divan preféré celui de mon divaguement somnolent, je me tortillais sous les couvertures, feignais d'approcher le silence de mon corps, mais rien, les battements de mon coeur étaient perceptibles sous le poids du silence de ma nuit, je me retournais, ramenais ma main sur mon visage, de la sueur nocturne moi qui ne suais pas normalement -chose que j'ai jamais compris je devenais à tout effort une tomate mais pas d'eau sur ma peau c'est que je n'en bois pas assez- je repassais ma main pour diffuser l'air sur mes joues, pour rafraichir mon ame endolorie par tous ces maux...
j'ai passé la soirée à revoir ma vie passée, à gribouiller sur un sort qui m'avait été destiné, le pourquoi de la chose m'etait aussi intangible que le toucher du ciel par l'humain, pourquoi avais je vécu ce que j'ai vécu, j'ai rien choisi ou plutot j'ai dit oui à un moment où peut etre il ne fallait pas, là je me dis il ne fallait pas, mais comment aurais je pu deviner ces méandres, comment allais je comprendre que j'entrais en pacte avec la mauvaise foi, je me blame de m'etre repentis à ma douleur, je me blame de m'etre laisser abattue par ma blessure, mes sens de femme épanouie etaient amorcés par une plaie, la plaie de mon ame, j'etais meurtrie par ces attouchements, ces gesticulations farouches, incensées, déplacées, je me noyais dans le vase clos de mes pensées, je me promenais en vagabonde cerebrale, pourquoi ? pourquoi des milliers de pourquoi sonnent à la porte de ma raison...aucune réponse ne se fait ouir, sinon que le cheminement des choses dans ma tete prend du temps... crier sur la terrasse de mon coeur que j'étais accablée par le mal, que la frustration était sorcière de mon moi, comment aurais je pu crier? ... je n'en avais pas la force, crier etait pur moi chavirer dans le non sens, assomer mes reves d'un coup dur, oui là maintenent je me dis que j'aurai dû assomer tous mes reves à ce moment là, les abattre d'un coup dur sur le champs, mais sur le lieu de mon vagabondage je n'avais pas la force, décerebrée j'etais,hébetée, je devais ouvrir les yeux, me mettre en confiance chose que je perdais chaque minute chaque jour qui passait, je me démolissais interieuremment, je m'essoufflais à vouloir m'accrocher à un mirage, la sentence etait là entre mes champs visuels, je l'auscultais en moi mais n'arrivais pas à palper son dégoulinement sur mon etre, ça m'envahissait comme le brouillard sur une plage toute neuve d'un matin grisatre, sous le brouillard on pouvait deviner la beauté de la chose mais la peur, le souci, l'angoisse imposés par ce brouillard creaient la confusion de l'esprit, le soleil devait certainement se lever, la mer probablement se "bleuter", le sable l'effleurer, les parasols s'y planter pour le bien de tout corps avide de fraicheur estival...mais non le brouillard refusait de retirer ces rideaux, ce fut mon brouillard... le brouillard de mes pensées, le brouillard hebergeant ma raison.. le sens de ma survie passait indéniablement par instaurer une limite entre moi et ce brouillard, je devais trouver l'energie pour le dissiper, pour dégager ma vue, pour ressortir ma mer, mon soleil, ma plage, mon rivage, planter mes parasols, étendre mes hamacs, étaler mes serviettes, laisser les gens me découvrir, les acceuillir à bras grands ouverts, les inviter à partager cette nouvelle ère...là avec toute l'energie que j'ai puisé en moi je me suis libérée, mon brouillard je l'ai dissipé, la vie reprend, je renais après avoir été meurtrie dans ma chair et dans mon ame, ma douleur a saigné, j'ai saigné, j'ai pleuré amérement mes secondes d'oubli esclave de mon obstination, je souriais quand j'avais le plus mal, je souriais face à mes amis, à mes parents, à ces gens dans la rue, à mes cousines, je souriais à toute personne confrontée dans ce beau monde, je leur souriais alors que je devais crier, je leur souriais alors que j'étais martyrisée au plus profond de mon ame par la douleur, mes entrailles se morfondaient alors que je plantais un sourire, je me voulais forte, je me voulais la jeune fille-femme que j'etais dans mes reves, je pensais me prolonger dans l'espace qui se presentait à moi comme jai toujours été....
Que des raisonnementts farfelus...
claustrophobe je suis devenue, une gene repiratoire me prend en ce moment..toute cette misère remonte en moi, ma gorge se noue... je me lève, j'ouvre la fenetre, trop de lumière je tire le rideau, mes yeux sont affaiblis, mes pieds dans mes nouvelles pantoufles rouges plongés, j'inspire... je me reprends...ma mère en a souffert de mon silence, mon père aussi, tous les gens qui me cherissent se sont posés la question, pourquoi le silence... à vous tous je dis c'etait pas un silence, c'est pas que je n'ai pas confiance en vous c'est que le silence etait mon silence et pour la première fois de ma vie je devais decider une chose aussi importante, je devais trouver moi et moi seule l'issue, le bon dieu a voulu que je passe par ça ...pourquoi? je sais pas lui seul a la clé du pourquoi... tout ce que je sais c'est que pour mes prières je l'implorais pour me venir en aide,le temps passait je m'en souciais certes, mais j'étais prete à affronter mon instinct de survie jusquau bout...je souriais alors que devant mon miroir je m'effondrais....le silence...le tourbillon d'un milliard de pensées par seconde, je me délabrais, je me fracassais...le silence...sous le chant lyrique de sami yussuf je m'évadais, je me suis noyée une minute après mon silence dans cette musique, mon petit frère criait mon prenom pendant un bon quart d'heure j'étais pas là, la dimension de l'oubli me surprenait, je lui ouvris la porte, dans les bras de mon petit frère agé de moins de dix bonnes années que moi, dans ses bras je trouvais le réconfort, je pleurais, je vidais mon silence sur lui, il me tapotait dans le dos lui qui était le plus jeune, lui à qui j'ai donné des bains quand il était bébé des fois que maman me le demandait, lui il avait été là pour moi, il s'accablait de ma douleur, il me comprenait, il me signifait je suis là imane, c'est fini, tout est fini....et c'était fini...

mes larmes ne s'estompent plus, je pleure, je me vide, je me suis vidée, j'ai tourné la page, je me suis vue dans le miroir de notre salle de bain moi et mes soeurs et mon petit frère...
je revis grace à vous tous sans citer chacun de vos noms, je vous adore tous et merci de m'avoir écouté quand je versais les larmes de ma souffrance sur vous, c'etait pénible pour moi de raconter l'histoire et c'etait seulement en la racontant que je comprenais que c'etait bel et bien mon histoire à moi...

c'est du passé le silence s'est évanoui...
mes rires ont repris...
mes reves ont ressurgit...
je vous aime tous et surtout je m'aime...
Il pleut...le teléphone sonne...l'ame de la cousine s'est envolée à dieu....
la douleur ...la vie...

De passage... tu m'as dit ...
De passage ...je le dis..
De passage...on s'est dit....le temps arrangera les choses...merci.

IB.
par imanita publié dans : moi
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Lundi 19 décembre 2005
Encore une fois je vais m'armer de tout mon courage, je ferme les yeux et je fonce vers ce qui m'attends, à l'heure où je suis dans cet état je ne pose plus aucune question, les faits sont établis, quelque soit l'issue de cet essai "vival" , je suis là résignée à surmonter tout dans cette vie...
je me demande des fois d'où est ce que je tire ce fil qui me permet de ne pas m'écrouler sur le sol de ma raison; des fois j'ai l'impression quand je passe par ces moments là de vouloir courir, courir pour arriver à un lieu où je ne reconnaitrai plus rien, où mon consient serait absent et je m'inflige: figures toi que ce serait ne plus combattre, baisser les bras, se retirer méprisablement de la vie, et je refuse  de céder à cette lacheté et puis je me dis non imane la vie est comme ça faîte, bats toi, ne serait ce que pour participer à cet immense théatre de l'humanité...
des fois je suis si faible que je prefere dormir et me noyer dans l'oubli...
pourquoi vouloir participer, dans quel but ? et si je me laissais flotter, qui s'en souciera ? je n'importe presque à personne, je ne vois pas l'utilité de mes chavirements...
une humidifaction ophtalmique me prend, je la banis; il n'y a plus lieu à ces ébranlements dramaturgiques, tu es là, tu as un corps, un esprit, un coeur, bats toi, avec cette énergie en toi, ton chemin est peut etre sinueux, la simplicité n'appartient à personne; c'est ton chemin, arbores le comme tu peux, ramènes ta bandoulière, ton talisman, ramènes tes passions et bats toi...
je dénoue cette chose en moi, je respire...

IB.

par imanita publié dans : moi
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Vendredi 16 décembre 2005
En me jettant, sur le divan imaginaire de ma raison, des pensées en moi coulent à flot, je me parle et me reparle incessamment, j'essaye de dérober un sens à ces coulis de vie en moi..
Je joints mon silence qui me tire des mes vehémences ensoleillées, il me dicte la couleur, le parfum de la chose, me laisse voler par moment sous le ciel immense de mes persistances analytiques, me laisse ouvir les demeures de mon coeur, fletri, jadis...
 Ce silence marque mon chemin par apposition de pierres, de pavés sur le sol du jardin, je pose pied sur la première chose solide perçue par mon pied, je m'envoute dans la maison enchantée, l'image de la maisonnette entourée d'herbes folles me revient, j'avance encore plus, scrutant la terre ,sous le fremissement des feuilles d'automne, je découvre ces végétations radieusement entremélées, sur ce fond de jardin, la pluie, l'odeur de cette argile m'enivre les sens, mon silence me tire encore vers ce splendide chêne où l'image d'un samedi après midi calme en compagnie de mes cousins savait en profiter, où nous nous agrippions tour à tour sur ces branches, escaladant la terrasse et nous balançant dans les airs, nos cris à en couper le souffle à nos mères papotant autour d'une verre de thè à la menthe...
L'image des momes que nous étions s'impose à mon silence, courant partout, dans la grande maison familiale, la voix de ma grand-mère criant de partout, et nous tous qui étouffions nos rires sous ses paroles roulées; quelques minutes à peine le plus frivole d'entre nous marquait les règles du jeu, nous allons faire une salade! criait-il et dieu seul savait comment on preparait nos salades, toues les fleurs dont mon grand père prenait le plus grand soin durant toute la semaine devenaient des tetes de radis, les marguerites, en choux-fleurs, des roses, en tomates des herbes que les plus grosses mains savaient arracher su sol, le gazon etait comme brouté par nos pieds, nos passages ces samedis après midi etaient un ébluissemnt pour nos grands parents mais aussi une nuisance manifeste à la flore délicatemnt richissime de la belle maison "grand-parentale"..
Pourquoi mon silence me ramène-t-il vres ces journées, sans doute que là y figurait la source de ma vie, le départ de mon moi, mon silence m'y pousse encore, je me defends c'est pas le moment, viendra le temps imane, viendra le temps, et j'aquiesse, certainement il viendra le temps...
Je me retire délicatement de ma souche reveuse, et je me rends à l'evidence de rectifier: c'etait pas un chêne, c'etait un arbre à framboises blanches, comment aurais je pu le nommer, nous en dégustions comme des érudis, avec nos salades comestibles uniquement pour les fourmis, non meme pas, ah tiens ces fourmis, de vraies histoires avec les fourmis, j'en garde encore l'odeur, et ma question favorite est de demander à ma soeur : dis M..  tu connais l'odeur des fourmis? generalement, elle me sourit et me répond toujours la meme chose mais imane je sais pas, c'est quoi une odeur de fourmis? je n'ai pas de réponse, ma question semble dénuée de sens, mais peut etre que c'est moi seule qui a en mémoire cette odeur acre mi-bois mi-terre quand l'une d'elles venait à s'ecraser par un un mécanisme que j'ignore sur ma jambe je la portais entre mes doigts, l'observais une petite minute, la déposais entre les feuillages et reniflais juste sur mes mains cette senteur ...
Mon silence me tire encore vers ce chateau fort batit par ce bataillon de fourmis, à l'entrée de l'angle que formalt les deux bassins emplis d'eau qui servait à arroser l'immense jardin, je m'assayais à meme la terre et penchais ma tete vers ce petit trou par où rentrait et sortait toute la monarchie fourmilère, je ne lachais pas un détail de ce theatre  qui s'offrait à mes yeux, elles couraient de partout, il m'arrivait meme de leur placer un drole d'insecte trouvé dans les parages à l'entrée de leur abri, et m'invitais dès lors à etre leur convive géante, à l'entrée elles en profitaient, s'accaparaient des vestiges de la creature déposée et arrivaient à mon plus grand étonnement à la décortiquer et juste quelques secondes après la masse insectiforme se voyait à l'interieur du chateau fort dont je ne pouvais voir que le grand portail....
Le silence me tire de nouveau...

Et encore une fois je me chuchote: le temps viendra, le temps viendra, c'est la seule constante à laquelle je peux me fier...et je remémorise l'odeur de la fourmi...
Toujours à toi...

IB.
par imanita publié dans : imanita
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Samedi 10 décembre 2005
J'ai vacillé dans ma propre errance...
Etre quelqu'un d'autre, etre plus simple d'esprit, ne pas se heurter à vouloir donner le maximum, le meilleur de soi-meme, moi des fois je me dis imane tu crées autour de toi un monde comme qui dirait idéal, et tu t'accroches à tes reves, et oui je m'y accroche, je m'accroche à les vivre jusqu'à en perdre souffle...
Je me projette dans mon enfance à la imanita, pour retrouver mes repères, pour mieux me cerner, me voir, scruter les moindres petites failles que j'aurais pu causé inconsciemment en moi, je plonge dans mon moi, mon fond, mon tout, pour mieux clarifier la chose, la imane, oui je me chosifie comme une pâte à modeler, je me retourne, je me donne des formes, je m'enroule sur le sol, sur la table de mon enfance sur une de mes classes maternelles, je me mets de petits yeux, je me mets un petit nez que je reussis pas souvent, je me fais porter un chapeau jaune, un dessus rouge, je m'allonge le nez, je le réenlève, je perce avec le bout de mon crayon, un petit orifice, mon nez ou ma bouche?  je me décide le nez en haut, la bouche en plus bas, je me plante des jambes, je me fixe des bras, des doigts alors pour ceux-là je n'y arrive pas, c'est trop compliqué, soit j'en ai trois soit rien; je m'ote les membres, je ne garde que la tete, les yeux, le chapeau, et l'écharpe autour du cou il fait tellement froid, je regarde par la petite fenètre, il doit faire chaud à l'exterieur pas besoin d'écharpe, je me pose, je m'équilibre sur le sol en bois, je me colle, je joue la figurine maline, je suis la figurine, je suis cette matière à modeler en rouge bordeau, avec mon chapeau jaune, mais qui peut se vetir de toutes les couleurs, je me parle, je m'adresse à ce bout de matière, à cette résine modelée , malléable grace à mes petits doigts,grace à mon cerveau, oui en fait le cerveau jamais, je ne pourrais le placer dans cette petite boule que je palpe, comment pourrais-je en placer un? c'est si fin, si compliqué, et le coeur, un petit coeur, je ne pourrais pas non plus, et dire que je pourrai me creer toute entière, peut etre mais ça serait uniquement l'apparence, la surface, la croute; le fond, les animations, la raison, l'amour, le courage, la peur, le bonheur, appartiendraient à et à seulement à mon fond à mon dedans, à mon ame...
Je tatonne dans le vide, je cherche mon pantin magique à modeler, je le tiens entre les mains, yeux dans les yeux, et je lui chuchote, que lui c'est peut etre moi, de dehors avec le petit sourire malicieux que je lui ai creusé dans la face, je lui rends son sourire car il faut bien sourire je lui effleure le visage du bout de mon petit doigt, je le regarde encore un petit moment, je soulève ma machine à comprendre, ma raison, mon cerveau, mon crane, ma tete, mon joli mignois, je découvre mes petits voisins de table, leurs pantins sans fil, ils les ont écrabouillés contre le bois froid, ils les ont fait voler dans le ciel à mille couleurs, quelques uns les ont meme fait voyager sur le mur adossé à leur table y laissant un rouge, un bleu, un vert en fusées, en trainées entrecoupées de vide où ils ont marqué la première lettre de leurs prénoms, des traits verticalohorizontaux sous le regard furtif de notre chère Mme Ba.., moi cette main, ma main tendue à errer sur le mur, je n'en ai aucun souvenir, le gribouillage sur papier blanc j'en ai fait, le dépassemnt des lignes sur mon gros dromadaire je dois en avoir fait, mais cette action d'inonder sur le mur de ma table les couleurs de mes feutres, mes bouts de crayon bien taillés, j'en ai pas le souvenir...

Je m'étire les sourcils, du bout des doigts encore une fois, je me cramponne à mes lettres du moment, et je me dis pourquoi vouloir etre quelqu'un d'autre, je suis imane, je suis differente peut etre, pas comme les autres peut etre...
Je signe le pied de mon pantin par une chaussure de colle sèche, je n'ai pas écrabouillé sa tete, je lui ai placé un chapeau jaune, je n'ai pas peind sur le mur, ce mur là, le mur des autres, mais sur mon mur à moi je peinds et je peindrai dorènavant toutes les formes, toutes les couleurs, tous les pantins du monde, toutes les figurines de l'espace, je me prendrai en main, je me dévoilerai sous toutes mes couleurs,  toutes mes imanes et je m'inonderai  de rires, de pleurs, je me modélerai sous toutes les formes, et ce jusqu'à me retrouver, me voir, me clarifier, je survivrai, je vivrai...
Avec toute mon admiration, mon estime..
A toi...

IB.
par imanita publié dans : imanita
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Dimanche 4 décembre 2005
 La plage se vidait,le lagon se repentissait,l'espace sablonneux s'étendait, les empreintes des palmes pédieuses creusaient la joue du vent et y traçaient le passage d'une vie, de multiformes et multicolores vies sur le rivage, seule l'odeur des miettes rocheuses hydratées à longueur de journée énivrait mon odorat, et  amadouait  mon chagrin mourrant, sous le voile de mes lunettes grisonnant, je marchais le long de la file humaine se faisant des moins denses à cette heure ci sur la baie, mes pieds enfoncés dans la terre fraiche, mouillée par le va et vient des dernières vaguelettes, le silence de ce coucher de soleil, le déclin de cette journée peu commune, dans ma tete je ne ressassais plus ma vie comme je l'ai toujours fait, je m'en abstenais, je marchais en me dandinant sur  les grains amoncelés de ce sable bruni par le flux lumineux qui se rarifiait, mes yeux à même le sol, je cherchais mes favoris, les plus ronds, les mieux dessinés ou ceux à courbures plus prononcées, les plus miniscules  étaient mes preferés, voir la finesse avec laquelle ils épousaient l'empreinte de l'eau, s'accostaient les uns aux autres, je m'agenouillais, je les prenais dans ma main, les caressais d'un geste ondulant,les retournais, découvrais leurs creux où quelques brindilles se nichaient, mon petit auriculaire en chassait quelques unes, je les enfonçais dans la vaguelette qui effleurait mes pieds et remarquais la vivacité de leurs couleurs sous la lumière aquatique, cet eau, illuminant l'écorce filamenteuse de cette fine coquille, je la mis dans mon bac à sable en guise de fourre  mollusques-épaves";
 je  me relevais, remarchais un bon moment, seul le silence animait ma marche solitaire, mon regard se portait loin vers toute l'étendue du lagon qui naissait entre ces deux pics montagneux, de ce point, des vagues se reduisaient à mes pieds à de douces vaguelettes toutes timides qui embaumaient mes chevilles et je me revoyais cherchant cette fois ci, des plus imposants, des saints-jaques, des insignifiants, des oreilles aquatiques, des mémoires océaniques -je dirai- puisque  en elles le souffle du vent, le murmure de l'eau salée y prenaient refuge; mes coquillages à plein les mains, le sable plein les pieds, le rouge écarlate de ce soleil penchant m'attendrissait, une paix interieure naissait, le lieu dissipait en moi mes peurs, me rendait l'âme plus légere, plus sereine, l'esprit plus libre
, l'humeur plus aquatique, je m'assois une seconde ou deux, la vérité un peu plus, contempler cette vie, mes coquillages sur le sol, mes jambes croisés, un yoga aquatique je m'inventais, et cette vie qui s'écoulait, la mienne, en-etais je la reine, en fait j'en ai qu'une seule, et puis je me demande pourquoi je veux tellement m'imposer cette errance encore une fois?; toute la journée ensoleillée ne m'importait pas, mes sens etaient comme flétris par cette longueur d'ondes solaires, le seul moment de la journée qui me ravivait c'est bien celui là où je retrouvais mon calme interieure loin de la foule, face à seule cette nature tendre qui m'apprivoisait et savait m'éblouir avec tous ces joyaux offerts; moi ma vie je l'assimilerai à cette fin de journée paisible c'est là où je vis où je me vois respirer tranquilement, le reste du temps je ne fais que me cherchais, je ne nais qu'une fois la journée se lassant de ses mouvements anarchiques et livrant cours à cet étincelant calin nychtemeral...
 je livrais mes secrets à mes coquillages, les couvrais d'eau dans leur modeste habitacle, y rajoutais une poignée de sable qui prenait place au fond bien au fond gravité opérant, à travers le demi litre d'eau claire qui scintillait sous la lumière enjoliveuse de cette heure, j'enfonçais le regard, découvrais le reflet de celui-ci sur ces quelques molécules liquides, je me surprenais, je me regardais et je revoyais ces deux yeux que je reconnaissais, cette petite tete, cette petite fille aux cheveux noirs qui souriait à cette image au fond du bac à sable, transformé en bac à coquillages...et je me disais que le meilleur que je pourrais admirer en moi même serait de ne puiser que dans les bacs paisibles et tendres, que telle cette petite fille, je ne marcherais qu'au rythme de ce soleil attendrissant et je n'écouterai que la musique de mes coquillages calinants...
A toi...
IB.                         



par imanita publié dans : imanita
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Vendredi 18 novembre 2005
L'errance me surprend, elle s'incruste en moi à petit feu, je la sens venir, s'approcher, nonchalante,s'immerger dans mes pensées, farfouiller, tenter encore une fois de me surpasser, se vanter de ses capacités à me reduire, à me convertir à sa danse accablante, m'indisposer de tous mes moyens de justifications, me démunir de mes forces de resistances, me ligoter la raison et moi je me laisse submerger par ses tractions pour un bout de temps, nageant dans le brouillard de mes fusions neuronales, larguée à mes contenances morales ou immorales, je ne palpe plus la difference, je suis transportée loin, loin de mon corps, loin de mes sens, aucune opposition, ni prise de position, livréé à mes doutes et à mes démons, je récapitule  en vain mes modes intransigeants d'emploi, de transferts de mon energie engloutie, mon corps dans mon esprit se reduit à l'image d'un tas anarchique de chair mélé à un souffle qui jaillit, je respire, j'inspire la douleur, la blessure, de mon âme jaillit la brulure, de mes torrents de larmes rejaillit le cyclone du mal, je me sens si faible à ce moment, si chetive, aucune plainte ne s'exteriorise, aucun cri ne se formule, j'etouffe, je m'etouffe, ou plutot on m'ettoufe, je suis dans l'air gris et bleu de  mon etre, je plonge dans l'ocean tumultueux, je ne vois de mes yeux que la couleur de l'ombre que je reflète sur la brume de mon ocean, je suis recroquevillée, les tenebres au-dessus de ma tete, je me détache, de mon moi, j'ai la tete entre les bras, cernés par des draps de larmes de torpeur, vidée de tous mes organes vitaux, où seul mon cerveau perçoit encore le battemnt d'une vie, une lueur, une lumière se fait creuse dans mon corps replié, aucune reflexion ne se compose, la seule conscience que j'ai c'est cette lumière, cette onde photonique  qui m'anime encore , je me confesse, j'en oublie par la meme seconde mes sermons, je m'oublie, je m'ingurgite, je me plie et me replie, je me surprends, moi et mon corps, je m'enfouis au fond de moi, pour ne retrouver encore une fois que ce moi, je garde les yeux fermés, je ne peux affronter le brouillard  de mon coeur, je peux me contenir, je peux me recontenir, je me fais et me défais, je me dessine,je m'efface et me redessine, je tente d'inspirer, je me coupe l'inspiration, je me fatigue, je suis molle, je suis perdue dans le souffle incohérent de mes inspirations forcées et entrecoupées, ...sournois est ce bruit au fond de moi, je me débats, je m'engloutis à nouveau, je m'envole, je me replante sur les trainées de mon brouillard, je ne me comprends pas,  je ne me reconnais pas, j'ai honte, j'ai mal, j'ai peur, j'ai tort, je m'envoie à mes souvenirs de jadis, je me revois dans le present, je me tutoie pour voir si c'est bien moi, mes bras sur mes genous, la tete enfouie dans le flocon soûl de mon esprit je me recontiens, me retiens d'un pleur immense...et pourtant je me saccade d'un mouvement larmoyeux vivace, je me tortille, je me crispe, je me frustre et je saisis mon oreiller, je l'accable de ma douleur, je m'enfonce la tete dedans, il me serre, me dorlotte et je déverse encore mes larmes en lui, muet, il accueille mon visage à nouveau, me débarasse de mon eau encore une fois, mes yeux toujours clos, je m'endors, mon oreiller me porte calinement, l'inconcsience m'emporte et je dors mon corps plié, ma douleur en moi repliée ...
je me surprends, je m'envole de longues minutes, je me console, je me pose sur la toiture griffée de ma vie, écorchée de mon existance, et je me reconvertis ...

IB.
par imanita publié dans : imanita
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Lundi 14 novembre 2005
Avec ma jupe écossaise, et mon petit pull bleu nuit j'enfilais hâtivement mon blouson, rebondissais les vingt et quelques marches qui me separaient du jardin, sous le volet tout là-haut à peine entrouvert de la fenetre de la chambre que nous partagions moi et ma soeur, je me plantais juste au milieu, aucun pas ni à droite ni à gauche, j'etais là les yeux enfouis dans ma chevelure touffue, je l'entrouvris d'un coup, l'eau dégoulinait sur tout le cercle créé par les rondeurs de mon parapluie fetiche, et je regardais pendant les minutes qui me restaient avant que mon père ne criait, allez tu viens, c'est l'heure! et moi qui savourais ce doux moment moi et ma pluie,moi et mon parapluie, moi et toute cette eau magique que je receptionnais au fond de mes paumes, avec mes doigts je dessinais mes couleurs matinales, les couleurs de ma pluie, mes couleurs attendries, une journée parsemée de graines de pluie et je tapotais avec mes petites bottes sur la flaque qui se formait juste sous mes pieds et la pluie qui chantonnait  au creux de l'oreille minuscule du vent ::ch ch ch ch...
j'adorais ce moment, un vrai petit bonheur, chaque matin j'etais animée par l'idée de ma rencontre avec cette pluie, c'etait mon murmure matinal à moi, mon chant de bonheur pluvial...
je regardais de ma fenetre ce matin toutes ces quantités d'eau s'affaler sur les toits des maisons, les trottoirs plus ecarlates que jamais, les ruisseaux éphemères, les feuillages plus verts; le froid dehors, la pluie, moi mon coeur tout chaud rempli, de fraicheur et d'esperance, moi mon beau temps c'est cette pluie... merci mon dieu pour cette paix interieure et ces gouttes qui éclairent les roses de mon âme...

IB.
par imanita publié dans : imanita
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Jeudi 10 novembre 2005
je salue en toi la fillette que j'etais, je salue en toi mes rêves que tu n'as pas su comprendre, mes souvenirs que tu n'as pu entreprendre, je salue en toi l'âme que je t'ai offerte et que tu n'as pas su garder, je t'ai aimé de toutes mes forces à un moment où je rêvais encore d'amour où tous mes désirs étaient en suspension où je n'attendais que toi pour déverser mes envies, mes rires, mes folies, je n'attendais que toi pour briser le silence vieux comme le monde de mon coeur, je t'avais élu prince, prince de mon coeur, prince de mon âme, prince de ma vie, la fillette que j'etais se livrait au prince, elle coulait comme l'eau dans la rivière, cette eau qui trouvait en la rivière son lit et toi qu'en as-tu fais de cette vie que je t'avais offerte? tu criais,tu n'en voulais pas, ou plutot tu ne savais pas, moi je savais, j'etais là resignée pour toi, tu m'as offensée avec tes mots, mes larmes coulaient comme les torrents, et je pleure encore, et sur mes joues mes larmes choisissent leurs routes, tellement elles ont coulé,tellement elles cherchaient un endroit où se rassembler, j'ai supporté,je me suis usée, j'ai persisté, je me suis entetée, j'ai bani toutes les lois sur terre, j'ai imploré dieu, le seul de cet univers,j'ai crié,je me suis déchirée le coeur, la peau,le visage; je me suis torturée,je me suis tu pour toi,je me suis plainte au tout puissant, j'ai pris mon silence pour compagnon lors de mes prières,de mes pleurs,de mes souffrances, de mes chagrins immenses, de mes tristesses à se morphondre, je m'accrochais à la vie par peur que la mort ne m'emporte, entre la vie et la mort, mon âme vacillait, certes ce n'est pas à moi de décider, la chose est entre les mains de dieu, mon dieu qu'aurais-je pu faire, qu'aurais je pu dire? il voulait pas de cette vie, il savait pas, il doutait, il croyait, il cachait, il faisait semblant, il montait son théatre à lui seul, il était seul spectateur de ses pièces, moi j'étais tantôt son actrice, tantôt sa scenariste, tantôt lui, tantôt  sa spectatrice, tantôt le fantôme de sa pièce, tantôt sa compagne, qu'il repoussait tant, tantôt son rêve, tantôt son destin mal affranchi, tant de rôles à m'octroyer, tant de rôles à vouloir figurer, tant de personnages à tenter, à jouer; et au final aucun ne me correspondait, aucun ne m'allait, tu errais dans ta tête, tu tentais de me faire errer, j'étais prise dans tes filets, toutes ces pièces théatrales pourquoi? pourquoi ne t'es-tu pas seulement demandé: et qu'est ce qu'elle voulait elle? pourquoi ne m'as tu pas donné le choix, aurais-je étais capricieuse à ce point ? j'aurai bien choisi un rôle qui me convenait, j'aurai bien creé un rôle qui m'allait, qui épousait mon cerveau à moi, ma tete à moi, mon corps à moi, mes paroles à moi, mes mains à moi, mes pieds à moi, mon âme à moi et pas à toi, pourquoi as-tu opté pour le silence, alors que tu me savais faible, alors que tu voyais en moi ma fragilité;
je t'ai offert mes reves, tu les as pourris, je t'ai offert ma vie-maintenant je te dis: une tranche de ma vie- et qu'en as tu fait? et bien assourdie, comme si la vie résonnait, oui elle résonne la vie, moi la mienne tu l'as abrutie, tu l'as abattue comme on peut abattre une mouche sans un cri sans le moindre bruit, la mouche c'est une mouche, elle n'a pas de droit à revendiquer, et d'ailleurs elle sert à quoi, à rien à première vue, elle ne fait que propager infections, maladies, pourritures et bien ma vie tu l'as abattue comme si c'etait cette mouche pourrie...

Aujourd'hui je te dis haut et fort, je le clame de toute la hauteur de mon corps, ma vie c'est le bon dieu qui la donne, c'est le bon dieu qui l'ôte, mais en attendant, mon bon dieu me la donne encore, ma vie est mienne, je reprends ma vie, même celle que je t'ai donnée je la reprends, mes rêves que tu n'as pas su comprendre je les reprends, mes rêves dont l'usage t'est si absent je les reprends, je recupère mes rires, je recupère mes sourires, je recupère tous mes instants perdus à te pleurer, je recupère toutes le sueurs que j'ai épprouvées à vouloir te garder, je recupère tous mes mots, tous mes sentiments puisque ce sont les miens et que pour toi ils sont uniquement miens, je t'ai aimé comme toute honnête personne pouvait aimer, tu n'en a pas voulu de cet amour et bien je récupère tout, je garde mes moments de folies à moi, je recupère mes biens, je ne récupère pas le temps qui s'est écoulé entre te donner et reprendre mais je tacherai de savoir donner cette fois-ci, si le bon dieu veut, mais je ferai tout pour savoir surtout à qui les donner, car après tout qu'ai-je à donner? sinon mes sentiments, mes sourires, mes rires, mes fou-rires, mes plaisirs, mes désirs, mes rêves, mes amours ...
je tourne la page, elle n'est pas vide mais je suis en phase de "tournage"...

IB.
par imanita publié dans : moi
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Mercredi 9 novembre 2005
Dans un tapage incessant, venant troubler ce beau milieu de la vie nocturne, quelle heure etait-il? etais-je réveillée ou en plein somme? je ne saurai trancher, seul le bruit causé par l'effritement de la porcelaine était perceptible, dans ce neant de couleurs, sa silouhette relevait fort probablment de l'irréel, dans l'etat atypique où j'etais je ne pouvais me dire que c'est de la fiction, elle se faufilait dans ma chambre, se dirigeait vers moi, et moi,ma paralysie parlante, je n'etais aucunèment maitresse de mes mouvements, elle s'approchait encore plus de moi, je sentais sa presence, je luttais pour ouvrir mes yeux, et je reluttais pour enfreindre sa vision, je veux pas, je ne peux pas la voir, un etat de conscience subluminale surgissait en moi, j'etais comme étirée de la tête au pieds, un éclair me rafraichissait l'esprit: je devais trouver les mots, mes mots, ces mots qu'on repete au fond de nous dans un etat de peur intense, mais à cet instant là ces memes mots ne se formulaient pas, les plus petits versets ne venaient pas, la plus petite phrase du coran ne trouvait issue, mes affluences nerveuses etaient comme gelées par un mécanisme surnaturel, je me tortillais, je dégoulinais, je me versais sur le flanc gauche ou droit, je savais plus, allez! meme si je savais que ça devait être le droit, seule la position en decubitus lateral gauche m'etait possible, je fredonnais mes mots qui petit à petit se frayaient chemin, mes yeux toujours clos, un laps de temps après mes sens reprenaient vie, l'horloge devait avoir franchi quelques longues minutes, je lachais prise, je sobrais à nouveau dans un sommeil profond;
à ce moment ma vision s'est volatilisée, évaporée,où ? je ne veux pas le savoir elle doit avoir rejoint sa dimension à elle, sa dimension naturelle...
En me reveillant, je me resignais à l'idée qu'entre ces deux mondes, la passerelle qui pourrait creer la contiguité serait nos cauchemars,à nous pauvres creatures diurnes.

IB.
par imanita publié dans : imanita
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Dimanche 30 octobre 2005
Entre toutes les grandes bâtisses, gisait le vieux terrain recouvert de nombreuses herbes folles, comme j'aurais dit si j'avais encore dix ans; les plantes anarchiques, les arbustes, les fruits de hazard de toutes les graines transportées par le vent avaient élu cet endroit comme le leur, l'avaient apprivoisé comme si c'etait leur terre nouricière; les herbes  s'amoncelaient  toutes et dominaient la place centrale comme pour exprimer leur droit à la vie malgrè tout et tout le monde, elles s'agrippaient les unes aux autres, elles se cramponnaient à la moindre petite branche, s'effleuraient sans contrainte sous le soleil, sous le vent sous la pluie, peu importe le climat, peu importe les ténébres les ouragans, arc en ciel ou brise matinale rien ne faisait la difference, ces herbes etaient là, y persistaient et se cramponnaient à la vie comme pouvait se cramponner cette âme solitaire, oubliée, rejetée par ses semblables, chatiée, injuriée, cette lamentable créature jumelle de ces herbes, soeur dans l'âme et dans le coeur de ces herbes folles avec leurs épines et leurs racines enfouies au ras du sol, elle s'abritait sous ces murailles végétales, en avait fait ses copines, en avait fait ces voisins de  nuit, ses amis dans son ennui, ses compagnies dans son oubli dans sa solitude, dans son errance et son agonie; toutes ses veilleées nocturnes,
elles étaient là pour elle, elles étaient à l'ecoute de ses souffrances, elle leurs avaient raconté sa vie de gamine jusqu'à celle d'aujourd'hui, elle leurs avaient conté sa petite enfance en famille, ses parents, sa mère, son père, toute sa fratrie, les paisibles moments qu'elle avait dû partager dans sa modeste maison, son premier jour d'école,ses petits camarades, son adolescence animée par ses nouvelles connaissances, ses rêves à quatorze ans, ses émotions, ses joies et son insouciance, ses états d'euphorie qu'elle partageait avec ses cousines et les filletes de la ruelle voisine;

tout ce beau monde, elle a dû s'en séparer petit à petit pour rejoindre la terre des grands, le monde des adultes avec ses peurs et ses craintes, elle abandonnait en elle la douce fillette pour se métamorphoser en femme adulte; à un tournant de sa vie,  terrifiée par l'inconnu, la conscience lui échappa, elle dû virer, prendre un autre chemin semé d'embuches, tortueux, un labyrinthe vivant, cultivant ses sinuosités parmi ces herbes, ces brins de folie ...
Un matin comme les autres, après une nuit lamentablement passée entre les sujets de sa rebelle compagie, elle se reveilla aux sons de déchirement de ses amies, sous ses haillons, elle devinait que le feu avait pris lieu, il s'emparait de ses babioles imaginaires, de ses lustres qu'elle avait soigneusement caché sous son oreiller de paille, elle ramassait, empilait sa garde robe magique, essayait de sauver le maximum de ses jolies tenues, ne pensant à rien, elle croyait que c'était encore le destin, que le feu n'était que l'élément qui devait suivre le vent, elle relevait la tête pour deviner que ce grand feu qui prenait d'assaut toute sa demeure était le prix qu'elle devait payer à ce beau monsieur qui avait donner l'ordre d'en mettre là où terrée, la pauvre créature "Nora" avait bâti son monde, l'avait adopté et caliné comme une mère pouvait caliner son enfant, l'unique, le polyhandicapé, le morveux, le retardé mental, le bercer de toute son âme car il etait sien et elle etait  là tout simplement pour ses peines ..
Nora a perdu son furtif abri, on a mis feu à sa demeure, quelques pas, une dizaine de mètre plus loin elle s'accroche de nouveau aux débris qui s'entêtent, aux herbes échapées au feu, un bonhomme à l'allure chetive lui jette des cailloux et des gros pour qu'elle s'en aille, je sens en moi une rage monter dans la fumée du feu envahissant le ciel comme pouvaient l'envahir les cris de nora ...
 je crie de toutes mes forces pour que le bonhomme s'arrête, Nora me vit du balcon de ma bâtisse, elle me supplie, elle a bien vu, elle a bien senti que dans mon coeur je porterai toujours son cri à elle en moi, toute cette injustice, tout le rejet de tous ses semblables, elle a eu une vie tourmentée, elle sombre dans la folie et tous ces autres que font-ils ? ils s'ennuient de la voir périr, ils s'ennuient de sa présence, ils s'ennuient et mettent feu à l'abri d'une créature qui aurait très bien pu mener une autre vie, une autre existence, une existence meilleure,une existence plus calme, plus sereine, peut-être aurait-elle pu être la leur,... la mienne,... la même,...
peut être...

A celle dont j'entends encore les cris...
A Nora...

IB.
par imanita publié dans : Histoires d'ailleurs
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