mon île

Vendredi 10 février 2006

Sous la ruée des pigeons, mon toit reste silencieux, écoutant la symphonie jouée par leurs danses...
 La pluie m'enroule sous sa soutane...
Je m'en vais suspendue au cristal de mon nuage...
 J'ai les yeux rêveurs...
A deux, dans de fines accolades, ils entamment leurs marches...
 Le pas embobiné de justesse, un cercle, puis deux, puis des croissants lumineux, le reflet sur le brun de mon iris...
Un feutre bleuté, tiré de leurs plumages, tantot en avant, tantot de coté...
 Le bal...
 D'un petit trois pattes, l'un enjoue la toile de l'autre, la cisèle d'un tour, sous le roucoulement attendrissant de son voisin dessine le lustre des pointillés...
Le fremissement du vent caresse le doux sillage...
 Mes deux pigeons fiers, enrobent leur cadence d'un luisant trait  semé du ciel...
D'un rou hou hou, se tiennent le bec chuchotent quelque chose comme restes avec moi, ne t'en vas pas...
 Leurs yeux dans le miroir de l'ame scintillent, séloignent à nouveau, se promènent...  
Les marres, le chant de la pluie se poursuit, la grisaille, le nid embroché à la vie...
 La danse n'est pas fini, elle se tisse sous les mailles de la mélodie...
La mélodie de la vie...


IB.

par imanita publié dans : imanita
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Jeudi 9 février 2006
La veille, j'ai parcouru un roman* qui m'a plongé dans un monde sombre fait de violence, de misère racontée avec minutie de la bouche de son auteur, de la première page jusqu'à la drenière je n'ai pu m'empecher de penser que finalement ces gens aussi analphabètes ,aussi ignards soient-ils ont une part de lucidité malgrè leurs abrutissements apparents, leurs vies ou plus précisèment leurs survies dans la rue, la promiscuité , l'hygiène de vie défectueuse, la faim, l'alcool, la drogue, la délinquence, la prostitution , la mort...pendant longtemps j'avais cru que le conscient chez ces personnes étaient comme largué à la vague de l'oubli, de part mes études j'ai dû cotoyer de très pret la souffrance humaine et dans ces moindres détails, mais jamais j'ai eu un témoignage aussi vivant d'un univers si embrouillé et surtout relaté par une personne ayant vécu en plein dedans...

Le livre a été pour moi comme une réponse à une question que je m'étais posée: un jour revenant du lycée, un bonhomme m'a arraché ma chaine , ma première reaction était de le regarder en face, je me suis arretée j'ai commencé à lui parler, je lui disais: ma chaine tu peux très bien la prendre mais est ce que ton rapport avec le bon dieu ne t'impose pas d'eviter ce genre d'action, l'autre me regardait avec stupéfaction et moi je continuais ma phrase et puis la pauvreté ne justifie pas le vol, tu ferais mieux de chercher un petit boulot au lieu de te retrouver le  jour du jugement dernier avec plein de pechés....il tenait son morceau de verre entre ces doigts et m'effrayait avec, moi j'étais là comme plantée entrain de lui raconter des niaiseries se disait -il certainement et puis je sentais qu' au moins il aurait eu ceci comme conseil, peut etre que ça lui servira un jour je balbutiais, meme si je n'avais à l'époque que seize ans, et puis je m'en étais allée, arrivée à la maison, je m'effondrais en larmes, mais au fond de moi j'avais gagné une petite chose je me disais, j'avais passé un message qui me paraissait des plus devables à ce genre de personne, quoique mes amis de l'époque m'ont rétorqué: mais Imane il ne saura jamais le sens... là avec ce livre je sais que le bonhomme avec lequel j'avais parlé il y a une dizaine d'années avait probablement compris...

L'arrière gout amère  que je garde de la lecture de ce récit autobiographique me fait apprendre que de dans la vie il y a toujours pire que ce qu'on vit, enfin je le savais, mais on s'oublie souvent dans sa propre souffrance et on passe souvent à coté de moments qui peuvent etre les meilleurs de toute notre vie...

J'écris ceci sous une musique dorlotante**

Je dédie cette chanson à toute personne en quete du bonheur et specialement à mon ami , celui qui m'a gracieusement prêté ce bouquin, les meilleurs jours sont à venir avec l'aide de dieu!

*   Le pain nu de Mohamed Choukri
** Almounfarija de Abdelhadi Belkhayat


IB.
par imanita publié dans : Clin d'oeil
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Dimanche 5 février 2006
Les ondes musicales se filtraient de l'engin, les deux hauts parleurs dansaient  sous la tonalité apaisante de cette sacrée voix féminine, mes organes sensoriels se nourissaient, mes osselets exprimaient leur joie en tordant leurs onglets, une euphorie se libérait dans le fluide de mon cerveau, et mes cheveux se prolongeaient dans l'espace, je me dissipais de tout mon etre loin des bruits offusques du monde exterieur...

A mes sens, seule la mélodie composée, sous le frisement des feuilles, le blottissement des pieds imanginaires de mon ouie, l'écoulement de l'eau limpide du ruisseau, le chant des oiseaux, l'odeur de la fraicheur de cette terre palpée par le bout de mes neurones dansants, importait...

J'étais loin, la transe du bonheur me prit, mon corps de la légerité avait herité par cette belle journée dominicale, et je me rends compte que le temps, j'en faisais abstraction, pourquoi ce sentiment de non appartenance à ce monde, à cette journée qui pourtant est comme les autres?

 Je me revois, je me confonds souvent avec l'image de cet esprit mal affranchi, aux coins de mes déceptions, je ne suis que celle qui a subi et pourtant, je suis là, et je refuse de sombrer dans cette horreur de mélancolie, je refoule cette tribale envie de tout écraser, je ne suis pas celle qui en écoutant une mauvaise ou tordue phrase, se terrasse, ni celle qui crie vengeance envers une propagation sémantique malformulée,non, je suis celle qui se tait, je suis celle qui découvre l'autre et l'observe... jusqu'où peut aller l'etre humain dans sa stipulation des choses de la vie? et logique absente des discours qui grisonnent autour de mon lobe, et les phrases entrecoupées par des mots n'en faisant pas partie...
 J'ai toujours eu une attraction vers le corps humain, comment régissait-il les centres de ses sens?
Comment l'homme arrivait-t-il à concilier entre ce corps, et ce cerveau? ...
Cette fascination m'a probablement poussé à me baigner dans l'océan de ce corps, à passer de longues journées à contourner la question de la creation de cette splendeur... mais alors j'ai beau essayé relever le défit, comprendre et la molécule et l'electron...je suis toujours restée inerte et encore plus devant ces parcelles qui déterminent cet etre devant moi, qui formule des palabres, qui à l'occlusion de cils je suis sensible, je cerne cette energie en face, je me croise et les bras et les neurones et j'observe la gestualité de la beauté créée par les mains divines ...
 Tout en moi inspire à ce que cette entité en chaire et en os, assise ou debout, emplissant mon champ visuel soit réelle, et son energie, et ses dires, et aucune seconde je ne peux assumer que le souffle de dieu puisse etre usé par une compilation de vents tordus, par des torsions verbales je dirai, comment puis-je me dire que cette creature aussi aimée par dieu puisse trahir cet amour en promulguant des chantiers de brumes faites de mensonges et de malhonneteté?
j'ai vraiment du mal à assimiler...et je crois que pour ma vision des choses, cette attente si positive me renvoit la plupart du temps déçue au retour de mes errances et en complèment à mes bilans relationnels, je reste toujours celle qui n'admet pas que l'on puisse etre tout sauf franc, je ne saisis pas le sens et je reviens à me dire tu as tort, tu oublies une entité à part entière " ... " le corps oui, l'esprit oui, le souffle de dieu l'âme donc, oui mais alors...
ma reflexion je la trouve démesurée, et arrivée à ce point je converge souvent vers le point d'interrogation...

La voix continue à m'énivrer, je suis loin...

Je me réconcilie avec moi meme, je me laisse bercer par la musique encore et  toujours, trop d'idées se bousculent sous mes cheveux noirs qui se nourisssent de ces notes de guitare...

J'écris encore et toujours, je m'écris, je respire, je pense avec mes phalanges, j'écris au son de ma danse synaptique, je dessine ma vie sous le toit de mes mots et je m'affranchis...


IB.
par imanita publié dans : moi
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Dimanche 29 janvier 2006
La vie...
Le sens de la vie...
J'essaye de dénicher le sens à cette vie...
C'est vraiment trop bizarre...
J'ai écrit ce texto dans la nuit, à presque minuit le samedi soir, sous ma couette, et puis je cherchais à l'envoyer et puis je me suis dit sur la longue liste de mes contacts, qui sera à cette heure-ci lucide et prêt à integrer une question aussi banale et aussi complexe? j'ai appuyé sur la touche retour, et je me suis gardée mon message, je me l'envois à moi, moi seule qui me comprends parfaitement, j'ai fondu par la suite dans le flou de ma tete, comme perdue dans cette chambre qui est pourtant mienne, comme perdue dasn cette vie qui fait de moi cet etre si petit ...
A des heures lumières de mes pensées, le roc granuleux figé dans le desert de mon esprit, tendait vers le ciel, ce roc là décrivait l'amoncellement de toutes les journées écoulées depuis ma naissance à ce jour, chaque millimètre est une seconde de ma vie, chaque jour qui se propage dans le flux de cet univers dessine petit à petit la forme rocheuse à sa guise; un jour nuageux gris, dans mon coeur la pierre est scrutée maladroitement, ses contours sont irreguliers, ses angles poitus; un jour ensoleillé, sablonneux, ma pierre est rugueuse, à bords crenelés, creusée de sillons de profondeurs differentes, enlassée de tubérosités saillantes; un autre jour pluvieux, doux, ma pierre est mousse au toucher, bien arrondie, lumineuse... toutes ces pierres s'accumulant, les unes soutenues par les autres, affichaient la silhouette de ma montagne rocailleuse, à multiples reflets, je pourrai lire l'écriture du temps de mes journées sur la surface du grand rocher, habillé de mille couleurs..et moi qui souris et le sourire se forge dans le caillou, et moi qui pleure et ma larme brise le pucelage de ma pierre, et moi qui crie, chose qui m'arrive rarement, ma pierre se lessive sur sa voisine, et moi qui rit et ma pierre s'enlisse radieusement...
Je poursuis ma quête...
Je poursuis la définition du sens de cette vie, je desends du sommet de ma montagne, je frolle le flanc, je saute d'un grand pas vers l'avant, je me retourne, j'exécute quelques pas en arrière, je m'en éloigne pour mieux voir où j'en suis... ma montagne existe depuis vingt sept années lumières embryonnaires, et j'étire mon regard vers cette immensité, que des pierres, des formes particulières, des couleurs et des couleurs, sur une étendue les couleurs sont fades, les pierres sont amorphes, et j'encercle ces pierres là, cette période de ma vie où je dû me soupoudrer, où je me suis anéantie pour ne pas cloitrer mes reves, où mon etre s'est vu chavirer par le vent du temps vers une terre mysterieuse, où se lamentant seule dans mon coin je m'obligeais à ne pas céder aux rouages de l'amertume, je me suis émiettée, je me suis brulée les paumes des mains à vouloir m'accrocher à un torrent de fluides immobiles... je me suis leurrée dans l'arène des misères, je me suis éparpillée dans une dimension inconnue, je n'ai eu que pleurs, écrasements et là j'en garde encore un dégout profond; je promène une énnièmme fois mon regard sur le roc, et je découvre des points verts émanant d'entre les fuseaux pierreux, du vert sur la toile de ma vie, du vert sur le duvet  de mon histoire...
Mon coeur de son étoffe écarlate chante honneur et bravure, jamais Imane jamais, ne prives ton sourire de ce visage, jamais ne confonds lueur d'espoir et survie...
Je prends un bon litre d'air frais entre mes narines, et je lache mon corps dans la nature et je cours sous la douceur du vent...
A la couleur transparente des pierres de ma vie future non encore déssinée, je m'affranchis et j'accompagne mes heures de vie dans l'espace incontourné de mon ciel bleuté,
l'esprit en volée choyeuse.


IB.
par imanita publié dans : imanita
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Samedi 21 janvier 2006
Dieu a créé l’homme puis la femme, le globe terrestre s’est vu agrandi à travers siècles et décennies d’humains de tout genre transmettant la vie aux quatre coins de l’univers, le modèle famille s’est imposé de lui même étant la normalité dans toute société dont les règles sont érigées par des lois dictées par la religion, les coutumes et l’individu lui même; cette vie naissante est le fruit irrémédiable de la conjoncture à l’échelle la plus élémentaire : l’homme et la femme.

Cependant, cette collision aussi fragmentaire soit-elle reste dotée d’une sensibilité et non des moindres, les rôles s’ils sont extérieurement bien répartis,
la coquille « homme-femme » elle, reste des plus secrètes formes de fusion sociale; et notre société marocaine en rajoute encore plus, de part les différents facteurs environnementaux réels ou imaginaires, une particularité à cette union spécifique qui frôle le secret, l’intouchable et l’inconnu inabordable pour la plupart des milieux sociaux .

Vivre une sexualité normale n’intègre que le plan union matrimoniale, mettons à part les relations atypiques, les hors normes, les points sont clairs là dessus.
Une question me vient cependant à l’esprit , est ce qu’au sein du couple marocain, existe-t-il un épanouissement sexuel ? et si la sexualité dans notre religion est assimilée à un plaisir dont le bon dieu nous a paré –nous autres humains- est ce que vraiment sur le champ pratique l’homme et la femme marocains, partenaires légitimes, assouvissent leurs désirs sexuels et aboutissent à vivre pleinement leurs sexualités ?

La sexualité n’a-t-elle pas besoin pour son épanouissement d’un certain degré d’éducation et ce depuis le jeune age de la personne humaine ?

En abordant le sujet dans un groupe que ce soit famille, amis ou collègues, on retrouve souvent avec étonnement une recrudescence de questionnements refoulés dans l’inconscient et non exprimés par le conscient du marocain ; l’ignorance même des fonctionnements de base des organes humains poussent à la réflexion et des fois, ma foi suscitant l’étonnement.

Si les compagnes de lutte contre le sida ou les autres maladies sexuellement transmissibles sont sur la bonne voie, l’information reste et restera toujours le biais par lequel on abrège le cours de ces manifestations ; maintenant loin de toute pathologie, un retour vers la base des données est essentiel, car si utiliser un préservatif devient un geste banal pour éviter une éventuelle contamination, est ce que l’individu Lambda est au courant du pourquoi et du comment de son propre fonctionnement et plus encore de celui de sa partenaire ?

Est ce que procréer est la finalité de son rapport sexuel et est ce qu’il tire vraiment satisfaction de son acte et surtout arrive-t-il à être à l’écoute de sa partenaire durant toutes les étapes de leurs relations charnelles?

Toutes ces interrogations émane d’un vécu social loin d’être simple, en témoigne le nombre de couples confrontés à des problèmes liés à ce manque d’éducation sexuelle:
-  Des hommes incapables d’admettre leur défaillance sexuelle, impuissance, anomalies génitales ou autre, se confinant sous le poids d’une société qui n’accepte que le schéma de l’homme viril, acheminant un déni, le percutant face à une partenaire elle même avide d’un fonctionnement sexuel jusque là ignoré, l’impasse donc, le drame social, le silence, la violence, la frustration… et si éducation sexuelle il y avait, est ce que le déni d’un fait aussi important aurait-il lieu ? certainement pas; revenir encore à l’hypocrisie sociale serait-il abusif ? non, puisque au départ dans la mentalité de la femme, la mère, la soeur l’homme est la force, l’homme est la virilité et comment se convaincre d’une image autre que celle nourrie à tort par des idées archaiques et comment en parler alors que l’expression verbale est cloutée sur ce sujet ?
-  Des femmes incapables d’assumer leur féminités en dehors de leurs maternités au profit de la satisfaction première et ultime de leurs hommes .
-  Des femmes silencieuses, se fiant aux débattements nuptiaux de leurs conjoints sans paroles émises.
-   Des corps de femme réduits à de la chair humaine sans vie, où le   «hchouma »  est palpable à tout bout de champs.
-   Des hommes et des femmes ne gérant pas ces corps dénudés et n’osant  avouer l’un à l’autre leurs plus petits fantasmes.

Bien des frustrations sont nées à partir de ces réalités:  le blocage émotionnel, le refoulement de l’expression naturelle du corps humain agacent l’inconscient individuel et profitent clairement au non épanouissement des sens et de là influencent largement l’équilibre du psychisme de l’individu.
Pourquoi, sur les bancs de nos écoles, ne pourrions nous pas assurer un cursus éducatif se pliant à toutes les questions relatives à la sexualité ?
Pourquoi des réprimandes face à une jeunesse qui ne demande que de l’information aussi timide et réservée soit cette demande ?
Pourquoi au lieu d’expliquer la vérité des choses, nous détournons nous vers des palabres et des dictons incompris et nous forgeons dans l’esprit des tous petits des idées qui feront d’eux des adultes opprimés ?
Pourquoi préférons nous nous taire au lieu de discuter des choses faisant partie intégrante de nos vies ?


IB.

Pour le Courrier de Casablanca
° Dossier "Les Sentiers de la Sexualité"  °


www.Courriercasablanca.com



par imanita publié dans : Reflexions à part.
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Lundi 9 janvier 2006
j'éteignais la lumière, je m'enfonçais le tete sous mes couvertures, j'allais dormir je me disais, je commandais à mon releveur superieur de clore mes yeux, je ramais dans mon sommeil sur le lac embrouillé de mes pensées, je glissais sur la barque menée par mon cerveau au delà du puit farfelu de mes déraisonnements, de mes bras, dans un mouvement cyclique je guidais ma raison, je flanais dans les parages, je m'inclinais face au vent, je ramais en oubliant les limites de mes forces, je tirais l'eau vers moi, toute l'eau venait à moi m'éclaboussait le visage, je continuais ma course contre le temps, et qu'était il ce temps sauf insignifiant, lourd, exaspérant ma survie...
 je ramais sans me planter sur aucune baie de reflexion, et pourquoi reflechir? je n'avais qu'à ramer, seule au fond de ma barque, je prenais plaisir à m'outrepasser et à me surpasser quelle en serait la difference? je m'en moque des mots, je me moque de tout, je me moque de moi, du temps, de ma raison, de mon coeur, de mon corps, de tout mon etre, je ne suis que quelqu'un qui rame, qui rame, et qui rame encore ne finissant pas de ramer à l'infini dans sa tete...
 arrivée à nulle part, ou plutot arrivée à la porte de l'oubli, cet oubli qui me tue, qui m'arrache de mon sommeil, mon lac est loin, je suis loin, je suis peinée par cette vie que je ne saisis guèrre, je suis affaiblie par cette vie, qui ne me dicte pas ses logiques, si logique il y a, je divague, le champs de blé de mes pensées renait, je résiste, pourquoi encore un champs de blé? je suis confuse, je suis lasse, je suis presque rien dans cet état second, je ne me reconnais plus, je ferme les yeux, un vertige surprenant m'emporte, les murs de ma chambre que je ne discerne point se déplacent brutalement, mes yeux s'enroulent sur eux meme, je les équarquille de peur de sombrer dans l'oubli, l'oubli de mon etre, une peur m'engloutit, le vertige jusque là m'était inconnu, il me prit, il me fit pivoter l'esprit d'un angle très ample, mon estomac se tordait... que faire, que devais-je faire, me livrer? oui me livrer, je n'ai plus la force, je suis lasse, je suis un corps blotti dans l'espace de sa peur, l'angoisse encore, mon dieu, pourquoi doit-elle surgir à chaque fois en moi, me retirer de mes reves et m'enrober encore et encore, je ne peux rien faire, je suis entre les mains de dieu, et en dieu je garde foi, je ne suis qu'un corps laché à la vie, le lac me fait peur, les bords de ma barque grandissent, m'etouffent, je suis réduite à quoi? je suis  imane, j'en ai le souvenir et le seul d'ailleurs; la rationnalité je m'en moque, toutes les théories du monde atterissent le long du chemin de mes pensées, aucune valeur n'est sure, tout est délire, tout est mensonge, toute est diffamation, je suis rude par moment, je suis souple par un autre, les mots se répétent, les mots reprennent, les mots se déchainent, à quoi servent tous ces mots?...

je n'en sais rien, le lac m'engloutit, j'etouffe, je ne me plains plus je m'abondonne à ma dérision, j'essaye de me mettre en position yoga encore une fois, je n'ai plus la force, je suis néant ...
un éclair de vivacité tente de me dissuader de mon existence, je ne comprends rien, je ne comprends plus, et d'ailleurs est ce qu'un jour j'ai compris quelque chose aussi simple soit elle, mon dieu si j'avais été...quoi que veux tu etre? tu es imane tu es ce que tu es, tu vaux ce que tu vaux, tu héberges les trapézistes neuronaux les plus éhontés, les plus déséquilibrés sur terre que veux-tu réaliser des prouesses aériennes plus déstabilsantes que celles que tu as vécues?
je me file dans l'espace, ma petite soeur formule des gestes dans les airs, je suis ces mouvements, mon corps n'est qu'un automate tiré par des fils imanginaires, je me déambule, mes mains enchainent une danse, mes jambes s'entremelent, ma figurine me renvoit à ces poupées russes que j'aimais tant étant petite, le rouge de leurs coloris m'englobe, je suis les fluides de mon corps, je transporte mon énérgie dans les airs, je fais des tours sur moi meme, je m'abrutis l'esprit, je respire, je m'envole, j'atteris, par terre sur le champs de blé, je m'envoute dans mon lac, je garde les yeux grands ouverts, mon cerveau a tiré l'alarme cette nuit, j'ai compris mais l'alarme contre quoi finalement ?
sous l'appel à la prière, je me livrais à mon sommeil dans l'inconscience, je ne pensais à rien, je me léverai ce matin je ferai mes ablutions et je prierai le tout puissant...
le lac, le champs de blè, les poupées russes, ma danse dans l'espace clos de mes pensées, ma respiration, ma peur, mon vertige, mes yeux qui roulent, mon coeur qui ne m'appartient plus,mon pyjama, le matin, le soleil, le quelque vert qui persiste, la vie...

IB.
par imanita publié dans : moi
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Mercredi 4 janvier 2006
 De mon stylo à quatre couleurs je traçais une ligne, des lignes que je liais par des courbes. Je remplissais la forme géométrique qui naissait par d'autres sillons. Sur ma feuille blanche, se dessinait les coulisses de mes pensées, l'arrière fond de ma raison.

  Je m'étalais aussi fougueusement que peut s'étaler un corps sur la première vague de l'océan se confiant à elle ou plutot s'abondonnant à ses mouvements, elle pouvait l'attirer vers elle aussi férocément qu'elle le voudrait, le balancer au fond, le livrer à d'autres vagues. Le corps s'abandonnait dans le temps et dans l'espace, amorphe, dénué de tout ébranlement,volontairement mené par les courants d'eau.

  Conscient de sa dérision, las de ses luttes permanentes, mon corps flottant sur le creux de l'océan. Les bras en chandelles, sur le lit de lumière créee par le soleil à peine levé. L'encre jetée.Les amarres larguées sous le vent blotti entre les bras des coraux.
 
  Je me laissais bercer par les forces océaniques. Au large je me projettais. Je me livrais à mes peines. Mes mouettes au-dessus de ma tete. Les sons étaient absents. La mer était plus bleue.
 
  Après ces quelques heures à joncher ma carapace sur la surface de l'eau, la peur ne se faisait plus ressentir.

  La mer m'acceuillait comme une mère pouvait dorlotter son bébé. Je posais ma tete sur sa cuisse de sable, elle me calinait de ses doigts imbibés d'écume, me carraissait les cheveux et m'apaisait en composant l'hymne de mon coeur.
 
  La berceuse était des plus douces, je flottais, je fermais les yeux, j'étais la fille d'un autre monde. L'acalmie revenait. Je restais des heures. Ma vie renaissait en moi. Je ne savais plus qui j'étais. Je ne veux plus savoir qui je suis.
 
  Sa berceuse me suffit, le regard de ses yeux attendris par la brise me suffit. Le souffle de sa voix basse me suffit. Je renais et plus rien ne m'importe. Mon corps peut s'envoler. Mon esprit peut s'accorder aux notes aussi farfelues d'une musique lointaine.
 
  Mon coeur peut battre en moi à mille pieds du rivage, plus rien ne m'importe, je revis, je renais, ma mer me caline de sa danse matinale, je me fie à ses pas, je me fie à la main qu'elle me tend...

 Apaisée, j'ouvre les yeux, mon demi corps exposé à l'air grelotte de froid, je me retourne,l'eau imprégne tout mon etre, je plonge la tete, je remonte, je nage vers le sable. Petite tortue me vient à l'esprit, elle s'était promenée un soir, s'était fourrée dans l'océan, et là grandit elle en ressort plus mure et à son tour dessinait "renaitre",et se livrait à la vie...

  Je rejoignais le sable. La dernière vague se claquait sur mes jambes. Je découvrais mon corps, ce nouveau corps plein de vie. Je me détournais. Je regardais la mer qui m'avait apprivoisée. Je m'acrroupillais et de mes deux mains j'emplissais la concavité d'eau, j'éteignais la lumière de ma dernière peur sur mon visage grace à cette eau.

  J'étendais les bras serrant très fort cette mer qui m'offrait tout ce bien etre. Je ramenais mes bras vers moi, vers mon coeur.
 
  Là en moi, dans ce petit coeur, je porterai toute ta tendresse en moi, et à chaque fois que je serai mal, je porterai mes mains vers ce coeur et je me souviendrai que vers toi je pouvais à jamais revenir...et que tu sauras toujours m'attendrir...

IB.
par imanita publié dans : moi
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Mardi 27 décembre 2005
je m'eclipse, je m'en vais pour un moment retrouver mes peines, marquer une pause, je suis fragilisée par mes débattements neuronaux, mes amis comprendront, mon ami spécial comprend...
il me faut du vide pour me reprendre...
A vous tous bonne année, tout le bonheur du monde...
Je vous adore...

IB.
par imanita publié dans : imanita
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Mardi 27 décembre 2005
je cours le long du sentier verdoyant de ma vie, je contourne les arbres, j'évite les gros cailloux, j'ecrase en passant les feuilles sous mes pieds, je continue de courir, je ne vois pas de lumière, je m'essouffle, je repire, je manège mon rythme tant que je peux, des brindilles par ci, des tiges brisées par les vents par là, je cours, je cours, dans ma course je ne fredonne rien, je ne pense à rien, je fais le vide, je tremble de vide, je m'envole par moments en sautant par dessus les bûches, je mène la danse de mes pieds alourdis par le ramage de mes mains autour de l'air qui m'englobe, je trébuche en pensant à ce que demain je serai, je me gronde, je m'envenime, je bloque tous les flux nerveux qui frollent l'errance, je m'applique à vivre, je m'aspire dans mon univers, et je cours, je lance mon corps dans l'espace dans des mouvements anarchiques, je ferme les yeux, je me balance  du haut de la falaise de ma raison, rien ne me retient, je me libère, je suis plus légère, mon noeud dans le ventre, je respire profondèment, j'accumule mon énergie, et d'une enjambée je reprends ma course sur mon chemin sinueux, la clairière n'est pas loin, je  cours, je vais courir jusqu'à y figurer...

IB.
par imanita publié dans : moi
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Lundi 26 décembre 2005
 Elle etait là, assise sur la muraille, à cheval, pied sur le carrelage grisatre du sol du jardin et l'autre sur la terre à peine arrosée du potager de grand-père. Chaque jour à sept heures et demie du matin il mettait en marche toute la tuyauterie pour l'arrosage du jardin...

 Elle etait là, elle regardait...
 Des racines de menthe fraiche, entre lesquelles les cours d'eau frisaient leurs chemins. Des branches de verveine tronaient sur l'angle de sa vue. Des petits champs de persil, de coriandre s'avoisinaient.
 Un peu plus loin, un arbrisseau d'où pendaient trois ou quatres petites tomates calées par des tiges de canne.
 Un bananier, un grenadier, un framboisier encerclaient le puit et le bassin qui receptionnait l'eau à peine filtrée.
 Yamanda, comme grand-père la nommait, etait là, de ses petits pieds, devait deviner les trois marches qui se blotissaient entre les vegetations murales et les arbustes naissants.
 Elle se mirait dans l'eau du bassin etroit et se rapellait les après-midis avec ses cousins-frères qui s'y plongeaient et de leurs cris qui égayaient l'immense jardin...grand père c'est à peine s'il se reposait sur sa chaise que Yamanda accourait, se jettait dans ces bras, il la chatouillait, elle se pliait de rires,s'échappait, courait un seul petit tour et revenait reprendre ces rires....

Yamanda..la belle époque je dirai...

 Les semaines "blé" où le monde s'activait autour des bassines en bois. Le lavage. Le séchage sur les draps multiclores dressés sur tout le sol du jardin. Se suivaient ensuite les scéances triage des graines où toutes les femmes participaient ... Yamanda était là.

 Les semaines "fleurs d'oranger" où les pétales étaient cueillies à même le sol des deux grands arbres d'oranger. Le rassemblage des fleurs blanches. L'étalement sur les linges blancs, sur les tapis des salons. Le parfum enjouait les airs. La senteur énivrait les sens...
 La journée distillation. Les gouttes de l'eau magique coulaient une à une. La vapeur dans la maisonnette du jardin. Les recipients en file pour les tantes et les oncles....Yamanda s'en rappelle.

 Les semaines "biscuits". La farine. Le sucre. Le chocolat. Les fruits confis. La pate d'amande. Les mains qui nouaient, pliaient, ajustaient, décoraient, se brulaient, portaient les plateaux. Les visages rougis par les chaleur des fours tous activés dans la grande cuisine et les mains qui gouttaient surtout...Yamanda dégustait.

 Les semaines "escargots" où ils mijotaeint dans un délicieux breuvage après avoir brouter deux bonnes nuits dans de la carotte râpée...Yamanda effleurait les cornes.

 Les journées "khli3". Les journées "ghassoul". Les après midi bain-maurre. Les après midi "henné" de grand mère. Les vendredis "couscous". Les samedis dégringolades. Les dimanches foret...

Yamanda la belle époque...
 
 Des années ont passé. Grand mère est partie. Les fleurs d'oranger sont parties avec. Le hénné est parti avec.

 Yamanda garde l'odeur de la fleur d'oranger en elle, l'odeur du henné sur les mains de grand mère, l'odeur du jasmin émanant des fleurs blanches et jaunes le soir, l'atmosphère parfumée, le son de la goutte distillée au fond du couvert bronze.
 L'eau d'arrosage du jardin de grand père est encore sur son visage, le gout des bonbons enfouis sous les trois pièces du caftan de grand mère, sa petite sacoche pleine de caramels, de chocolats, de petits noix, Yamanda en dénichait à l'aide de ses cousins au fond du placard, Yamanda avoue que c'etait juste une fois...

 Yamanda reprends ces rires, s'étouffe de rire. Dans sa main une pétale de jasmin, dans l'autre une fleur d'oranger, elle sautille sur la muraille du jardin. Grand père arrose toujours ses plantes. Les couleurs des fleurs dansent. L'odeur du parfum à mille fragrances chante dans son esprit...

 Yamanda a grandit, l'adulte qu'elle découvre en elle ne quitte pas l'enfant qu'elle a toujours été...

 Grand-père se penche toujours vers ses plantes. Yamanda se penche vers grand-père, dépose tendrement un baiser sur sa main. Grand-père lève vers elle son regard plein de douceur et lui souffle:  Yamanda comment vas tu ma fillette? yamanda a les yeux emplis d'eau encore une fois, d'arrosage? elle ne sait pas ? d'émotion oui ça doit etre ça...
Yamanda répond en chantonnant:" je vais bien grand-père, je vais bien babahaj".

IB.


par imanita publié dans : imanita
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