j'éteignais la lumière, je m'enfonçais le tete sous mes couvertures, j'allais dormir je me disais, je commandais à mon releveur superieur de clore mes yeux, je ramais dans mon sommeil sur le lac embrouillé de mes pensées, je glissais sur la barque menée par mon cerveau au delà du puit farfelu de mes déraisonnements, de mes bras, dans un mouvement cyclique je guidais ma raison, je flanais dans les parages, je m'inclinais face au vent, je ramais en oubliant les limites de mes forces, je tirais l'eau vers moi, toute l'eau venait à moi m'éclaboussait le visage, je continuais ma course contre le temps, et qu'était il ce temps sauf insignifiant, lourd, exaspérant ma survie...
je ramais sans me planter sur aucune baie de reflexion, et pourquoi reflechir? je n'avais qu'à ramer, seule au fond de ma barque, je prenais plaisir à m'outrepasser et à me surpasser quelle en serait la difference? je m'en moque des mots, je me moque de tout, je me moque de moi, du temps, de ma raison, de mon coeur, de mon corps, de tout mon etre, je ne suis que quelqu'un qui rame, qui rame, et qui rame encore ne finissant pas de ramer à l'infini dans sa tete...
arrivée à nulle part, ou plutot arrivée à la porte de l'oubli, cet oubli qui me tue, qui m'arrache de mon sommeil, mon lac est loin, je suis loin, je suis peinée par cette vie que je ne saisis guèrre, je suis affaiblie par cette vie, qui ne me dicte pas ses logiques, si logique il y a, je divague, le champs de blé de mes pensées renait, je résiste, pourquoi encore un champs de blé? je suis confuse, je suis lasse, je suis presque rien dans cet état second, je ne me reconnais plus, je ferme les yeux, un vertige surprenant m'emporte, les murs de ma chambre que je ne discerne point se déplacent brutalement, mes yeux s'enroulent sur eux meme, je les équarquille de peur de sombrer dans l'oubli, l'oubli de mon etre, une peur m'engloutit, le vertige jusque là m'était inconnu, il me prit, il me fit pivoter l'esprit d'un angle très ample, mon estomac se tordait... que faire, que devais-je faire, me livrer? oui me livrer, je n'ai plus la force, je suis lasse, je suis un corps blotti dans l'espace de sa peur, l'angoisse encore, mon dieu, pourquoi doit-elle surgir à chaque fois en moi, me retirer de mes reves et m'enrober encore et encore, je ne peux rien faire, je suis entre les mains de dieu, et en dieu je garde foi, je ne suis qu'un corps laché à la vie, le lac me fait peur, les bords de ma barque grandissent, m'etouffent, je suis réduite à quoi? je suis imane, j'en ai le souvenir et le seul d'ailleurs; la rationnalité je m'en moque, toutes les théories du monde atterissent le long du chemin de mes pensées, aucune valeur n'est sure, tout est délire, tout est mensonge, toute est diffamation, je suis rude par moment, je suis souple par un autre, les mots se répétent, les mots reprennent, les mots se déchainent, à quoi servent tous ces mots?...
je n'en sais rien, le lac m'engloutit, j'etouffe, je ne me plains plus je m'abondonne à ma dérision, j'essaye de me mettre en position yoga encore une fois, je n'ai plus la force, je suis néant ...
un éclair de vivacité tente de me dissuader de mon existence, je ne comprends rien, je ne comprends plus, et d'ailleurs est ce qu'un jour j'ai compris quelque chose aussi simple soit elle, mon dieu si j'avais été...quoi que veux tu etre? tu es imane tu es ce que tu es, tu vaux ce que tu vaux, tu héberges les trapézistes neuronaux les plus éhontés, les plus déséquilibrés sur terre que veux-tu réaliser des prouesses aériennes plus déstabilsantes que celles que tu as vécues?
je me file dans l'espace, ma petite soeur formule des gestes dans les airs, je suis ces mouvements, mon corps n'est qu'un automate tiré par des fils imanginaires, je me déambule, mes mains enchainent une danse, mes jambes s'entremelent, ma figurine me renvoit à ces poupées russes que j'aimais tant étant petite, le rouge de leurs coloris m'englobe, je suis les fluides de mon corps, je transporte mon énérgie dans les airs, je fais des tours sur moi meme, je m'abrutis l'esprit, je respire, je m'envole, j'atteris, par terre sur le champs de blé, je m'envoute dans mon lac, je garde les yeux grands ouverts, mon cerveau a tiré l'alarme cette nuit, j'ai compris mais l'alarme contre quoi finalement ?
sous l'appel à la prière, je me livrais à mon sommeil dans l'inconscience, je ne pensais à rien, je me léverai ce matin je ferai mes ablutions et je prierai le tout puissant...
le lac, le champs de blè, les poupées russes, ma danse dans l'espace clos de mes pensées, ma respiration, ma peur, mon vertige, mes yeux qui roulent, mon coeur qui ne m'appartient plus,mon pyjama, le matin, le soleil, le quelque vert qui persiste, la vie...
IB.
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